RDC: Comment Nangaa a définitivement flingué ses machines!

Ni contestation, ni consécration. Les experts britanniques de la Westminster Foundation for Democracy (WFD) n’ont pas été tranchants dans la polémique qui anime le processus électoral en République démocratique du Congo au sujet des machines à voter, mais ont fait des “recommandations” qui assassinent peut-être définitivement l’usage de ces outils aux prochaines élections du 23 décembre.

Pour autant, c’est bel et bien la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui s’est mise elle-même dans ce pétrin. C’est d’elle qu’est venue cette bonne mauvaise idée en avril dernier.  Son vice-président de la CENI, Norbert Basengezi, avait annoncé deux appels d’offre internationale dont un pour l’audit du fichier électoral et l’autre pour la certification de la machine à voter ont été lancés. A la suite, John Murton, ambassadeur du Royaume-Uni en RDC, avait confirmé que son pays était disposé à envoyer des experts techniques pour évaluer et certifier ces machines. 

Sentant le piège se renfermer sur celle, la CENI reviendra sur sa décision.« Notre objectif est d’organiser les élections au 23 décembre. Le reste, c’est de la distraction », a tranché Corneille Nangaa, président de la Ceni, cité par Jeune Afrique en juin dernier.  « Dans tous les cas, la Ceni est en train d’exécuter le calendrier électoral, l’audit des machines à voter n’en fait pas partie », ajoute-t-il.

Trop tard. Les experts de la WFD sont déjà à Kinshasa. Par ailleurs, il est impossible de faire volte-face. La pression nationale et internationale monte autour de ses machines contestées par l’opposition, l’Eglise catholique et la Société civile. Une étude l’a même qualifié “susceptible de provoquer le chaos”. La France et les Etats-Unis ont également remis en question leur utilisation.

L’expertise qui tue les machines

A Kinshasa, durant deux mois, deux experts britanniques vont scruter la machine. Il n’est certes plus question de certification, une règle imposée par la CENI, croyant bien s’en tirer. Loin de là, ces britanniques vont trouver une façon bien maligne de remettre en cause les machines de Nangaa.

15 recommandations. C’est ce qu’on retiendra de leur rapport présenté lundi 17 septembre à Kinshasa. Tout en louant les qualités supposées des machines, ces experts posent de préalables casses-têtes quant à leur utilisation.  Si l’opposition a toujours rejeté ces machines sur base de suspicions, elle a néanmoins aujourd’hui une base solide des réclamations grâce donc à cette expertise.

De son côté, la Bretagne-Bretagne réclame déjà la mise en oeuvre de ces points.  John Murton, Ambassadeur britannique en RDC affirme que l’adoption des recommandations d’experts britanniques sur l’usage des machines à voter enverrait un signe encourageant pour des élections apaisées, crédibles le 23 décembre prochain. “L’Adoption de ces points d’attention sera un signe encourageant pour des élections apaisées, credible le 23 Décembre. Le rapport complet sera disponible sur la site de la CENI“, dit-t-il.

Problème, parmi ces points, il y a notamment des aspects qui nécessitent la reprogrammation même du logiciel des machines: Supprimer la fonction d’impression de code QR; Réviser le processus de confirmation du vote pour éliminer la fonction permettant d’enregistrer le vote lorsque l’électeur touche la photo du candidat; Créer un fichier log distinct pour permettre un audit.  Les 15 autres sont d’ordre matériel, mais dont la faisabilité dans le contexte politique actuel reste très faible.

Une manifestation du mouvement LUCHA est prévue le 20 septembre prochain pour exiger le retrait de ces machines, alors que le 29 septembre, une autre grande mobilisation commune de l’opposition est prévue. Désormais, les ant-machines pourraient alors exiger la mise en applications des recommandations britanniques, au risque de placer définitivement la CENI devant un fait accompli.

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