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Tommy Tambwe, nouveau coordonateur du P-DDRCS, reçu en audience par Félix Tshisekedi

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Nommé par ordonnance présidentielle, le 6 août 2021, en qualité du Coordonnateur du Programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion Communautaire et Stabilisation (PDDRCS), Tommy Tambwe Runiga a été reçu en audience, ce jeudi 12 août, à la Cité de l’Union africaine par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

« Accompagné de deux de ses proches collaborateurs, Tommy Tambwe s’est dit honoré d’avoir été reçu par le Chef de l’État, qui est en même temps le Président du comité de pilotage dudit Programme. Il l’a remercié au nom de son équipe pour la confiance placée en eux dans la gestion de ce vaste chantier », apprend-on d’une dépêche de la presse présidentielle.

« Au cours de cette entrevue qui tenait lieu d’une simple prise de contact, le coordonnateur du PDDRCS a plaidé pour un déploiement rapide des différentes structures et moyens pour l’atteinte des résultats probants et tangibles pour la population », ajoute la presse présidentielle.

Ce programme national va bientôt débuter ses premières opérations dans les deux provinces sous Etat de siège. Ensuite, la direction du Programme verra quelles sont les priorités.Les communautés et les partenaires seront associés à l’élaboration d’un Plan d’action qui sera soumis au comité de pilotage.

Tommy « l’indésirable » ?

Le passé « sombre » de Tommy Tambwe Ushindi fait tâche d’huile sur sa réputation dans l’opinion tant nationale qu’internationale. A travers une déclaration faite le mercredi 11 août, les organisations de la société civile et les mouvements citoyens du Sud-Kivu se réjouissent que cette structure soit dotée des animateurs afin de rendre opérationnel le processus de désarmement et demobilisation dans la partie Est pendant cette période de l’état de siège.

Cependant, les organisations de la société civile et les mouvements citoyens du Sud-Kivu ont soulevé des inquiétudes face aux choix et à la sélection de son coordonnateur national, Emmanuel Tommy Tambwe Ushindi.

Selon cette déclaration exploité par POLITICOCD, leurs inquiétudes se fondent sur le passé du nouveau coordonnateur du P-DDRC-S.

« Comment un ex-chef rebelle, qui pendant les 30 dernières années a participé à tous les conflits armés (RCD, M-23, ALEC) qui ont déstabilisé la partie Est de la RDC peut-il se retrouver à la tête d’une structure qui se veut contribuer à la pacification de la même région? Quel crédit moral ce dernier aurait-il devant les différents groupes armés dans cette région ? », s’interrogent les forces vives du Sud-Kivu.

Les forces vives craignent que cette nomination soit une façon de créer un précédent, encourageant les belligérants à continuer dans leur quête de positionnement et de pouvoir par les armes.

La déception de Mukwege

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La nomination de Tommy Tambwe n’a pas laissé indifférent Docteur Denis Mukwege. Ce prix Nobel de la paix 2018 se dit « déçu » de voir des « criminels gratifiés au lieu de les traduire en justice ».

C’est dans ce contexte que le prix Nobel de la paix a exprimé sa « circonspection » face à cette nomination par ordonnance présidentielle.

À l’en croire, depuis Sun City en passant par Lusaka et Kampala, « les accords de paix ont systématiquement bradé la justice sur l’autel d’une paix dont les dividendes ne sont jamais parvenus à l’Est du pays ».

D’après lui, ces différents accords politiques visant à mettre fin à la violence ont planté les graines de l’instabilité et de la culture de l’impunité en intégrant des éléments des groupes armés rebelles, congolais et étrangers, au sein des forces de sécurité et de défense de la République.

Pour Denis Mukwege, ce processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion sous-financés et bâclés ainsi que les politiques de « mixage et de brassage », souvent accompagnées de promotions, ont intégré l’indiscipline au sein des institutions, et ce jusqu’au plus haut niveau de l’État.

Stéphie MUKINZI

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