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Sama Lukonde, la bonne pioche de Félix Tshisekedi

Avec malice et habileté, Félix Tshisekedi a désigné un jeune technocrate à la Primature, déjouant les pronostics. Un choix largement plébiscité en République démocratique du Congo.

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C’était en 2012, la dernière fois qu’une désignation au poste de Premier ministre en République démocratique du Congo avait tant suscité d’espoir que les adhésions. A l’époque, Augustin Matata Ponyo venait d’être nommé par Joseph Kabila, à l’issue d’intenses consultations. Félix Tshisekedi, qui vient de rompre sa coalition avec l’ancien président, est-il sur ses pas ? Du moins, dans la recherche de la rupture. Si Joseph Kabila voulait briser la malédiction des politiciens à la tête des gouvernements en nommant un Premier ministre « technocrate », le nouveau président se place un peu plus haut, dans la «rupture », et le renouvèlement même. Sama Lukonde, qui était déjà au cœur des principales nominations du Chef de l’Etat à la tête de la Gécamines en 2019, est pointé.

La première réaction fut celle de Moïse Katumbi, l’opposant, officiellement allié au président Tshisekedi, a dévancé tout le monde en saluant cette nomination , des réactions pleuvent. Les plus positives possibles. D’abord celle de Modeste Bahati, l’informateur. Même, celle qui vient du bout des lèvres. « Toutes mes félicitations au Premier Ministre Sama Lukonde ! Je lui souhaite plein succès dans ses lourdes charges parmi lesquelles paix et sécurité pour tous les Congolais demeurent le défi majeur de l’action gouvernementale. Que Dieu le guide dans ses responsabilités d’Etat ! » a dit l’ancien gouverneur. Il est rapidement suivi de Modeste Bahati, l’informateur désigné au début de l’année pour identifier une nouvelle majorité favorable au président Tshisekedi. “Je ne peux qu’être content. Le choix du Chef de l’État est indiscutable mais en plus, il a fait un bon choix. Il n’est pas allé chercher un chômeur. Il vient de la grande entreprise, la Gécamines et vous savez la rigueur dans la gestion des entreprises, c’est la gestion type privé que nous souhaitons et nous avons espoir ce sera la même gestion du gouvernement c’est-à-dire la rigueur dans la gestion, le travail basé sur les résultats”, a déclaré Modeste Bahati Lukwebo.

Mais cette promptitude, téléphonée, cache à peine la déception de deux principaux partenaires du président Tshisekedi dans sa nouvelle coalition de l’Union Sacrée. D’un côté, Moïse Katumbi, qui aurait été intéressé par le poste. Alors que Modeste Bahati militait pour la même cause. En effet, quelques jours avant l’annonce officielle, le président Tshisekedi a finalement proposé le poste à l’ancien gouverneur du Katanga, par l’entremise des émissaires envoyés à Lubumbashi. Mais le président de la coalition Ensemble pour la République a eu des divergences avec le Chef de l’Etat. « Moïse Katumbi a d’abord exigé que l’offre lui soit faite officiellement, avant d’émettre le souhait de faire nommer un de ses proches », explique un proche Conseiller du président Tshisekedi.

Des alliés pris au dépourvu

Une proposition que le Chef de l’Etat finira par rejeter. Car les deux sont bel et bien en coalition, Moïse Katumbi constitue un adversaire farouche pour les élections de 2023 qui arrivent. « Moïse Katumbi est malsain. En proposant de faire nommer un de ses proches, il cherchait surtout à éviter qu’il soit mêlé à la gestion du pays, non seulement pour ne pas être jugé, en cas d’un mauvais bilan, mais aussi qu’il soit surpris par une affaire (de corruption) qui pourrait le disqualifier pour la Présidentielle », explique notre source, qui a requis l’anonymat.

Du côté de Moïse Katumbi, on rejette farouchement cette idée. « Ils racontent n’importe quoi », réplique un proche conseiller de l’ancien gouverneur. « Le Président Katumbi ne court pas derrière les postes. Sa réaction a été sincère. Il a refusé la Primature parce que le moment ne s’y prête pas. Nous voulons que le Chef de l’Etat soit libre de mener sa politique et que nous puissions le juger par les résultats à la fin », explique-t-il.

Ce flou artistique est également entretenu du côté de Modeste Bahati. Selon nos informations, l’ancien ministre de l’Économie a bataillé jusqu’au-bout pour être nommé Premier ministre. Et d’ailleurs, il n’a pas manqué de le mentionner dans son message de félicitation à l’endroit de Sama Lukonde. “Nous allons l’aider à réussir sa mission. Je ne suis pas du tout déçu. C’est le Chef de l’État qui décide, bien que beaucoup souhaitaient que je sois là”, a dit Modeste Bahati.

Jean-Pierre Bemba, un temps pressenti à la Primature, alors qu’il venait de rejoindre, comme Moïse Katumbi, la coalition de l’Union Sacrée, n’a dit mot depuis la désignation du Premier ministre.

Un premier ministre de la dernière chance

Le fait est que par ce choix, Félix Tshisekedi passe en force, mais place également ses adversaires en mauvaise posture. D’autant plus que Sama Lukonde est d’abord un profil qui divise peu. Ancien ministre des Sports sous Joseph Kabila avant de démissionner du poste en 2015, il est le fils de Faustine Mwansa, une figure emblématique de la politique Katangaise assassinée en 2001.

Ingénieur de formation, il a commencé sa carrière professionnelle en Afrique du Sud, au sein de la société MultiChoice Africa, avant de rentrer en RDC en 2001 où il a œuvré dans le secteur minier jusqu’en 2004. Il a été par la suite, entre autres, gestionnaire de l’usine de cuivre Small Minerals Services puis consultant dans plusieurs sociétés minières privées dont Métal Mines, Huashin et Rubamin.

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Politiquement surtout, étant membre du parti politique « Avenir du Congo », dont le président Dany Banza est aujourd’hui l’un des ambassadeurs itinérants de Félix Tshisekedi, Sama Lukonde Kyenge avait démissionné en septembre 2015 de ses fonctions de ministre des Sports pour obéir à la consigne de son parti, exclu de la majorité présidentielle pour avoir protesté contre un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila. Il a alors milité au sein de l’opposition sous le leadership de Moïse Katumbi dans la coalition G7, qui regroupe les sept partis frondeurs de l’ancienne majorité présidentielle, avant de devenir un proche du président Tshisekedi. De ce fait, c’est un personnage qui contente y compris dans les rangs de Moïse Katumbi, mais également de Joseph Kabila, dont la coalition du FCC, en difficulté, n’a pas réagi de manière hostile. Il est certes vrai que Joseph Kabila, avait nommé Sama Lukonde, alors âgé seulement de 37 ans, ministre des Sports.

Sur le plan externe, la formation du gouvernement est attendue. Le signal de rupture envoyé avec la nomination de ce technocrate à la Primature est bien accueillie. D’autant plus que Sama Lukonde était, jusqu’alors, Directeur général du géant minier national, au cœur même des nouvelles réformes entreprises par Félix Tshisekedi dans la direction de la Gécamines. Les négociations sont en cours autour de la formation du gouvernement, mais ayant prouvé sa capacité à manouvrer, en s’octroyant tous les pouvoirs, Félix Tshisekedi pourrait réussir son pari du changement en imposant une équipe gouvernementale qui gagnerait en confiance, capable d’attirer des investisseurs extérieurs, dont il a grandement besoin.

A mi-mandat, le Chef de l’Etat et son premier ministre jouent déjà leur va-tout.

2 Commentaires

  1. Tu as raison mon frère puisque parfois je n’arrive plus à comprendre notre presse! Il y a des moments où Kabila est presenté comme le diable en pesonne, la personne par qui tous les maux du Congo sont arrivés mais la même presse parfois, le presente comme le modèle à suivre pour ses décisions et positions prises durant ses législatures!
    Donc bref, le problème c’est l’homme congolais.

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