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Détention de Kamerhe : séisme à l’UNC

Le navire UNC tangue, parce que fissuré après la détention provisoire de son leader à la prison de Makala. Certains de ses élus et membres du gouvernement ont déjà des bouées de sauvetage pour aller à l'autre bord. D'autres, par contre, décident de s'acoquiner à leur capitaine qui se dit encore insubmersible.

La détention provisoire du président national de l’Union pour la Nation congolaise (UNC) ne cesse d’alimenter le débat au pays de Lumumba, réputé champion en matière de corruption et d’impunité. Cette actualité s’internationalise et occupe une bonne place aux émissions dans les médias sur l’échiquier international. En dehors de simples spéculations et analyses de la rue, cet événement inédit est prélude à une série d’autres scènes imprévisibles. Une arrestation, certes provisoire, mais un déclic d’une situation alambiquée.

D’abord, à l’UNC, il y a déjà deux sons. D’une part, ceux qui prônent la loyauté à leur leader, nonobstant les preuves qui seront présentées et la suite du dossier. Les tenants de cette thèse estiment que Vital Kamerhe est une figure de proue et, en tant que tel, il ne mérite pas cette humiliation. « Un directeur du cabinet du Chef de l’État en prison, c’est le président lui-même qui est à la barre », affirme Gabin Mwengo, cadre de ce parti. Pour ces membres, la fuite de leur président national n’était pas à craindre, l’instruction devait suivre les notions rudimentaires de droit.

D’autres membres du parti politique de Vital Kamerhe se disent désagréablement surpris par les nombreuses accusations portées contre leur chef. Le montant d’argent supposé détourné, qui circule dans certaines officines diplomatiques et dans certains médias nationaux et étrangers, fait jaser. Ils sont également estomaqués par le nombre vertigineux de dossiers qui attendent le « faiseur des rois », tous, rimant avec le détournement.

La déclaration de Georges Kapiamba, président de l’ACAJ et juriste de son état, vendredi 10 avril 2020, est on ne peut plus révélatrice :  » Il existe des indices sérieux sur la culpabilité de Vital Kamerhe dans les dossiers de 100 jours », a-t-il affirmé sur une radio de la place. Il y a aussi cette phrase assassine de la Radio France internationale (RFI):  » Le nom de Kamerhe est cité dans tous les contrats et bons de paiement « .

Pour cette deuxième frange de membres de l’UNC, ils pouvaient s’attendre à tout, sauf à cette « ignominie » irréparable. Après analyse de ces deux tendances qui se dessinent désormais à l’UNC, les observateurs avertis voient une imminente défection au sein de ce parti avant même la fin de l’instruction du dossier. Ceux qui se disent frustrés et déçus par les rebondissements et l’incarcération de leur modèle, affirment qu’il y a des erreurs irréparables qu’un chef ne peut pas commettre.


Parmi les indignés, il y a des députés nationaux et ministres membres du gouvernement national. « Nous nous concertons pour dégager une option plausible afin de sauver le navire submergé« , annonce un ministre du CACH et membre de l’UNC, qui a requis l’anonymat.

Le vin est tiré

« Peu importe la suite de l’instruction, les relations entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe sont rouillées et la dislocation interviendrait un de ces quatre matins », prédit un pasteur du message du temps de la fin.Si dans l’entourage de Félix, on affirme avoir fermé les yeux sur plusieurs bévues, les proches du leader de l’UNC, eux, parlent d’une trahison en perspectives des échéances électorales de 2023.

Ce qui revient à dire que le CACH va appartenir au passé et l’Accord de Nairobi tomber caduc. Surtout que les deux leaders ne se sont pas rencontrés les trois dernières semaines, silence engendré par de nombreux soupçons qui frisent la rupture totale entre les deux alliés.

Si jamais rupture du CACH il y a, les deux tendances à l’UNC éclateront au grand jour. Certains resteront fidèles à leur chef, peu importe le sort qui lui sera réservé par la justice. D’autres, par contre, quitteront le navire en acceptant de continuer de travailler avec le Chef de l’État.

Mais, il reste à savoir sous quel label. L’exemple de l’ancien ministre du Budget Pierre Kangudia qui avait refusé de démissionner conformément au mot d’ordre de l’UNC risque d’être revécu. Certainement que la pullule sera amère à avaler pour les alliés du CACH, vraisemblablement, l’UNC appellera indubitablement ses lieutenants à quitter la Présidence et la Primature. Un mot d’ordre qui ne sera pas bien digéré par tous, étant donné que les frustrés pensent qu’un tel dossier est compromettant, même pour des années à venir. D’où, carpe diem.

Si ce scénario se produit, il ne sera pas le premier en RDC. L’UDPS en a été dégrénée et dégraissée. Reste à savoir si Tshisekedi acceptera de travailler avec les dissidents, lui qui avait refusé de pêcher au Front commun pour le Congo (FCC) avant la sortie du gouvernement Ilunkamba. Oui, il avait refusé de débaucher pour constituer une majorité parlementaire. Peut-être que, cette fois-ci, il va changer son fusil d’épaule.

Édouard Bajika

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6 Commentaires

  1. C’est honteux et bien dommage.
    Je me souviens d’une refléxion de Mobutu (ç’a rien de modèle): « at a bayibaka … « . Pourquoi nous montrons-nous aussi mesquins? Le Congo souffrira alors mais, éternellement. Ces soit-disant politiciens n’ont dans leur cerveau que la culture du vol? Et au nom des alliances il y en a qui continuent à leur être subordonnés et à leur montrer leur « loyauté ».
    C’EST TRÈS DÉPLORABLE POUR LE PAYS ET C’EST MALHEUREUX QUE LA GUILLOTINE N’EXISTE PLUS. LEUR PLACE EST AU CIMETIERE.

  2. Les gens ce sont trop joué de ce pays. Nous encourageons nos juges cette fois si a suivre tous les pas des voleurs et les traquer le plus tôt possible. Que personne ne s’échappe.
    C’est vraiment ridicule pour les autorités congolais. S’il est vrai que nous hebergeons une bande de voleurs. Il faut un révolutionnaire à la tête de ce pays pour renverser tout, un homme capable de créer un tribunal pour traquer ces bandits qui ont appauvris les congolais pour s’enrichir, ces égoïstes qui ont déjà sacrifié des milliers des congolais pour assouvir leurs appétits ; un révolutionnaire qui lui-même dabord doit renoncer pour dénoncer. Voilà celui que nous voulons à la tête de ce pays. Un homme loyal, sincère, correct, serviteur de peuple, en bref un second THOMAS SANKARA le burkinabais. Nous sommes fatigué, les congolais, le monde… fatigués de voir et d’entendre les autorités africains parler. Presque tous, les ministres, les députés, les cadres…entretiennent, soutiennent, encouragent, collaborent au vole, au mal, au meurtre économique qui gangrènent ce pays et le plongent dans un gouffre infernal. Non, non, non. Il faut tapper sur la table pour dire non. Il faut un soulevement de la justice pour juger tous ces autorité qui depuis plusieurs années ont volé les congolais en se substituant à la justice. Ils sont là nombreux. Bravo pour la première fois à la justice congolais.

  3. L’état de droit n’as pas des aprioris.tous sont justiciables et nul ne peux transcender le droit.bravo à la justice pour ce nouvel élan.que la traque continue.ainsi le respect de la chose public deviendra un acquis des politiques congolais.

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