L’appareil est un Dornier 228-200, un biturbopropulseur construit par l’avionneur allemand Dornier de 1981 à 1998, dans l’usine de Oberpfaffenhofen et produit sous licence depuis 1986 par Hindustan Aeronautics Ltd. à Kanpur (Inde). Sur les 270 appareils réalisés, environ 190 sont encore en service dans le monde entier (en 2007). Il est surnommé “le camion du ciel” pour ses performances fulgurantes sur terrains courts voire inexistants.

Immatriculé 9S-GNH, l’appareil accidenté a connu son premier vol le 6 mai 1984, avant d’être livré le même mois, à la compagnie grecque olympic air, la filiale régionale de Aegan Airlines. 10 ans plus tard, l’appareil connaîtra un accident aux environs de l’aéroport d’Athènes.

En effet, le dimanche 9 janvier 1994, à 9h20 du matin, quelques minutes avant son atterrissage à Athens-Ellinikon International Airport, l’avion a heurté les câbles à haute tension, causant l’arrêt du moteur N°1 et des dommages importants à l’appareil. Selon les enquêteurs, il s’agissait d’une erreur humaine. Les données concernant la procédure d’approche n’auraient pas été correctement paramétrées.

Le copilote aurait désactivé la fonction de maintien d’altitude et le pilote n’aurait pas suffisamment corrigé la descente trop rapide de l’avion. L’appareil a réussi un atterrissage d’urgence. les deux passagers et deux membres d’équipage à bord s’en sont sortis indemne. L’appareil sera finalement restauré, réutilisé puis finalement retiré de la circulation en 2003.

En novembre 2006, l’appareil est retrouvé au Kenya, d’abord enregistré au nom de Kaskasi aviation puis ensuite pour la compagnie Air Traffic Ltd; sous l’immatriculation 5Y-BTU.

En 2017, l’avion devient propriété de Busy bee Congo, la compagnie de Goma spécialisé dans les vols passagers dans l’Est de la RDC.

Les causes de l’accident de ce matin n’ont pas encore été déterminées. Certaines sources parlent d’une panne moteur mais d’autres évoquent des conditions météorologiques. Un moteur en panne au décollage ne cause pas toujours un accident pour un bimoteur.

En effet, il faut une conjugaison de facteurs, panne moteur plus surcharge, panne moteur plus météo. L’analyse des conditions météorologiques à Goma, ce matin, pourrait apporter un peu de lumière à cette catastrophe. Il semblerait que la piste connaissait un vent arrière juste avant le décollage. C’est aux enquêteurs de déterminer.
Cet accident survient quelques semaines après la disparition de l’avion de la suite présidentiel, parti du même aéroport, et retrouvé écrasé quelques jours plus tard.

Après moult informations contradictoires sur le nombre de passagers à bord, la présence ou pas de survivants, le lieu où la carcasse a été retrouvé, aucune communication claire n’a été faite sur les suites de l’enquête. Comme bien souvent malheureusement, une actualité chassant l’autre, l’accident d’aujourd’hui risque d’être classé comme des centaines précédents qui n’ont jamais connu d’enquêtes sérieuses.

Les autorités congolaises, notamment les ministères et les organes de tutelle du transport aérien, doivent prendre très au sérieux ces accidents. Il faut des mesures drastiques pour réduire sensiblement ces pertes en vies humaines mais aussi la mauvaise presse liée lors des accidents aériens. La guerre à l’est, les accidents d’avion à répétition, les violences policières et la corruption sont les éléments à fort retentissement, qui baissent sensiblement la réputation de la République Démocratique du Congo vis à vis des potentiels partenaires.

En attendant que chacun prenne ses responsabilités, ayons une forte pensée pour toutes ces victimes et les familles endeuillées.

Richard Kiyambu (J’aime le Congo)

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