Kin-Bopeto: l’épopée d’une arnaque à 363 millions de dollars

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Lancée à grande pompe par le président Félix Tshisekedi le 19 octobre dernier, l’opération d’assainissement de la ville province de Kinshasa dénommée  » Kin-Bopeto », un des créneaux ayant marqué la prise des fonctions de l’actuel gouverneur de la ville province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, est sans nul doute un échec cuisant pour son géniteur.

Cette vaste campagne d’assainissement à laquelle le gouvernement provincial devra supporter à la hauteur de 363 millions de dollars chaque année tend à rejoindre tous les autres projets fiascos menés par les différents gouverneurs ayant succédé à la tête de Kinshasa jadis la belle.

De Jean Kimbunda avec son opération « coup de poing » ou likofi, en passant par André Kimbuta avec son « Kin-propre », « Kin-Bopeto » leur rejeton n’a pas mieux fait que ses prédécesseurs.

Et pourtant, cette opération qui se présentait, à en croire l’autorité de la ville, comme un remède quant à la politique d’évacuation des immondices dans la ville, en passant par le changement des mentalités des Kinois sur la gestion des déchets, a bel et bien raté son décollage.

Or lors son lancement de cette campagne, l’opération Kin-Bopeto devrait être accompagné des plusieurs actions connexes.

Il y avait notamment:

  • la mobilisation de quelques 400 camions-bennes pour le ramassage des ordures dans toute la ville;
  • l’instauration d’un Salongo obligatoire chaque dernier samedi du mois.
  • Et l’instauration d’un système de prime, chaque mois, pour les quartiers qui se seront distingués par la propreté pour encourager la population à s’en approprier.

Mais sur terrain, aucune de ses promesses n’a été réalisée. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les différents bacs à poubelle installés par l’Hôtel de ville de Kinshasa dans certains coins de la ville et qui n’ont jamais été ramassé.

Trois mois après le lancement de Kin Bopeto, l’opinion s’interroge encore sur l’impact réel de cette campagne de salubrité dans leur vécu quotidien.

Plusieurs questions se posent quant à ce: les Kinois ont ils réellement changés leurs mentalités dans la gestion des déchets menagers ? Les déchets, sont-ils bien gérés ? Les rues, sont-elles assainies ? La ville a-t-elle retrouvée sa robe d’antan? Est-elle redevenue Kin-la belle?

Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour vers le pont dit des chinois à la 1re rue Limeté/Funa et le pont Bongolo sur la rivière Kalamu vers l’avenue Bongolo pour apercevoir des rivières des plastiques.

À cela, il faut ajouter l’abandon des décharges publiques au croisement des avenues Victoire et Université dans la commune de Kalamu, de l’avenue Saio dans la commune de Kasa-Vubu, celle de l’avenue des huileries juste après l’avenue Kabinda dans la commune de Kinshasa, etc.

Plusieurs kinois joints par Politico.cd jugent le bilan de cette opération largement négatif. Ils estiment qu’elle s’apparentent plus à un coup de marketing politique qu’à l’expression d’une réelle politique de changement.

« Nous sommes navrés de constater que le gouverneur de la ville province de Kinshasa nous a fait un coup de bluff avec cette prétendue opération Kin-Bopeto dont les dernières pluies ont révélées le vrai visage de Kinshasa, une ville sans un projet politique viable,  » a fustigé Kojack Ngeya, un habitant du quartier Kauka dans la commune de Kalamu.

Parmi les pistes de solution, Zacharie Babaswe, député honoraire, a préconisé carrément de raser la ville et reconstruire une nouvelle ville.

« Il faut construire une NOUVELLE VILLE DE KINSHASA à l’Est au-delà de Maluku. L’inexistence des égouts voue toute tentative de salubrité à l’échec. KIN BOPETO n’y pourra rien. La ville est à raser, » avait il déclaré au mois d’octobre dernier.

Thierry Mfundu

2 Commentaires

  1. Kin Bopeto est une opération de la honte, propagandiste… Rien ne marche, sans planification, ni plan d’action… Conséquence de la médiocrité

  2. Mais ce le lot des annonces fanfaronnes de ce pouvoir, depuis bientôt une année de pouvoir Félix n’a rien fait de concret à part les voyages, le pays sombre petit à petit dans un chaos économique et sociale et le président Félix est à court d’idée. Une armée des conseillers qui pillent sans commune mesure les ressources de l’État à fin des personnels et qui sont incapables de donner des bons conseils à leur ami de la diaspora. Pathétique.

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