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En attendant le départ de Ilunkamba : les ministres de l’Union sacrée s’accrochent aux postes

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Le gouvernement que conduit le Premier Ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba est tombé en disgrâce. Vomi par Félix Tshisekedi qui a rompu l’alliance qu’il formait avec le Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, un deal qui a donné naissance à ce gouvernement, l’équipe Ilunkamba est actuellement visée par une motion de censure. Portée par 301 députés nationaux, dépassant ainsi le seuil de recevabilité qui est fixé au quart des effectifs de l’Assemblée nationale soit 125 députés sur 500, cette action parlementaire est susceptible de forcer l’effondrement du gouvernement et de confier à Félix Tshisekedi un rôle politique majeur en République démocratique du Congo.

L’avenir de l’actuelle équipe gouvernementale semble être déjà décidé par les 301 motionnaires qui affirment que les membres du gouvernement « ont été incapables d’assumer pleinement leurs charges constitutionnelles et d’honorer leurs propres engagements pris devant l’Assemblée nationale lors de leur investiture ». Ces députés constatent également que « tous les moyens de contrôle parlementaire exercés jusque-là ne l’ont pas aidé à améliorer sa performance pour répondre favorablement aux attentes du peuple ». Ils demandent à l’Assemblée nationale de s’assumer « en mettant en cause la responsabilité de ce gouvernement défaillant et un gouvernement compétent par le vote massif de cette motion de censure, afin de le remplacer par un gouvernement compétent ».

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Cette action parlementaire jouit également du soutien politique de Félix Tshisekedi qui souhaite la formation d’un nouveau gouvernement d’union sacrée, pour tourner la page des « humiliations » qu’il affirme avoir subies au sein de la coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila. Une semaine après avoir fragilisé la majorité parlementaire acquise à Joseph Kabila et rompu leur accord de coalition, Félix Tshisekedi avait jugé nécessaire « la formation d’un gouvernement d’union sacrée de la Nation qui travaillera en harmonie avec le chef de l’État. La feuille de route du prochain gouvernement qui sera issu de la nouvelle coalition nous engagera sans répit « . Le président gouvernait depuis janvier 2019 avec le Front commun pour le Congo (FCC) de M. Kabila , qui détenait le poste de Premier ministre, les 2/3 des quelque 65 ministères, la majorité à l’Assemblée et au Sénat.

Malgré la motion de censure contre le gouvernement et le retrait de confiance de Félix Tshisekedi à l’équipe Ilunkamba, aucun ministre de l’UDPS (le parti au pouvoir) ni de l’UNC (parti politique de Vital Kamerhe qui jusqu’ici est partenaire de Félix Tshisekedi) ni Julien Paluku qui a annoncé être le premier à déposer sa démission n’a introduit la lettre de démission. Moins encore les ministres qui ont adhéré officiellement à l’Union sacrée. Pourtant, selon plusieurs analystes, ces démissions vont fragiliser davantage le gouvernement, tel que souhaité par Félix Tshisekedi qui est en incapacité constitutionnelle de révoquer le Premier Ministre et in fine effondrer son gouvernement.

Pour un membre du gouvernement qui a requis l’anonymat, « c’est l’incertitude de revenir » qui explique cet accrochement. À l’en croire, « aucun ministre, que ce soit ceux qui étaient du FCC et ont adhéré à l’Union sacrée ou ceux issus naturellement de la coalition présidentielle ne va déposer sa démission. Personne n’est prêt à le faire. Nous tomberons au même moment que le gouvernement, pourvu que cela aussi se réalise. Au cas contraire, nous serons encore là ».

De l’autre côté, le camp Ilunkamba soutient que la motion de censure est une stratégie pour pousser aveuglément le Chef du gouvernement à la démission. « Il ne doit pas céder. Il est dans la légalité », insiste le constitutionnaliste Banza Malela qui fait observer « qu’il faudra attendre la mise sur pied du bureau définitif et attendre la session ordinaire. Agir autrement c’est violer la constitution et les lois de la république ». Même argument partagé par Patrick Nkanga, conseiller politique du Premier Ministre, qui affirme que « le Gouvernement de la République a été investi par la majorité des élus sous la bannière d’un bureau définitif. Le Bureau d’âge n’a aucunement la compétence d’actionner une démarche vis-à-vis du Gouvernement. Même, dans un pays de non-droit, il y’a un minimum de bon sens.»

Un feuilleton qui vient rallumer l’espérance de certains membres de l’exécutif à rester encore quelques jours au gouvernement en dépit du désaveu de Félix Tshisekedi.

Stéphie MUKINZI (@Stephie_MKZ)

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