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A Kinshasa, Martin Fayulu étale sa base!

« Martin Fayulu est un candidat qui n’a pas de base ! » La base, ensemble des militants qui soutiennent inconditionnellement un parti politique selon sa définition congolaise, a connue une période faste en République démocratique du Congo depuis le fiasco de l’opposition à Genève. Félix Tshisekedi, leader du principal parti d’opposition et Vital Kamerhe, qui est arrivé troisième à la présidentielle de 2011, ont contesté la désignation de Martin Fayulu — député élu de Kinshasa et leader du minuscule parti de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) — comme candidat commun de l’opposition à la présidentielle du 23 décembre, arguant que ce dernier aurait du mal à mobiliser derrière sa candidature.

Dans un premier temps, les leaders de l’UDPS et de l’UNC ont semblé avoir raison. Tant, dans ce pays où le vote est considérablement tribal, la désignation de ce député peu connu à travers le pays, quoi qu’étant farouche opposant de Kabila, créait un handicap sérieux pour l’opposition, à moins de 40 jours du scrutin.

 Kinshasa e « LAMUKI » !

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Ce mercredi pourtant, Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Freddy Matungulu et, dans la moindre mesure, Adolphe Muzito ont déjoué les pronostics dans la capitale congolaise. Dès le matin, des drapeaux, calicots et pancartes ont fait irruption sur le célèbre boulevard Lumumba qui relie le centre-ville à aéroport international de N’djili. La mobilisation, qui a commencé timidement, laissant place à des attaques des autres partis, y compris dans l’opposition, a fini par explosé en début d’après-midi.

« Fayulu ne vendra jamais le Congo, nous allons le voter de force« , scandent des militants dès la sortie du cortège du député congolais de l’aéroport situé dans l’ouest de Kinshasa. Chemise blanche, à l’effigie de la nouvelle coalition LAMUKA, Martin Fayulu est sur le toit-ouvrant de son 4X4, saluant des milliers des militants venus l’accueillir. Il est visiblement ému.  « Nous sommes la base du Soldat du Peuple, nous allons gagner ces élections« , lui chante ses partisans, ou du moins ceux de Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi qui ont largement répondu présent.

A Kinshasa, une ville acquise à l’opposition, et surtout très énervée contre Kabila, beaucoup ici ont facilement adoubé Fayulu au détriment de leurs leaders qui ont été majoritairement écartés de la course.  « Nous sommes avec lui et nous allons chasser Kabila le 23 décembre« , dit un homme en courant.  Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi en prennent aussi pour leurs comptes. « Ces sont des traîtres payés par Kabila pour déstabiliser l’opposition« , croit savoir un autre militant ici vers le pont Matete.

« La vraie base »

« La vraie base« , comme le scande plusieurs ici, a été encore plus euphorique à Limete, une commune réputée acquise à l’UDPS de Félix Tshisekedi. Des jeunes gens, des femmes et même des enfants se sont amassés le long du Boulevard pour voir « le Président Fayulu ». Le temps d’une journée, le visage s’ouvrent, le sourire envahit une capitale pourtant stressée. « Je n’ai jamais vu tant d’espoir sur les visages d’un peuple. C’est vraiment incroyable. Ces gens aspirent vraiment au changement« , lance un homme au volant de sa voiture, coincé dans les embouteillages montres.

A la place Triomphal, Martin Fayulu savoure son triomphe. Il a déjà sa base. Il avait en fait une base. Il en profite pour haranguer, loin des divisons observées ces dernières semaines au sein de l’opposition. Il est à présent question de se dresser contre Kabila. Même si, après l’euphorie, les vrais sujets vont revenir. Va t-il finalement continuer à réclamer un retrait hypothétique des machines ? Quelle serait la situation en cas d’un accord entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, qui seraient sur la bonne voie ?

Demain s’occupera de lui-même dit-on. En attendant, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), la Coalition Ensemble et la ribambelle des partis qui ont réussi leur coup aujourd’hui savourent. La campagne débute bien.

De l’aéroport à la place Triomphale,
Litsani Choukran.

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