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État de siège : La LUCHA dénonce le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire en Ituri et au Nord-Kivu

Les militants de la Lutte pour le Changement (LUCHA) ont tenu, ce jeudi 23 février, une conférence de presse sur l’état de siège et ses conséquences. Ils ont dénoncé le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire dans les provinces de l’Ituri et Nord-Kivu sous état de siège.

D’après la Lucha, cet état de siège a engendré des difficultés énormes d’accès à la justice pour les citoyens dont les droits sont violés ; les tribunaux militaires, peu nombreux et ne garantissant nullement un procès équitable, juste, rapide et impartial, sont actuellement habilités à juger toutes les infractions.

Cependant, ils indiquent que la gouvernance et le développement local ne restent pas épargné de ce dysfonctionnement, l’administration étant paralysée, les initiatives locales de développement ne sont seulement pas prises, les quelques rares qui existent ne sont pas accompagnées par les autorités de l’état de siège.

Par contre, renchérissent-ils, il s’observe une dangereuse tendance à focaliser les actions de gouvernance vers les initiatives d’enrichissement «illicite» des nouvelles autorités en place.

Droits de l’homme bafoués

Au lendemain de la décrétion de l’état de siège, la LUCHA dit avoir soulevé les inquiétudes majeures sur le manque d’une évaluation préalable de la situation avec toutes les parties prenantes et demandé ainsi au Chef de l’État de surseoir sa décision qui, selon la LUCHA, de toute évidence était prise à la hâte.

Mais hélas, à ce jour, ces activistes pro-démocratie ont fait savoir que le constat est et reste très amère car la violence et la terreur causées par les forces négatives sont intensifiées ; les droits de l’homme piétinés et l’administration complètement en arrêt.

En outre, ils ont également fait savoir qu’il se constate sur terrain une hausse inquiétante des violations de l’homme et une forte restriction de l’espace civique.

De ce fait, ils notent l’assassinat de leur camarade Mumbere Ushindi en date du 24 janvier dernier par un policier, aussi l’arrestation «arbitraire» de 13 de leurs camarades à Beni ainsi que la détention «illégale» de deux députés provinciaux, Didier Lukogho élu du territoire de Lubero et Jean-Paul Ngahangondi du territoire de Beni.

Pour la LUCHA, cette situation atteste le dysfonctionnement de l’appareil judiciaire dans les deux provinces sous état de siège.

Face aux violences de droits de l’homme, la LUCHA demande la suspension du maire de la ville de Beni, Kashale Muteba Narcis et le Commissaire supérieur, François Kabeya de la PNC ville de Beni pour avoir tenu de propos, selon eux, qui ont poussé à l’assassinat de Mumbere Ushindi notamment d’écarter définitivement et de traduire en justice tous les officiers soupçonnés des graves violations des droits de l’homme.

La LUCHA demande également une évaluation rigoureuse et sans complaisance de l’état de siège devant conduire à sa levée ainsi qu’à la démilitarisation de l’administration et de la justice pour permettre aux militaires de se concentrer uniquement à la traque des forces négatives ; et la libération sans condition de leurs 13 camarades encore incarcérés à Beni.

Christian Okende

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