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Le processus électoral en RDC inquiète de plus en plus

« Comment voulez-vous que l’on aille aux élections dans ces conditions? » La question est du député de l’opposition et président de l’Union Démocratique Africaine Originelle (UDA Originelle) Claudel André Lubaya. Le cadre du Rassemblement, comme sa coalition politique, réfute le processus électoral actuel, qu’il juge biaisé.

« Il est impossible de manifester à travers le pays. Personne ne peut librement exercer ses droits constitutionnels, quand on s’oppose, même politiquement au régime, on est réprimé: les manifestants sont tués à balles réelles; comment allons-nous voter dans ses conditions? » interroge-t-il.

« Une tricherie en préparation »

Un homme arrêté par la police, le 19 janvier 2015 à Kinshasa, en marge des manifestations contre le pouvoir de Joseph Kabila (Photo d'illustration). © AFP/Papy Mulongo
Un homme arrêté par la police, le 19 janvier 2015 à Kinshasa, en marge des manifestations contre le pouvoir de Joseph Kabila (Photo d’illustration).
© AFP/Papy Mulongo

Le Rassemblement avance également deux autres points qui rendent caduque le processus électoral actuel, dont le calendrier publié le 5 novembre dernier fixe la tenue du scrutin au 23 décembre 2018.  « La machine à voter est une manoeuvre pour falsifier les prochaines élections. Nous l’avons non seulement prouvé, mais le monde entier a entendu le chef de la majorité Aubin Minaku le confirmer« , explique de son côté le député Jean-Claude Vuemba, cadre de cette coalition de l’opposition. « La loi électorale a été également taillée sur mesure pour permettre à la Kabilie de voler la prochaine élection« , ajoute-t-il comme deuxième point.

En publiant le calendrier des élections, la Commission électorale a fixé notamment comme condition pour son respect: l’usage d’une machine à voter, qui réduirait le coût mais également la durée de préparation initialement prévue pour 2019. Pour autant, cette machine est redoutée par l’opposition après la diffusion des enregistrements audio d’une réunion de la majorité, où son Secrétaire général Aubin Minaku se ventait d’avoir « dupé tout le monde » en instaurant cette mesure.

Les Etats-Unis, le Canada et la Suisse ont également fait savoir leur désaccord au sujet de cette machine susceptible de faciliter la falsification de résultats électoraux. « Nous sommes préoccupés par le fait que la CENI se concentre sur l’utilisation d’un système de « machines à voter « , affirme un communiqué  publié par les trois pays la semaine dernière.

« La mise en oeuvre d’un tel système exige de la transparence auprès toutes les parties concernées en ce qui concerne les coûts et les risques. Il faut également avoir suffisamment de temps pour effectuer un examen juridique, des essais, une évaluation et offrir de la formation – aucune de ces étapes n’est achevée à ce jour ou n’est en cours. Le contournement de ces étapes et la mise en place d’un système de ce type et de cette ampleur à l’échelle nationale pour la première fois pourrait gravement compromettre l’élection présidentielle« , s’inquiètent les trois pays.

L’ONU de son côté, s’inquiète également du climat politique actuelle en RDC, caractérisée par une privation extrême de liberté et une répression systémique; mais aussi et surtout de la mise à l’écart des opposants congolais.

Crispation politique

Son Secrétaire Général António Guterres a haussé le ton sur le fait que certains opposants s’écartent du processus électoral en cours. « Je m’inquiète de voir des figures clefs de l’opposition continuer d’écarter toute participation au processus électoral. S’ils veulent faire entendre les voix de ceux qu’ils prétendent représenter, ces dirigeants doivent participer au règlement de la crise », dit-il dans un communiqué. 

L’Eglise catholique a lancé, à travers le Comité des Laïcs, une série d’actions visant à obtenir l’application intégrale de l’accord signé le 31 décembre 2016 et qui prévoit également des mesures pour détendre la tension autour des opposants. Les évêques appellent le pouvoir congolais à libérer les prisonniers politiques et à cesser les tracasseries envers les opposants, tout comme à organiser un processus électoral crédible.

Pour l’instant, Joseph Kabila et son pouvoir ont préféré répondre par l’armée et la police. Des tractations sont néanmoins en cours pour apaiser la situation. Les prochains jours pourraient connaître un tournant en République démocratique du Congo.

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