RDC: Guerre entre Kinshasa, Washington et la CPI autour du verdict final de Bemba

C’est ce lundi 17 septembre que la Cour pénale internationale (CPI) rendra en sa décision en appel sur une peine à l’encontre de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président et aspirant à la présidence de la République démocratique du Congo (RDC), dans une affaire de subornation de témoins. Alors que ce second procès n’était qu’un simple détail — Bemba ayant été acquitté dans l’affaire principale après avoir passé plus de 10 ans emprisonné et sachant que la peine initiale dans ce second procès n’était que de 18 mois — la situation prend des enjeux inattendus.

En effet, à Kinshasa,  le gouvernement a étrangement haussé le ton.  Après avoir dénoncé certaines autorités étrangères pour leurs “ingérences” dans le processus électoral en cours en RDC et qui auraient appelé à un « nouveau dialogue » avec l’opposition, le ministère congolais des Affaires étrangères a publié un nouveau communiqué explosif, menaçant de quitter la Cour Pénale Internationale (CPI).

« Plusieurs indices concordants indiquent que certains gouvernements exerceraient des pressions sur les juges de la CPI visant la politique intérieure, voire les questions sous examens par devant cette institution en relation avec la situation en RDC, susceptibles d’avoir une incidence sur le processus électoral en cours dans ce pays », affirme le document.

Selon plusieurs sources proches du gouvernement, les Etats-Unis sont soupçonnés de faire pression sur les juges de la CPI dans ce second procès de Bemba. La semaine dernière, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump,  John Bolton a menacé l’institution de sanctions si elle persistait à vouloir enquêter sur des crimes de guerre présumés en Afghanistan.  “Nous laisserons la Cour pénale internationale mourir seule. Après tout, et pour ainsi dire, la CPI est déjà morte à nos yeux“, avait-il dit. Pour Kinshasa, ces menaces visent en réalité les juges de  Cour pour statuer en faveur d’une annulation de la peine de Bemba, alors que ce dernier a été justement écarté de la prochaine Présidentielle à la suite de cette condamnation pour subornation des témoins.

Entre-temps, c’est la confusion entre les avocats de Jean-Pierre Bemba et le Cour. Dans une intervention à la presse, le leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC) a laissé entendre que sa condamnation n’était pas définitive. Ses avocats et proche espèrent dont un nouvel acquittement dès ce lundi.

Cependant, du côté de la CPI, Bemba été définitivement condamné. Margot Tedesco, chargée de la sensibilisation au bureau de la CPI  à Kinshasa a expliqué à POLITICO.CD en août dernier l’ancien vice-président est déjà condamné et que “seule sa peine reste à définir le 17 septembre prochain”. “Il a été condamné. La decision maintenant sera sur les peines le 17 septembre prochain” explique Margot Tedesco à POLITICO.CD.

En entendant le verdit, à Kinshasa, la tension monte d’autant plus que l’invalidation de Jean-Pierre Bemba pour la prochaine Présidentielle est entière basée sur cette condamnation. Et alors que la Commission électorale n’a pas encore conclu la liste définitive des candidats, un revirement de situation changerait énormément les choses.

3 commentaires
  1. D’apres tout les congolais se demandent pourquoi la CPI avait comis des telles erreurs. Si la cour penal international peut parvenir à être corrompu, donc le monde entier est corrompu.

  2. Ce sont des vastes blagues insupportables. L’heure n’est plus à la distraction. Nous voulons les élections crédibles et apaisées.

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