Les forces de la police sont intervenues mercredi dans la soirée au siège du parti présidentiel en RDC pour, selon des informations concordantes, disperser deux camps des militants qui s’affrontaient.

Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, plusieurs militants de ce parti historique en RDC ont été blessés par machettes ou par des jets de pierre, d’après plusieurs témoignages.

Derrière ces échauffourées, des partisans de Jean-Marc Kabund, ancien Secrétaire général de l’UDPS, qui a été désigné Président intérimaire depuis l’élection de Félix Tshisekedi, leader de ce parti; s’opposent à ceux de Jacquemain Shabani, responsable de la Cellule électorale du parti.

Au téléphone de POLITICO.CD ce matin, Mt Shabani explique l’incident: “Nous allions à une réunion et le comité d’accueille, c’était la police, qui, apparemment, avait des incrustions assez particulières. On nous a gazé. On a tiré, on nous a pourchassé d’ailleurs jusque dans la résidence de Papa Etienne [Tshisekedi]. On nous y a séquestré“.

Dans les faits, Jean-Marc Kabund a été élu à la vice-présidence de l’Assemblée nationale, et ne peut donc plus assumer ses fonctions combinées de Secrétaire général et de président intérimaire du Parti. Mais en croire Mt. Shabani, ce dernier peine à appliquer les textes du parti.

“On ne s’est pas battu 37 ans pour réclamer l’Etat de droit en RDC sans être capable d’appliquer le même principe au sein de l’UDPS”

Quand le Chef du parti est empêché comme actuellement, il y a un dictoire qui se met en place, composé de trois personnes, avec mission d’organiser les élections. C’est ce que nous sommes en train d’appliquer. Malheureusement, l’un des trois, qui est le gestionnaire au quotidien du parti [ NDLR: il faut référence au Secrétaire général Jean-Marc Kabund, devenu Président intérimaire depuis l’élection de Félix Tshisekedi] a un autre entendement, parce qu’il bénéficie d’un document qui n’a aucune référence statutaire et qui fait de lui le Président intérimaire du parti.

Jacquemain Shabani

Mais l’ancien Secrétaire général de l’UDPS du temps d’Etienne Tshisekedi, explique néanmoins que la situation sera reglée plus calmement, appelant à ne pas dramatiser. “Nous sommes en train de lui faire comprendre que ce document n’est pas statutaire. On doit rentrer dans les statuts et avancer. Mais il [Kabund] prend du temps à comprendre. Il finira par comprendre, tout va rentrer en ordre et on va aller au Congrès pour élire un nouveau Président”, dit-il.

“C’est des incidents malheureux, mais ça va se régler en interne. La question se pose sur le fonctionnement et l’organisation du parti, donc l’application des textes. On ne peut pas passer à côté”, ajoute-t-il, avant de poursuivre: “On ne s’est pas battu 37 ans pour réclamer l’Etat de droit en RDC sans être capable d’appliquer le même principe au sein de l’UDPS

Fondée par Etienne Tshisekedi, l’UDPS fut un parti historique d’opposition en RDC, avant d’accéder au pouvoir à l’issue de la présidentielle du 30 décembre dernier. Son candidat Félix Tshisekedi, le fils de l’opposant historique aujourd’hui décédé, dirige actuellement le pays.

Mais le parti est fragilisé par des luttes internes, visiblement liées à une course au pouvoir.

Jean-Marc Kabund est resté injoignable aux appels de POLITICO.CD. Mais plusieurs cadres du parti ont également minimisé les incidents d’hier, affirmant que la question allait bientôt trouver solution.

Litsani Choukran