Cadre de l’AFDC-A, Mike Nendaka estime que le budget de 7 milliards de dollars proposé par le Chef du gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba fut une hérésie et ne reflète pas les ambitions du président de la République et en tenant compte de toutes les réformes envisagées pour l’ amélioration du social du congolais.

Déjà que selon lui l’effectivité de la gratuité de l’enseignement primaire aurait pris presque le tiers de la maigre enveloppe.

Heureusement qu’en tournée euro-américaine, le chef de l’état a recadré son premier ministre, et lui a exigé de proposer mieux. De retour au pays, le président a revu le budget 2019-2020 à 10 milliards de dollars.

Mais il reste selon Mike Nendaka, le problème de la mobilisation des recettes. “Une équation qui ne pourra être élucidée que si la justice s’en va en guerre contre les détournements de deniers publics chiffrés par Luzolo Bambi, à environ 15 milliards de Dollars par année,” estime-t-il.

Et d’ajouter: “Aussi, la stricte application de la nouvelle loi minière pourrait également booster notre budget national.”

Le cadre de l’AFDC-A considere qu’en étant conscient de la baisse du cours des matières premières, qui constitue une entorse pour les résultats escomptés, “le gouvernement devra apporter quelques amendements stratégiques dans le but de stabiliser le coût de celles-ci dont le cobalt sur le marcher international,” propose-t-il.

Quant à l’amélioration du vécu des congolais, Mike Nendaka soutient que le secteur de l’agriculture devrait être la priorité des priorités.

La RDC avec ses 2.345.000 m2 de superficie, possède de vastes étendues de terres arables avec un climat propice pour une agriculture intensive . Privilégier les industries agro-alimentaire serait donc un atout pour éradiquer de manière définitive la famine devenue malheureusement régulière,” indique-t-il.

Cependant, Mike Nendaka estime que la construction d’un réseau routier approprié faciliterait l’évacuation des récoltes de l’est vers l’ouest et vice versa, pour ainsi atteindre les zones urbaines.

Pour ce, Mike Nendaka s’appuie sur son expérience de campagne pour démontrer que les infrastructures routières et l’amélioration de l’agriculture doivent être les mamelles du développement durable de l’intérieur du pays contrairement au seul secteur de l’éducation.

Durant ma campagne électorale dans la province du Bas-Uele, plus précisément dans le territoire de Buta. J’ai eu à parcourir non sans difficultés les 6 territoires qui le compose. Étonné des conditions inhumaines dans lesquelles vivent la population, je me suis ainsi permis de réunir quelques individus dans le but d’échanger avec eux, et voir les possibilités d’améliorer le vécu quotidien,” a-t-il raconté.

Et de poursuivre: “Voilà la rhétorique principale:
Nous possédons des terres fertiles, la force pour cultiver nos champs, et produire de grandes récoltes. Nos rivières possèdent des poissons en abondance.
Nos forêts regorgent des gibiers de tout ordre.
Faites nous des routes pour permettre l’évacuation de nos productions vers les marchés. Nous n’aurons plus à quémander pour la scolarité de nos enfants.
En plus, nous aurons également les moyens nécessaires pour les soins de santé, s’il y a des hôpitaux bien évidemment
.”

Ainsi il soutient sans ambage que la gratuité de l’école n’était pas la priorité des priorités au regard des besoins immenses des différentes communautés.

Cette enveloppe de 2 milliards pouvait permettre à désenclaver certaines provinces avec des voies routières pratiques. D’ailleurs, plusieurs territoires manquent cruellement d’établissements scolaires, et quand il y en a, c’est dans des conditions lamentables ou dans un délabrement hors norme,” appuie-t-il.

Certains élèves, affirme-t-il, doivent parcourir 30 km à pieds aller et retour pour tout simplement atteindre une zone scolaire. “Ainsi, que serait l’opportunité de cette gratuité, si meme les écoles ne sont pas facilement accessibles,” s’interroge-t-il.

C’est pourquoi il préconise d’aller progressivement avec l’ application de cette disposition constitutionnelle qu’est la gratuité de l’enseignement de base.

De la même manière, Mike Nendaka trouve que le démembrement des provinces était précipité, il se dit tenter de dire la même chose pour la gratuité de l’école.

“Gouverner, c’est prévoir,” conclut-il.

Thierry Mfundu