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Tollé contre la taxe « Ram » instaurée par le ministre des PTNTIC

Depuis plusieurs jours à Kinshasa particulièrement, la grogne sociale monte de plusieurs crans. Motif : imposition et prélèvement de la taxe dite du Registre des Appareils Mobiles (RAM). Au cœur du tollé, ce registre a été lancé l’année en 2020 par l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPTC) pour lutter contre la circulation des téléphones contrefaits. L’enregistrement à ce service est assorti d’une taxe d’un à 7 dollars l’an que les opérateurs de téléphonie mobile prélèvent sur les unités de communication rechargées par leurs abonnés.

Les utilisateurs non en règle, se sont vus refuser l’achat de forfait via le Mobile Money car hypothéqué par le payement de cette taxe. Cette manière de faire a suscité un tollé au sein de la population congolaise depuis jeudi 29 avril.

Une situation qui a occasionné des mouvements de protestation contre la procédure de paiement de ladite « Taxe ». Les contestataires soutiennent même qu’après avoir rechargé leur compte principal pour s’acquitter de la taxe « RAM », la procédure ne passe.

Au sein de l’opinion publique ou politique, les appels au boycott de cette taxe se multiplient. Pour Daniel Mukoko Samba, RAM ne rime à rien en ce qui le concerne.

« RDC RAM, cette histoire doit être tirée au clair. Quel est le service rendu qui est ainsi rémunéré ? A quoi cet argent est-il utilisé ? Quelle est la base légale de ces prélèvements ? RAM ne rime à rien en ce qui me concerne. Obtenez notre adhésion ou arrêtez ça ! », a-t-il lâché.

« Cette affaire de RAM est un véritable drame », s’écrie Patrick Nkanga, cadre du parti politique PPRD.

De son côté, le journaliste Edmond Izuba estime que vouloir à tout prix imposer la taxe RAM n’est pas différent de la coupure de l’internet sous Kabila. « Vouloir à tout prix nous imposer la taxe RAM de cette façon, n’est pas différent de la coupure de l’internet sous Kabila. Un téléphone réduit aux appels entrants uniquement !», a-t-il déclaré.

Luc Gérard Nyafe voit quant à lui, de la surfacturation d’impôt. Selon lui, il faut alléger la fiscalité et élargir l’assiette des recettes, arrêter la fraude fiscale et le détournement recettes et la corruption. Mais pas pénalisé encore plus les citoyens ou les entreprises qui paient leurs impôts en alourdissant leurs charges.

Même son de cloche du côté des mouvements citoyens

Les Mouvements citoyens ont annoncé tenir une marche ce lundi 3 mai pour obtenir la suppression de cette taxe.

C’est le cas du Mouvement National des Consommateurs Lésés (MNCL), qui a indiqué que la taxe RAM est une escroquerie d’État et ne jure qu’à sa suppression. « C’est une marche de protestation contre cette taxe, le RAM. Nous crions haut que c’est une escroquerie étatique. Nous voulons que cette taxe puisse être supprimée. Voilà pourquoi nous allons marcher ce lundi », a dit la chargée de communication Mariela Lungi du MNCL ce vendredi 30 avril 2021.

L’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPTC) a tenté, à travers un communiqué signé par son président Christian Katende, de lever les zones d’ombre.

L’ARPTC ne reconnaît pas avoir ordonné la désactivation de l’Internet mobile auprès des certains utilisateurs non en règle avec le payement de taxe liée au RAM. « Quelques problèmes d’activation de forfaits ou d’unités ont été observés sur certains numéros d’un opérateur en particulier, qui prend en ce moment toutes les dispositions pour revenir très rapidement à la normale. », peut-on lire dans ce communiqué.

Carmel NDEO

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