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Élévation de Joseph Kasa-Vubu au rang de héros national: « il est grand temps que la RDC redevienne le grand Congo d’hier comme le dit si bien l’Hymne National  » (Michel Kasa-vubu )

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A l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de l’indépendance le Président de la République, Félix Tshisekedi a décidé d’élever celui qui fut le tout premier président de la République démocratique indépendante, Monsieur Joseph KASA-VUBU, au rang de Héros National.

En marge de ce double événement, Politico.cd a eu un entretien exclusif avec deux interlocuteurs de marque à savoir Michel KASA-VUBU, le fils cadet de notre feu président de la République KASA-VUBU ainsi que le Président de l’Association Congolaise des Juristes d’Entreprise, le bomatracien Me Laurent MUTAMBAYI, qui ont bien voulu tous les deux répondre aux questions de votre journal en ligne Politico.cd.

  1. Pouvez-vous vous présenter auprès des lecteurs
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En vous remerciant pour l’invitation que vous me témoignez en ce 30 juin 2020, année des 60 ans de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, et du rôle de mon père biologique feu Joseph Kasa-Vubu (1er Président de ce pays nommé la République Démocratique du Congo) jadis Congo Belge,

Je m’appelle KASA-VUBU, Michel (MK) de mon prénom de naissance, prénom qui durant la Zaïrianisation à pris une autre orientation, mais certes je suis bien le dernier d’une fratrie de 9 enfants issues du mariage de Joseph Kasa-Vubu et Mama Hortense Ngoma Massunda.

Pourquoi ai-je répondu à votre invitation ? Par amour pour ce père qui m’a quitté trop tôt (je n’avais que 07 ans), pour ce père qui fut le premier des citoyens dans cette république, et après de longues années d’instabilités, C’est par la grâce de Dieu que je me présente à vous, car j’estime que les citoyens de ce cher pays aspirent tous à la paix, l’avenir d’un chacun en dépend.

Ce sera certes extrêmement difficile, mais il est grand temps que le Congo redevienne le grand Congo d’hier comme le dit si bien l’Hymne National de la RDC.

Et vous Monsieur Laurent MUTAMBAYI (LM), comment vous présenter à nos lecteurs.
Pour ma part, j’aime bien me nommer un amoureux du Congo.

Je vis actuellement en Belgique depuis environ quinze ans après avoir vécu longtemps aux Pays-Bas. Je suis né à Boma et j’ai fait une partie de ma scolarité dans le Bas-Congo au petit-séminaire de Lemfu.

Je suis juriste et conseiller à Molenbeek, une commune bruxelloise. J’ai travaillé pour le gouvernement fédéral belge durant la précédente législature (2014 à 2019).

Il y a une année, j’ai créé une Association Congolaise des Juristes d’Entreprise

  1. Comment avez-vous vécu cette élévation de Joseph Kasa-Vubu au rang de Héros National ?

Normalement. Très normalement…
Vous savez, pour moi il a toujours été un héros.
Souvenez-vous de la Table Ronde, alors que la délégation en Front Commun était déjà à Bruxelles, et que Patrice Lumumba était retenu en prison, SEUL Joseph Kasa-Vubu avait exigé qu’il soit libéré pour prendre place et représenter sa région à cette Table Ronde.

Alors imaginez un instant, Si Joseph Kasa-Vubu n’avait pas posé cette exigence de libération immédiate de LUMUMBA auprès du pouvoir colonial belge de l’époque, je suppose que la suite des événements aurait probablement été différente.

Et pourtant, aujourd’hui encore, je mesure le poids qui pesait jadis sur les épaules de feu mon père Joseph Kasa-Vubu qui en exigeant cette libération immédiate auprès du pouvoir colonial, faisait preuve d’une force douce et redoutable d’efficacité. Joseph Kasa-Vubu, c’était la force tranquille.

Toute ma jeunesse j’ai entendu dire que Joseph Kasa-Vubu était un ‘’Mou’’ un ‘’Faible’’ et j’en passe.

Quand étant enfant vous entendez à répétition de tels propos c’est pas évident.

Ensuite vous cherchez à comprendre. Et vous réalisez qu’il était, à son époque, un homme incompris par ses pairs.

Alors pour clore cette question, je pense à Martin Luther King qui disait :
‘’La question la plus persistante et la plus importante dans la vie est, QUE FAIS-TU POUR LES AUTRES ? ‘’

Alors pour comprendre un problème, il faut s’en extraire. Et ce qui m’a plus frappé durant toutes ces années, c’est l’indifférence des bonnes personnes.

Et vous Monsieur Laurent MUTAMBAYI (LM) Comment avez-vous vécu cette élévation de Joseph Kasa vubu au rang de Héros national ?

LM. C’est à mes yeux un grand jour. Savoir qu’avec cet élan de renaissance du Congo un digne et grand fils du Congo que certains ont voulu garder dans les tiroirs de l’histoire vient d’en être retiré pour être remis au panthéon de l’histoire du Congo. C’est à dire à sa vraie place. Je ne peux qu’exprimer un sentiment de fierté et de joie. C’est une mesure du président Félix Tshisekedi que je salue et qui va contribuer à réconcilier les congolais avec leur histoire.

  1. Monsieur Michel KASA-VUBU, pensez-vous qu’une injustice a été corrigée ?

Il est difficile pour moi de répondre à cette question.
Mais ce qui m’a le plus frappé durant toutes ces années, c’est l’indifférence des bonnes personnes envers l’action du Président Joseph Kasa-Vubu et cette indifférence nous la payons aujourd’hui, car le congolais n’a pas toujours le respect qu’il mérite ou qu’il soit.

Joseph Kasa-Vubu était un homme très intelligent. Face à l’autorité coloniale il était, malgré sa douceur, un négociateur fin et très efficace.
Alors quand vous commencez à penser par vous-même, vous cessez d’inspirer confiance. On peut alors monter l’opinion publique et tout le monde contre vous.

Feu mon père, en a fait les frais en quelque sorte. De ce que je sais, il n’a pas été autorisé à se rendre au sommet d’Accra au Ghana.

Et vous Monsieur Laurent MUTAMBAYI, que dites-vous à ce sujet ?

Absolument. En effet, j’estime qu’élever Joseph KASA-VUBU au rang de héros national est d’une part une réhabilitation de sa mémoire et d’autre part une réconciliation du congolais avec son histoire. Cette décision va davantage contribuer à mettre les projecteurs sur ce qu’était véritablement ce grand homme d’État.

  1. Que compte faire la famille après cette reconnaissance ?

C’est très simple…
On va ouvrir une bonne bouteille de Champagne, et renverser une grosse goutte de celle-ci vers et sur le sol, pour célébrer cet évènement avec lui-même feu Papa Joseph Kasa-Vubu, son épouse/ notre Maman Hortense Ngoma Massunda et les ancêtres qui ont fait de nous ce que nous sommes.

Car comme le disait si bien Joseph Kasa-Vubu à l’époque, à l’occasion de son discours de proclamation de l’indépendance le 30 juin 1960, il a dit e.a. :
(…) ‘’Je pense à nos femmes aussi qui, sans faiblir un seul instant, ont su réconforter leurs fils et leurs époux dans leurs luttes magnifiques, et souvent même à leurs côtés au plus âpres du combat. (…)’’.
N’était-ce pas là une belle reconnaissance du travail de l’ombre de la femme africaine ?

  1. Le Président Kasa-Vubu mérite-t-il vraiment ce titre ?

Ici, j’inverse les rôles. Je commence par vous, Monsieur Laurent MUTAMBAYI.

À plusieurs titres, c’était un homme de paix et de dialogue qui plus est, a légué à la nation congolaise une image d’intégrité et de bonne gouvernance. Je note que ces deux qualités ont cruellement manqué à la RDC des derniers cinquante ans et sont encore à rechercher aujourd’hui. L’inclusion de ces deux qualités dans notre façon de gérer la res publica ne manquera pas d’infléchir la courbe de la pauvreté en RDC. Pour moi qui milite depuis des années pour la triptyque démocratie, justice et paix, l’élévation de cet illustre homme d’État est un signal fort. Cela pourra amener plus d’uns à s’inspirer de son modèle d’intégrité et sa bonne gouvernance. L’avantage est que ce n’est pas un modèle venu d’ailleurs mais plutôt un modèle que notre pays a lui-même produit.

Je reviens à vous Monsieur Michel KASA-VUBU, pensez-vous que votre feu papa, le président Kasa vubu mérite-t-il vraiment ce titre?

MK : Pour comprendre un problème, il faut s’en extraire.
Et pour s’en extraire, il faut beaucoup de force. Et question force, Joseph Kasa-Vubu était solide.

Pour l’anecdote,
Souvenez-vous des propos du Président Joseph Kasa-Vubu rédigé dans l’œuvre de Charles-André GILIS (KASA-VUBU au cœur du drame congolais – Ed.Europe-Afrique). Je le cite : ’J’ai été le promoteur, le Bon Dieu m’a donné une inspiration. Je dois la réaliser. Ensuite ce sera fini. Je n’ai qu’une ambition, celle de donner au pays un bon départ. Ensuite, le pays fera ce qu’il voudra. Les jeunes prendront la direction. S’il faut, je me retirerai…
Peut-être une révolution donnera-t-elle une orientation meilleure… serait-elle vraiment meilleure pour le Congo ? …’’

Pour conforter son mérite, prenez maintenant une partie de son discours lors de sa prestation de serment devant les chambres réunies le 27 juin 1960, il a dit ceci : ‘’(…) Je voudrais, en ce moment solennel où je prends en charge les lourdes fonctions du pays, rappeler au peuple combien le pays, en ces heures décisives attend des congolais, de leur savoir-faire, de leur intégrité, de leur dévouement à la cause publique.

Rappeler au peuple qu’ils prennent la relève d’une administration particulièrement brillante et devront s’en montrer les dignes successeurs. (…).

Au demeurant, nous veillerons à pratiquer une politique budgétaire nette et propre : L’équilibre du budget sera un de nos soucis dominants, car il conditionne la valeur de la monnaie et le pouvoir d’achat de toute la population. Nous savons les difficultés de cet équilibre, car, si le premier plan décennal nous a fourni un équipement public de tout premier ordre, il nous a en contrepartie laissé une dette publique importante, dont la charge pèse lourd sur nos épaules. Il faudra trouver les accompagnements nécessaires pour en atténuer et en étaler les effets de façon qu’elle n’entrave pas l’exécution des programmes vitaux pour la nation.(…)’’.

Pour ma part, j’entends, le premier, appliquer ces conseils. M’élevant au-dessus des partis, des tribus, des ethnies, des communes et des provinces, je veux être le gardien de la légalité. L’arbitre entre les partis, le premier serviteur de l’Etat.
Que Dieu m’assiste dans cette tâche écrasante et veille aux destinées de notre Congo indépendant.’’

Fin de citation.

Pour finir, j’ajouterai que je pense que la grande réussite est de constater aujourd’hui, que les mêmes (grands) qui ont essayé depuis des années de nous écraser, se nourrissent de nous.

Et je souhaiterais ardemment que cela change et qu’il se mettre en place un paradigme qui profite à tout le monde mais d’abord aux congolaises et aux congolais.

Propos recueillis par Thierry Mfundu

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1 COMMENTAIRE

  1. La victime et le  »bourreau-livreur » sur le même piédestal. Le 30 juin 2021, Je m’attends sans surprise à l’élévation de feu Étienne TSHISEKEDI WA MULUMBA. Mobutu, lui attendra encore longtemps son tour. C’est ça l’état de droit à la Fatshi.

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