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La ligne de défense risquée de Vital Kamerhe

Il est présumé coupable de détournement de plusieurs millions de dollars, mais il ne reconnaît rien : « Je n’ai rien fait, je ne suis responsable de rien ». C’est ce que le Directeur de cabinet du Chef de l’État, Vital Kamerhe, « mis en disponibilité « pour des raisons judiciaires, a voulu que les juges du Parquet de Matete croient et retiennent samedi 11 avril 2020.

Pourtant, formellement, il est responsable de beaucoup, si pas de tout le programme d’urgence de 100 jours qu’il a piloté et pour lequel des millions de dollars ont été défalqués du Trésor public.

En fin stratège, Vital Kamerhe a vu un « couloir vide » dès l’accession au pouvoir de Félix Tshisekedi, héritier d’un gouvernement démissionnaire de Bruno Tshibala, que ce dernier a voulu exploiter avec un programme d’urgence de 100 jours concentré à la présidence, au grand dam du Front commun pour le Congo, le nouveau partenaire du Cap pour le changement.

Le changement, c’est sur ça que le patron de l’UNC va s’appuyer pour convaincre, au point d’emballer tout un peuple qui l’a tant rêvé. Il défend, explique ce programme avec précision, tout en promettant de « faire des miracles  » avec peu de moyens, là où autant de projets ont englouti autant de millions sans réalisations concrètes sous l’ère Kabila, comme le projet Bukangalonzo qu’il aime tant détester.

Cependant, quand arrive le moment de rendre des comptes, « tous les marchés publics, qui existent entre la République et les tiers, ont été hérités du gouvernement Tshibala et aucun contrat de marché gré à gré ne porte ma signature.
Il n’est pas de la responsabilité du Directeur de cabinet du Chef de l’État de suivre l’affectation des fonds payés directement par la banque dans les comptes desdites entreprises car il y a toute une équipe qui était chargée de la supervision des travaux « . En un mot,  » je n’ai rien fait, je n’en sait rien ».

Parole contre parole

Seulement, ce samedi là, l’intimément appelé « VK » n’était pas devant des journalistes limités par l’interdiction déontologique de contredire leur interviewé, chose qui lui permettrait de faire passer la version qui l’arrange, comme il l’a fait en autant d’interviews depuis l’affaire 15 millions de dollars, et celle de ces 100 jours à jour.

Il était, cette fois-là, face à l’officier du Ministère public, l’avocat Sylvain Kaluila Muana, assez renseigné sur les détournements, grâce notamment à des preuves de virements bancaires, des ordres de délocalisation des fonds des comptes officiels pour des comptes privés, qui lient, selon lui, Vital Kamerhe aux détournements pour lesquels il est poursuivi.

Aussi, le débat était modéré par un procureur, Adler Kisula Betika Yeye, souriant mais ferme. C’était donc un autre terrain, sur lequel, la parole de VK n’a pas eu de primauté. Elle a été, par contre, étouffée par l’officier du Ministère public qui a sollicité et obtenu la mise en détention provisoire « du vice-président  » de Tshisekedi.

Un risque mesuré ?

À ce stade, ce qui est à craindre, ce n’est plus la disgrâce. Car, l’homme, qui a pu rester debout malgré ses multiples revirements dans ses positionnements politiques, est bien à genoux dans cette prison de Makala.

Et, ses partisans qui développent, depuis, une « théorie de complot  » contre leur leader, savent bien ce qu’ils craignent. Ils sont conscients qu’une condamnation définitive pour détournement enverra leur guide dans les gradins où il pourra désormais observer le jeu politique congolais aux côtés de Jean-Pierre Bemba que la CPI a déjà disqualifié.

Mais, hélas! La ligne de défense adoptée ne laisse pas voir une issue heureuse pour Vital Kamerhe dans cette affaire, surtout après sa mise en détention provisoire. Au bout des enquêtes, et en l’absence d’une collaboration avec la justice, si l’innocence clamée n’en est pas une, si la culpabilité du Directeur de cabinet de Félix Tshisekedi est établie, c’est une condamnation avec circonstances aggravantes qui est à craindre.

JSB

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