L’alternance pacifique survenue à la tête de la République démocratique du Congo en janvier 2019 n’a pas résolu la question de légitimité du Chef de l’État issu des élections. Comme Joseph Kabila en 2011, Félix Tshisekedi a été élu avec moins de 50% de l’électorat. Pour cause, la présidentielle à un seul tour à laquelle ont pris part plus de 10 candidats.

Le parti du député national élu de la circonscription de Luiza au Kasaï central, Delly Sesanga en conclave du 11 au 13 juillet a formulé la recommandation portant “rétablissement des deux tours de l’élection présidentiel” afin permettre à plusieurs congolais de s’identifier au président élu après les élections.

Et pour y parvenir, il passer par la révision de la constitution, sujet qui suscite tant de réticences tant dans la classe politique congolaise que dans l’opinion nationale. Mais Delly Sesanga met de garde-fous dans sa démarche. Bannir le tabou, tout en se gardant de toucher aux dispositions verrouillées de la loi mère. Notamment, le nombre de mandats limité à deux, chacun à 5 ans et l’élection au suffrage universel direct.

Selon lui, la constitution “est un acquis qu’il faut préserver et au besoin, si cet acquis arrivait à être menacé, il faut se mobiliser à nouveau contre retour en arrière. C’est une digue que le peuple RD-congolais a élevé sur la voie de la construction et de la consolidation de la démocratie“, a-t-il précisé.

Si révision de la constitution il y aura, il faudra en même temps en profiter pour ouvrir l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces jusqu’à ” toutes listes présentes à l’Assemblée nationales”. Aussi, “élargir la composition du Conseil supérieur de la magistrature à l’exécutif et à la société civile pour assurer un contrôle plus effectif sur le service public de la justice”.

Votée en 2005, la constitution de la République démocratique du Congo prévoyait l’élection du président de la République en deux tours au cas où aucun candidat n’obtenait plus de 50% au premier tour. À la veille des élections de 2011, la Majorité parlementaire acquise à Joseph Kabila a modifié cette disposition constitutionnelle pour ramener la présidentielle à un seul tour. A ce jour, c’est le FCC de Joseph Kabila qui détient encore la majorité dans les deux chambres du parlementaire.