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RDC/Arrestation à la RVA: « Nous avons écrit pour solliciter sa mise en liberté, sa fuite n’est pas à craindre, son adresse est connue… » (Me Mboma, avocat du DG Abdallah Bilenge)

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L’arrestation du DG de la Régie des voies aériennes (RVA), Abdallah Bilenge depuis le mardi 10 novembre 2020 fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Il est poursuivi pour détournement de 15 millions de dollars USD. Sa détention a été confirmée en chambre de conseil.

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Approchait par Politico.cd, son avocat refuse cet état de fait et parle d’une arrestation arbitraire.

Selon Me Amédée Mboma, avocat de Bilenge, « l’arrestation arbitraire du DG de la RVA, Abdallah Bilenge, a été annoncée depuis le mardi 10 novembre 2020 dans les médias avec une pompe incroyable. Inculpé rapidement, ce dernier a été conduit illico presto au Cprk (Centre de détention et de rééducation de Kinshasa) et, traité avec une célérité suspecte ».

Me Amédée Mboma soutient qu’Abdallah Bilenge est poursuivi pour un prétendu détournement de 15 millions de dollars USD, à en croire ses accusateurs. « Mais, note-t-il, l’incriminé a vite fait de leur river leur clou en rectifiant qu’il s’agit en réalité d’une assiette de 67 millions de dollars ».

Cette minoration de l’enveloppe incriminée par l’accusation prouve selon Me Amédée Mboma, avocat de Bilenge, « si besoin en était, que ce dossier n’a pas été traité avec tout le sérieux voulu. Sinon, ils auraient tablé sur les vrais chiffres. A n’en point douter, l’essentiel, pour ceux qui mettent à prix la tête du DG de la RVA, était de le faire tomber à n’importe quel prix ».

Amédée Mboma, avocat de Bilenge, précise : « Il s’agit d’une créance sociale à la CNSS, à l’INPP, à l’ONEM ainsi qu’à la DGI. Ce n’est pas de l’argent décaissé et affecté pour des fins privées par mon client. Au moment de la préparation de la paie, la division rémunération qui fait partie de la direction administrative, calcule les salaires des agents et opère des retenus et après il transmet les listings au niveau de la direction des finances qui regarde dans la trésorerie s’il y a des fonds suffisants pour les rémunérations des agents et reverser les droits dus aux différents services socio-professionnels précités ; mais la trésorerie de la RVA n’a pas la capacité de pouvoir reverser ces droits. Alors comment peut-on arrêter un directeur général pour des fonds qu’il n’a pas décaissés? ».

Et de ppursuivre :

« Mais les ennemis et accusateurs de ce dernier ne pouvaient pas le savoir, pressés qu’ils étaient et qu’ils sont de déférer devant la justice un adversaire qu’ils croyaient enfin avoir ferré. La réalité se trouve donc ailleurs ».

En effet, Me Amédée Mboma estime que le DG Bilenge est depuis plusieurs années dans le collimateur de ceux qui souhaitent son départ de la RVA pour pouvoir le remplacer.

« Cette fois, ils pensaient avoir sa peau. Malheureusement, sa mise en accusation est battue sur du sable. C’est une erreur grossière qui altère la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, au moment où, au pays de Lumumba, on ne parle plus que de l’Etat de droit », souligne cet avocat.

Amédée Mboma, avocat de Bilenge, ne s’est pas empêché de le dénoncer :

« L’arrestation du DG de la RVA est arbitraire et ternit la vision du Chef de l’Etat sur l’établissement d’un Etat de droit ».

Pour Me Mboma, il est plus qu’évident que DG de la RVA « est poursuivi pour un prétendu
détournement des droits
dus à la CNSS, INPP, ONEM et DGI », il est vrai. Mais, ces droits sont en fait des créances sociales (des cotisations, taxes et autres impôts) que l’entreprise RVA
doit verser aux services de développement socio-professionnels précités mais qui n’ont jamais été disponibilisées en faveur des bénéficiaires ».

Selon Me Amédée Mboma, « l’on ne peut donc pas parler de détournement dès lors que l’enveloppe due n’a jamais été décaissée pour des raisons évidentes de précarité des fonds. Autrement, c’est pratiquement de l’arbitraire ! »

Et Me Amédée Mboma de préciser : « La RVA a 54 aéroports en RDC. Seuls 4 fonctionnent normalement et seulement 2 produisent, Lubumbashi et Kinshasa. Ces deux-là prennent en charge tous les agents de la RVA même ceux qui sont à Ingende, à Ikela, il faut les payer, l’argent vient d’ici, ça pose un problème. Les charges de la RVA sont supérieures à la production. Vous ne pouvez même pas avoir des réserves. Le DG fait des gymnastiques pour payer les agents et entretenir les installations aéroportuaires. En principe toutes les entreprises de l’Etat sont en faillite, les indicateurs sont au rouge, si on ne le fait pas, c’est la politique ».

Il souligne qu’à une certaine époque, le directeur général de la RVA avait informé la délégation syndicale de son « incapacité à garantir » les salaires du personnel pour quelques mois.

Ne comprenant pas la situation qui contrastait avec notamment la perception de la Redevance aéroportuaires (Idef), appelée « go-pass », l’Intersyndicale était montée sur ses grands chevaux. Mais, en juin dernier, Abdallah Bilenge était maintenu comme directeur général de la RVA par Félix Tshisekedi, parce que, visiblement, le Président de la République avait compris que l’homme ne méritait pas les reproches qu’on lui faisait.

D’ailleurs, ajoute Me Mboma, depuis lors, la situation à la RVA n’a guère évolué dans le sens souhaité. C’est toujours le statu quo sur le plan de la production, un statu quo qui dure depuis pratiquement des décennies.

Cette situation fait dire à l’avocat de Abdallah Bilenge : « s’il faut arrêter le DG, il faut arrêter aussi ceux qui étaient là avant lui, car c’est une affaire qui date depuis 1996. Dans un Etat de droit, on respecte la loi. En 2015, il a écrit au gouvernement pour dire que nous avons une dette sociale de 47 millions, aujourd’hui nous sommes à 67 ou 69 millions USD, nous sommes en difficulté, nous ne savons pas payer les droits dus à la CNSS, à l’INPP, à l’ONEM ainsi qu’à la DGI. Le gouvernement est informé ».

Et de poursuivre :

« Ainsi donc, Abdallah Bilenge continue à croupir injustement dans les geôles infectes du CPRK pour des faits dont il n’est pas directement et personnellement responsable. Mais, nul doute qu’il va devoir rapidement recouvrer l’air libre ».

Me Mboma dit avoir déjà saisi le procureur pour solliciter sa mise en liberté.

« Nous avons écrit pour solliciter sa mise en liberté, sa fuite n’est pas à craindre, son adresse est connue, il va se présenter à chaque fois que le procureur aura besoin de lui. Il ne fuira pas le pays pour de l’argent qu’il n’a pas détourné. Il n’y a aucun indice de culpabilité », a dit Me Mboma.

Thierry Mfundu

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