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Campagne électorale: ainsi, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe auraient maintenu une longueur d’avance sur Martin Fayulu?

La mort d’Étienne Tshisekedi le premier février 2017 a creusé un trou de leadership dans l’opposition congolaise. A l’approche des élections du 23 décembre 2018, aucun leader naturel ne se dégage. Son fils Félix Tshisekedi bien qu’héritier du plus grand parti de l’opposition, l’UDPS, n’a pas encore fait ses preuves pour mériter le respect de ses pairs. Le leadership dans l’opposition passe désormais par des négociations.

Mais l’accord conclut à Genève entre 7 leaders de l’opposition ne va procurer qu’une joie éphémère aux congolais pro-opposition. La candidature unique trouvée ne dure que moins de 24 heures. La coalition Lamuka voit naître une autre coalition parallèle de l’opposition, le Camp du changement créé par Félix Tshisekedi et Vitale Kamerhe qui ont retiré leurs signatures de l’accord de Genève, frustrés d’avoir été minimisés par leurs pairs, en accordant la place du candidat commun de l’opposition à Martin Fayulu dont « le poids politique » resterait à construire de bout en bout.

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Les négociations n’ont pas permis de définir le nouveau leader qui va porter le flambeau de l’opposition aux prochaines élections. Lamuka et CACH devront se mesurer désormais sur terrain. A son arrivée à Kinshasa le 21 novembre, celui qui est appelé  » poids mouche » par ses détracteurs crée la sensation. Martin Fayulu secoue Kinshasa. Mais Félix Tshisekedi n’est pas intimidé : « il est soutenu par plus de 300 partis politiques. Le contraire allait être inquiétant », s’exprime-t-il sur RFI.

Malgré son rétropédalage, Félix Tshisekedi affiche un optimisme sans faille. Il croit fermement sans le dire que la ville de Kinshasa prise en otage par son père Étienne Tshisekedi pendant des décennies allait lui sourire. Le 27 novembre, FATSHIVIT étouffe Kinshasa. Un plein monstre sous une pluie battante. 6 heures du temps pour parcourir une vingtaine de kilomètres et atteindre le siège de l’UDPS. Kinshasa semble avoir accepté le double retrait des signatures.

Mais ce n’est que le début d’un duel appelé à durer pendant plus ou moins 3 semaines. Curieusement, les deux candidats choisissent de commencer leurs tournées en province par le Nord-Kivu, l’est de la RDC en général. Félix Tshisekedi cartonne à Goma, Martin Fayulu marche sur l’eau à Beni.

Cependant, le message de chaque candidat apporté à ses potentiels électeurs les différencient. Le duo FATSHIVIT livre un message clair, des consignes de vote précis. Ils demandent aux électeurs d’aller voter le 23 décembre avec la machine à voter et de rester surveiller les opérations de dépouillement pour contourner la tricherie. Pour sa part, Martin Fayulu tient un discours ambiguë, qui plonge un tout petit peu ses électeurs dans la confusion. Il rejette la machine à voter, pourtant devenue incontournable dans ce processus électoral. Martin appelle ses électeurs à la fois à voter avec les bulletins de vote et à appliquer l’article 64 de la constitution.

Loin de se limiter dans des grandes agglomérations, Félix Tshisekedi va de village en village, de citer en citer, jusqu’à l’île d’idjwi dans le Sud-Kivu pour convaincre, de bouche à l’oreille, les kivutiens de voter pour lui avec la machine à voter. La main de Vitale Kamerhe est passée par là.

Comme à Beni, Martin Fayulu continue à exhorter ces électeurs qui croient en lui de rejeter la machine à voter à Butembo, et de recourir aux bulletins de vote sans leur dire où et comment les trouver. Une faiblesse que Félix Tshisekedi va exploiter pour avertir ces mêmes électeurs, au même endroit, que « si vous votez avec les bulletins de vote et les stylos vos bulletins seront déclarés nuls ». Et cela en dépit de quelques troubles.

A moins de 10 jours des élections, la coalition Lamuka qui a toujours prêché le rejet de la machine à voter fait volte-face comme Félix Tshisekedi et Vitale Kamerhe à Genève, mais pour éclaircir les électeurs plongés dans une  » confusion » en les demandant de voter avec la machine à voter le 23 décembre 2018. Une position réaliste, pourtant proposée et défendue par Félix Tshisekedi et l’UDPS, avant même les assises d’Afrique du sud et celles de Genève, lorsqu’elle a levé l’option d’aller aux élections avec ou sans machine à voter

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