Tshibala malmené par le dollar

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En République démocratique du Congo, comme un peu partout ailleurs,  le Dollar américain est le thermomètre d’économie. Le billet vert est ainsi un écran témoin sur lequel la santé financière du pays est reflétée. Et le peu que l’on puisse dire, la donne n’est pas du tout bonne pour les Congolais.

En octobre 1974, à l’époque du Rumble in the Jungle (littéralement « Le combat dans la jungle »), entre Mohamed Ali et George Foreman, 125 Zaïre de l’époque vallaient 250 USD (en témoigne la copie du ticket ci-dessous). Un niveau plus jamais atteint dans ce pays gangrené par des crises politiques, sécuritaires et économiques.

La descente frénétique aux enfers de la monnaie nationale entamée depuis 2015, à la chute des cours des matières premières, ne s’est pas estompée. Ni l’expert Matata Ponyo, encore moins un Samy Badibanga de passage, n’aurons tenu. Et puis, débarqua Bruno Tshibala.

Au Palais du peuple, le 16 mai dernier, le nouveau Premier ministre issu de l’opposition prend d’abord une douche froide pour son investiture. Hué par les opposants en colère. Il tient bon. Débout, promet alors des miracles. A l’économie, Bruno Tshibala promet une reprise, une stabilisation ou même une envolée.

Deux semaines plus tard, il revient. Avec, cette fois-là, un budget. Une croissance! Une hausse de 68,8%, en pleine crise économique  Le projet de loi de finance pour l’exercice 2017 est alors  évalué à 11 301 343 655 581 FC  (7 783 294 528,637052 USD).   Les recettes, explique le Premier minsitre, proviennent du budget général en raison de 10 013, 4 milliards des Francs congolais et du budget annexe et comptes spéciaux de 1287,9 milliards des FC.

Le pays s’étonne. Même l’ECOFIN (Ndlr: la commission économique et financière de l’Assemblée nationale) est prise contre-pied. Elle s’attendait à un budget similaire à celui d’environ 4 milliards déposé fin 2016 par le gouvernement de l’ancien Premier ministre Augustin Matata.

Détail clé de la magie de Tshibala, l’évaluation de la monnaie locale face au dollar. Bruno Tshibala rencontre une parité dollar-franc à 1.425,25 et la prophétise à 1688,90 à la fin de la période. Sauf que la situation réelle, semble être méconnue par le Premier ministre.

Le dollars américain est déjà à 1.500 Fc dans le marché officiel. Et peux atteindre les 1550 Fc chez les changeurs du coin. Entre temps, un mutisme, un silence assourdissant du gouvernement est constaté. Aucune mesure n’est pour l’heure annoncée. Il faudra toutefois noter que le gouvernement, y compris la Banque Centrale du Congo (BCC) a maintes fois tenter de stopper l’hémorragie, mais en vain.

3 Commentaires

  1. Incertitude politique y est pour beaucoup couplée par une situation économico-financière, sociale et sécuritaire préoccupante.

    • Et y ajouter des detournements des avoirs et fonds du Tresor par la clique des jouisseurs PPRD-MP, leur chef voleur et ses frangins. Example typique de cette Kleptocratie: Tout recemment, Nehemie Mwilanya etant « en mission » a Lubumbashi. Motif? Retirer $27 Million en Cash des comptes de la Province au profit de son chef-voleur qui en avait besoin personnel.

  2. Gouverner, C’est prévoir, dit on. Un pays qui ne produit rien et ces jours les Entreprises de l’Etat sont essoufflées car toutes les recettes vont d’abord à kinshasa et peut être on pourrait les retournées ou retrocedées une quotité pour le fonctionnement. L’Onatra _Matadi manque du carburant pour faire fonctionner les locomotives même du papier pour imprimer les factures. L’OGEFREM, La SNEl, la DGDA? la SCTP etc peinent à fonctionner parce que devenues des vaches laitières du Gouvernement et des politiks de la MP.

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