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Dialogue national au Tchad : Azarias Ruberwa consulté comme un « monument» de l’histoire politique de la RDC

L’ancien Ministre la Décentralisation et ancien Vice-président de la République, Azarias Ruberwa, a reçu, ce mercredi 16 février dans son domicile à Gombe, une délégation du gouvernement tchadien conduite par le Ministre d’État ou Secrétaire d’État en charge de la Réconciliation nationale et du Dialogue, Djimadjibaye Kantangar Aimé.

Cette délégation, apprend-t-on, est venue consulter l’expérience de l’ancien vice-président de la République Démocratique du Congo, Azarias Ruberwa, dans le domaine de la transition que la RDC ait connue entre 2002 et 2006. C’est là même le sujet de leurs échanges.

D’après le Ministre d’État Tchadien en charge de Réconciliation nationale et du Dialogue, Djimadjibaye Kantangar Aimé, chez eux, au Tchad, ils sont sur la voie d’un processus du dialogue et réconciliation qui doit déboucher sur une transition de la mise en place des institutions démocratiques.

Pour ce faire, chez l’ancien Ministre de la Décentralisation de la RDC, renseigne-t-il, ils ont exploré des bonnes pratiques dans le domaine de la transition car, selon eux, Azarias Ruberwa est un «monument» de l’histoire politique de la République Démocratique du Congo dans ce domaine.

« Nous sommes venus voir, l’ancien vice-président qui est en quelque sorte un monument de l’histoire politique du Congo. Nous avons bénéficié de son expérience dans le domaine de la transition. Écoutez, chez nous au Tchad, nous allons à un processus du dialogue et réconciliation qui doit déboucher sur une transition de la mise en place des institutions démocratiques. C’est pour cela que nous sommes venus ici pour explorer des bonnes pratiques du Congo dans ce domaine. Et monsieur Ruberwa est l’une des personnalités clés de la politique congolaise et donc nous sommes venus échanger avec lui sur l’expérience du Congo», a déclaré le Ministre d’État en charge de la Réconciliation nationale et du Dialogue.

Pour lui, l’expérience de Ruberwa sur la transition en RDC, c’est une bonne appréciation de la République du Tchad dans la mesure où, durant leurs échanges, ils ont pu relever les forces et les faiblesses de la transition au Congo et cela, précise-t-il, leur permettra de bien organiser, de bien animer et de bien faire fonctionner leur transition.

« Nous repartons très satisfaits de l’expérience de Ruberwa sur le domaine de la transition », a-t-il conclu.

Le dialogue au Tchad report en report

Initialement prévu le 15 février, le dialogue national aura lieu le 10 mai. L’opposition Tchadienne dénonce des manœuvres de confiscation du pouvoir par les militaires.

Selon plusieurs sources concordantes, cette décision du report a été prise à l’issue d’une réunion tenue le jeudi 27 janvier au palais présidentiel de N’Djaména, entre le président du Conseil militaire, le Premier ministre, les membres du Comité d’organisation du dialogue national inclusif et ceux du Comité technique spécial en charge de la participation des politico-militaires.

Le dialogue national en vue d’élections «libres et démocratiques», promis au Tchad dans les 18 mois au lendemain de la mort d’Idriss Déby Itno en 2021, prend encore du retard. Il a été repoussé par la junte militaire au pouvoir du 15 février au 10 mai.

Un pré-dialogue avec les nombreux groupes rebelles armés qui menaient régulièrement des attaques contre le régime autoritaire du président Déby a également été repoussé au 27 février à Doha, au Qatar, où il devait initialement se tenir avant la fin janvier.

L’organisation de ce pré-dialogue bute sur l’absence de consensus entre différents groupes armés. Il est une condition «préalable» pour les amener à la table du Dialogue national inclusif.

« La tenue du Dialogue national inclusif est reportée pour le 10 mai 2022 », a d’abord écrit la présidence de la République sur sa page Facebook, sans autre commentaire.

Pour rappel, le maréchal Idriss Déby Itno, qui dirigeait d’une main de fer le Tchad depuis 30 ans, a été tué au front par des rebelles le 19 avril 2021. L’un de ses fils, le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno, avait pris dès le lendemain le pouvoir à la tête d’une junte militaire en promettant aussitôt un Dialogue national inclusif avant des élections présidentielle et législatives sous 18 mois, un délai renouvelable une fois.

Il avait été nommé aussitôt président du Conseil Militaire de Transition (CMT), un exécutif composé uniquement de généraux, et président de la République pour la période de transition.

Christian Okende

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