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l'info en continu

Covid-19 : si la solution venait de la médecine traditionnelle?

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Depuis le début de la pandémie du Coronavirus en décembre 2019 en Chine, plusieurs traitements à base de plantes sont proposés par la médecine traditionnelle africaine.

Ce sont le Covid Organics expérimenté à Madagascar, la Fagaricine au Gabon et le remède de Mgr Kleda au Cameroun.

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En RDC, on a parlé de l’artemisia, de feuilles d’eucalyptus, de Moringa, d’urines, etc.

Il y a eu, notamment, le tradipraticien Gabriel Nsombla qui fait la publicité de ses potions miracles sur les ondes d’une radio locale de la République démocratique du Congo (RDC).

Toutefois aucun de ces « remèdes » à base de plantes n’a encore prouvé son efficacité.

Le rétropédalage actuel des autorités malgaches sur Covid Organics amène plusieurs observateurs à s’interroger sur le recours aux remèdes traditionnels dans l’espace public.

Dans une communication, l’OMS déclare soutenir l’usage de la médecine traditionnelle dans la recherche de traitements potentiels, mais met en garde, car cela doit être sérieusement testé.

Au mois de mars 2020, une habitante de la commune de Selembao, dans le sud de Kinshasa, aux fins de protéger sa progéniture contre le Coronavirus, n’avait pas hésité à purger ses trois enfants au jus de citron mélangé avec celui du « Kongo Bololo », une plante dont le nom scientifique est Vernonia amygdalina.

Malheureusement, tous ses trois rejetons sont décédés après ce traitement préventif.

« Elle a décidé de purger ses 3 enfants avec ce mélange sans en mesurer les conséquences. Ils sont tous morts », avait expliqué aux médias, Tryphon Woobin, bourgmestre de la commune voisine de Mont-Ngafula.

Et ces rumeurs et/ou fausses informations liées à la
COVID-19 circulent avec une telle facilité et rapidité qu’elles ont finalement impactées négativement la lutte contre la pandémie.

Face à cet état de choses, beaucoup de personnes ont préconisé une symbiose entre la médecine traditionnelle et la médecine dite conventionnelle.

Déjà en Guinée, l’Institut de Recherche et de Développement des Plantes Médicinales et Alimentaires regroupe scientifiques et tradipraticiens pour mettre au point des médicaments à base de plantes.

L’institut a lancé des essais cliniques des médicaments pour traiter la COVID-19, selon la BBC.

Idem au Togo, où le Pr Kouami et ses collègues ont changé l’égard des tradipraticiens en misant sur la collaboration ».

« Avant, on pensait que les tradipraticiens étaient des imposteurs, des gens avec qui on ne pouvait pas collaborer. On avait un regard critique sur tout ce qu’ils faisaient », a-t-il dit.

Au mois de mars 2020, le médecin congolais, Majambu Mbikay, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, a expliqué aux médias avoir découvert  » un médicament dont les tests préliminaires donnent déjà des résultats plus que positifs ».

« Il s’agit d’un médicament tiré de la nature. Il vient d’une plante et a été purifié. Nous l’avons déjà testé sur plusieurs virus parmi lesquels Ebola et Zika », a déclaré le médecin à la chaîne de télévision canadienne CTV.

Mais, jusqu’aujourd’hui, cette information est restée non avérée.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont décidé de lancer, cette semaine, un Comité consultatif d’experts chargé de fournir un soutien et des conseils scientifiques indépendants aux pays sur la sécurité, l’efficacité et la qualité des thérapies de médecine traditionnelle, face à la COVID-19, rapporte le site de l’ONU-Infos.

« L’intérêt, pour la médecine traditionnelle en tant que traitement potentiel contre la COVID-19, est croissant en Afrique. Au moment où le monde se lance à la recherche de traitements et de vaccins contre le virus, la recherche sur les médecines traditionnelles et orthodoxes, en tant que thérapie potentielle de la COVID-19, doit être fondée sur la science, et ce jour marque une étape importante dans le soutien de ces efforts », a déclaré Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’ OMS pour l’Afrique.

Le Comité régional d’experts sur la médecine traditionnelle de la COVID-19 appuiera les pays dans un effort de collaboration pour mener des essais cliniques de médicaments traditionnels en conformité avec les normes internationales. Il regroupera les compétences au sein du continent, accélérant ainsi le rythme et élevant les normes de la recherche, en particulier la recherche clinique sur les nouvelles thérapies issues des médecines traditionnelles contre la maladie à Coronavirus (COVID-19).

Il se chargera ainsi de surveiller la conduite des essais cliniques et de renforcer la capacité des chercheurs. Son apport permettra également de faciliter l’enregistrement des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle, jugés sûrs et efficaces.

« Étant donné que les membres du comité sont des chercheurs de renommée internationale et des autorités réglementaires nationales, les résultats des essais cliniques seront reconnus au niveau international », a précisé, lors d’une interview avec ONU Info, la conseillère régionale chargée de la médecine traditionnelle pour le bureau régional de l’OMS en Afrique, Dre Ossy Kasilo.

Le recours à une médecine traditionnelle de qualité peut faciliter la fourniture de soins de santé, en particulier dans les zones rurales éloignées, où les systèmes de soins de santé conventionnels sont limités.

La médecine traditionnelle de qualité peut bénéficier à une grande partie de la population car elle est la principale, voire la seule, source de soins de santé pour environ 80 % des personnes en Afrique.

L’Afrique a une longue histoire de médecine traditionnelle et de praticiens, qui jouent un rôle important dans la prestation de soins aux populations, et les médecines traditionnelles, complémentaires et alternatives présentent de nombreux avantages, estime l’OMS.

Plusieurs pays et institutions du continent africain ont proposé des thérapies traditionnelles pour la COVID-19 en Afrique du Nord, en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique australe.

« Des essais cliniques rigoureux pour en évaluer la sécurité et l’efficacité seront essentiels, comme c’est le cas dans d’autres domaines de la médecine », a souligné le Directeur des CDC pour l’Afrique et envoyé spécial de l’OMS pour la Covid-19, Dr John Nkengasong.

Des efforts de recherche de thérapies traditionnelles pour la COVID-19 sont en cours dans plusieurs pays, dont la Guinée équatoriale, Madagascar, le Nigeria et l’Ouganda, selon Dr Kasilo.

Les résultats des études de ces institutions devraient être publiés et annoncés par les pays après la finalisation des recherches.

Selon les spécialistes en médecine traditionnelle, l’Afrique dispose d’une pharmacopée avérée, avec plus de 89 médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle dans 14 pays pour lesquels l’OMS a soutenu la recherche et le développement conduisant à leur autorisation de mise sur le marché.

Une quarantaine de ces médicaments figurent également sur les listes nationales de médicaments essentiels et font, désormais, partie de l’arsenal qui permet de traiter les patients atteints d’un large éventail de maladies comprenant les infections liées au VIH, le diabète, la drépanocytose et l’hypertension, à l’instar du « NIPRISAN » au Nigeria et du « FACA » au Burkina Faso, tous deux contre la drépanocytose, ainsi que de l’ « HEPATOSOR » un sirop utilisé contre l’hépatite virale (A,B,C, D et E) au Cameroun.

« La stratégie régionale sur la médecine traditionnelle en Afrique est ancrée dans des principes de complémentarité et fondée sur l’intégration de la médicine traditionnelle dans les systèmes nationaux de santé », explique l’OMS.

« Reposer sur la médecine traditionnelle en Afrique présente plusieurs bénéfices dont la diversité, la flexibilité, la disponibilité, des prix abordables, l’acceptation générale par les communautés africaines et le coût comparativement faible par rapport aux médicaments modernes », signale la docteure en pharmacologie clinique.

Pour Dre Kasilo, il ne fait aucun doute que les thérapies traditionnelles et complémentaires, dont la sécurité, l’efficacité et la qualité ont été démontrées, vont contribuer à atteindre les objectifs de la couverture sanitaire universelle.

« La fabrication et la commercialisation à grande échelle des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle, qui impliquent la culture des plantes médicinales ainsi que les processus de récolte et de post-récolte, présentent des avantages en termes de développement socio-économique », ajoute Dre Kasilo.

La conseillère régionale de l’OMS estime que ce développement socio-économique pourrait, à son tour, contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable 3, sur l’amélioration de la santé et du bien-être ; des Objectifs de développement durable 1 et 2, sur la réduction de la pauvreté et de la faim ; ainsi que de l’Objectif de développement durable 4 sur l’éducation de qualité des communautés locales ciblées.

« Aujourd’hui, alors que nous sommes confrontés à une pandémie qui ravage le monde entier, nous avons un besoin urgent d’approches permettant d’étendre les solutions au-delà des frontières et, pour ce faire, les résultats des études doivent pouvoir être reproduits, y compris en termes de dosage », explique Dre Kasilo.

Elle souligne toutefois qu’il faut « redoubler d’efforts pour mobiliser des fonds pour la recherche, car la médecine traditionnelle est souvent sous-financée dans le secteur de la santé ».

Thierry Mfundu

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1 COMMENTAIRE

  1. +229 61 16 69 01
    L’organisation de la protection divine:
    -la sorcellerie,
    -protection ,
    -l’envoûtement
    – la malédiction,
    – avoir facilement votre mariage et vite
    – reçu dans vos affaires
    – avoir d’enfants ( stérilité primaire ou secondaire),
    +22961166901

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