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RDC: Retour sur le projet du Port sec de Kasumbalesa

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La ville de Kasumbalesa, située à 96 km de Lubumbashi, est l’un des principaux passages sur la nationale N° 1 à la frontière entre la RDC et la Zambie (vers Kitwe et Ndola).  A ce poste (frontalier), environ 300 camions (trucks) franchissent la frontière chaque jour, en file le long de la route, dégradant progressivement la chaussée et gênant le trafic. L’on note une lenteur administrative et des risques de fraudes multiples auxquels sont exposés les marchandises et les transporteurs internationaux suite en l’absence d’infrastructures adéquates. 

Aussi, malgré les efforts des administrations en place, le déficit des structures formalisées ne facilite pas la lutte contre la fraude des marchandises qui empruntent des passages qui zèbrent la frontière. Tous ces malaises ternissent l’image de la République et constituent un manque criant pour le Trésor public et en même temps biaise la production des statistiques nationales fiables. L’on note que les principales marchandises à l’export sont les produits miniers et à l’import les produits chimiques utilisés dans l’extraction des produits miniers, des produits pétroliers, des matériaux de construction et des produits agro-alimentaires. 

L’OGEFREM, Conseil des Chargeurs et bras séculier de l’Etat, dont l’une des missions régaliennes est de mettre en place des mécanismes appropriés de gestion du fret (Import-Export) et promouvoir la productivité nationale à travers une assistance de proximité, a pensé à une panoplie des reformes parmi lesquelles l’érection de porc sec à ce coin stratégique du Pays, la mise en place d’un logiciel de gestion du fret, l’obtention de la signature des textes légaux pour renforcer la mission de l’OGEFREM, … Soit dit en passant, un port sec est un espace donné situé à l’intérieur des terres (fermes) connecté à un port maritime par voie routière, ferroviaire ou fluvial en vue du groupage et la distribution des marchandises. A cet effet, il dispose de tous les services similaires à ceux d’un port maritime moderne. 

Un projet de longue date

C’est, entre autres, au regard de toutes les considérations ci-haut que la SADC (Southern African Development Community) avait compris le bien fondé d’inscrire le projet de construction du port sec de Kasumbalesa sur sa liste des projets intégrateurs car ses bénéfices s’étendront aussi au niveau des pays membres du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) et de l’EAC (East African Community). En effet, la frontière de Kasumbalesa dessert et reçoit des marchandises en provenance de 7 ports maritimes de l’Afrique subsaharienne.

Ainsi le Port sec de Kasumbalesa sera connecté à ces 7 ports internationaux.  En principe un port sec moderne, comme c’est le vœu émis pour le projet de Kasumbalesa par les Autorités de la République Démocratique du Congo, est un port sec doté non seulement de tous les équipements et infrastructures nécessaires au traitement de fret (chargement, déchargement, stockage, groupage, entreposage, …), mais aussi de tout le dispositif administratif lié à l’inspection, au contrôle de qualité de service et au dédouanement des marchandises de manière fiable, rapide et en toute sécurité. Il sera ainsi pourvu d’un poste douanier, immigration, Office de contrôle, quarantaine, police… Pour la petite histoire, l’OGEFREM limitait, à l’origine, la conception du Projet du Port Sec à un parking avec quelques entrepôts sur une superficie de 62 hectares. C’est dans cette optique que son coût de réalisation avait été estimé à USD 125 millions, dans l’étude initiale réalisée en 2005 par le cabinet Price Water House Coppers. 

Cette conception initiale a connu une évolution depuis la nomination des nouveaux Mandataires le 13 juillet 2017. Contrairement à un simple parking, il a été opté de faire du Port Sec de KASUMBALESA un véritable terminal. C’est-à-dire, un port intérieur sur terre ferme et une plateforme logistique comprenant plusieurs modules, dont notamment les aires de stationnement, une clôture sécurisée et des points d’entrée électronique, un parc à conteneurs, des entrepôts ouverts et fermés, sous-douane et libres, une zone de réception et de stockage en vrac, des équipements de manutention du fret (portiques en caoutchouc, portiques montés sur rail, gerbeurs à portée, élévateurs à vide, chariots élévateurs à fourche, châssis porte-conteneurs, moteurs principaux), le parc à véhicules, les bureaux de douane et plusieurs bureaux administratifs pour le centre de contrôle, les banques, les transitaires et les agences de fret, des Équipements techniques (scanners, classificateurs de véhicules, ponts bascules, équipement de perception de frais, terminaux de communication), les installations pour l’entreposage du carburant, avec le service de pompage, une installation de service d’incendie, une installation de quarantaine, les installations de gestion des déchets, une Centrale électrique et une station de traitement d’eau, un Laboratoire avec des installations d’essai, un centre d’hébergement du personnel, un Centre d’excellence et des Installations auxiliaires et connexes.

C’est de cette conception qu’avait été estimé sommairement le coût estimatif prévisionnel de mise en œuvre de l’ordre d’USD 300 millions, défini sur base d’un Benchmark présenté de manière sommaire à l’OGEFREM par la firme sud-africaine Rail and Road Africa (RRA) dont la signature d’un contrat de partenariat est intervenue le 11 mai 2018 à Lubumbashi. Un contrat de partenariat portant sur le financement, la construction, le développement, l’exploitation et la maintenance du port sec a été signé à cet effet. Le non- respect des clauses de ce contrat par la firme RRA l’a rendu caduque. Ce contrat n’a connu aucun décaissement. (Ce partenariat avait suivi toutes les procédures administratives et légales exigées à cet effet, à savoir : discussion et négociation du partenariat par la Direction Générale, examen et adoption du Partenariat par le Conseil d’Administration de l’OGEFREM, entérinement du Partenariat par le Ministère de Tutelle après sa validation par le Conseil des Ministres et obtention de l’Avis de non objection sur le contrat de Partenariat auprès de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics, DGCMP)

Où en est la situation?

Puisque la construction du Port Sec de KASUMBLESA est une réponse urgente et adéquate au problème de congestion qui se pose avec acuité au niveau du poste frontalier de Kasumbalesa, OGEFREM s’est résolu dans un premier temps, de réaliser quelques travaux identifiés sur financement propre constitué de 1,5% de la Commission PIP et de l’emprunt de près de 3 millions USD contracté à AFRILAND First Bank. Il s’agit là des travaux d’aménagement et d’opérationnalisation d’une aire de stationnement à KASUMBALESA. Autrement dit, une plateforme de 20 hectares est complètement aménagée et n’attend que la mise en œuvre des dalles de béton armé. Tout le site du port sec, soit 62 hectares est entièrement clôturé et sécurisé. Le retour de la saison sèche sera déterminant pour procéder au bétonnage de cette aire de 20 hectares, susceptible d’accueillir 1.500 à 2.000 véhicules afin de lancer l’opérationnalisation du Parking. 

C’est toujours dans l’objectif de servir sans faille les chargeurs et divers autres intervenants au Commerce extérieur (et transport international), par la réalisation de ce méga projet intégrateur, que la République Démocratique du Congo à travers l’OGEFREM, s’est adressée à la Banque Africaine de Développement. Après examen des dossiers techniques disponibles au sein de l’OGEFREM, la BAD a marqué un vif intérêt pour accompagner l’OGEFREM dans l’actualisation et l’amélioration des dossiers techniques relatifs à la construction et l’équipement du port sec de Kasumbalesa à travers une actualisation et la réalisation d’une étude complètes détaillée du port sec de Kasumbalesa. 

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Dans le cadre du projet de la réhabilitation de la route nationale n°1 allant de Kinshasa/Ndjili à Batshamba sur 622 km, la BAD a mis une partie des ressources de ce projet pour le financement d’environ 2.6 millions USD de l’étude d’Avant-Projet Détaillé (APD) du port sec de Kasumbalesa. La RDC à travers l’OGEFREM sera dotée des dossiers d’études d’APD complets pour une meilleure réalisation de cet important projet intégrateur. Ces études intégreront les travaux en cours de réalisation par l’OGEFREM. Ce dossier d’APD connaîtra la validation de tous les intervenants sur cette plateforme (Société Civile, DGDA, DGM, OGEFREM…) et tous les Ministères sectoriels concernés. Ainsi, tous Partenaires Financiers désireux de participer au financement du port sec de Kasumbalesa se baseront sur ces dossiers d’APD pour la réalisation des travaux du PSK, à partir d’un appel d’offres international

Comme dit précédemment, en bordure des aspects administratifs, l’objectif global visé par l’OGEFREM est de faire du Port sec de Kasumbalesa, un prolongement technique des 7 ports maritimes internationaux de l’Afrique australe où transite le fret import et export de la RDC. 

Sur fond propre de l’OGEFREM, la superficie totale de ce projet, soit 62 hectares sont à ce jour totalement sécurisés par l’érection d’une clôture répondant aux normes internationales pour ce type d’infrastructures, 20 hectares couvrant le premier module sont totalement compactés et en attente de la saison sèche pour le betonnage;

Pour laisser la place au join-venture ou un véritable partenariat public-privé (PPP) qui donnera corps à l’ensemble du projet au regard des évolutions ou changements majeurs constatés entre temps, la BAD (en tant que l’une des institutions internationales crédibles qui en connaît l’importance) vient de marquer son accord pour financer les études d’actualisation et détermination du coût global réel.

4 Commentaires

  1. Chers compatriotes ça fait mal entant que congolais de voir ce grand projet qui va aider la jeunesse pour trouver de l’emploi traîner dans le tiroir de quelques individus juste pour leurs propres intérêts, or kabila est venu poser la première pierre mais jusque la nous qui sommes à kasumbalesa on ne voit rien qui se fait

  2. Nous sommes au mois de juin, en pleine saison sèche débutée au mois de mai et rien n’est encore entrepris sur le site. A mon avis,c’st une communication qui vise à distraire l’opinion par rapport à ce que l’état a déjà dépensé comparativement aux travaux réalisés. Effet procès VKAMERE oblige.

  3. Cet article ne sert qu’à distraire l’opinion en cette période du feuilleton procès Kamere, la saison sèche a débuté depuis le mois de mai et rien n’est fait sur le site. Un audit de ce projet parait impérieux pour en savoir plus.

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