RDC: Céline Sikulisimwa préconise l’utilisation des sources d’énergie alternatives pour préserver la forêt congolaise

Depuis 2012, consécutivement à la décision de l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 décembre de chaque année la planète toute entière célèbre la journée internationale de la forêt. Cette année, dans le cadre de la mise en œuvre de ses objectifs de développement durable (ODD), les Nations unies ont ainsi choisi comme thème : « Les forêts et la santé ».

A cette occasion, Céline Sikulisimwa, Professeure de la faculté des Sciences à l’Université de Kinshasa, a dans un entretien accordé à POLITICO.CD, affirmé que cette journée joue un rôle très important surtout dans cette période de crise climatique tant décriée.

Selon elle, les pays qui disposent des forêts constituent un centre d’intérêt au niveau international, à l’exemple des forêts que détiennent la République démocratique du Congo qui, selon elle, ont fait que le pays soit classé deuxième poumon de la planète.

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« C’est pour dire que la forêt de la RDC est aujourd’hui fêtée autant que la forêt Amazonie etc. Mais notre pays a aussi cette particularité de disposer d’une forêt avec énormément d’espèces pour une bio-diversité, méga-biodiversité déclarée aussi au niveau de la plante », a-t-elle lancé.

Céline Sikulisimwa a également expliqué que la grosse difficulté demeure le fait que cette forêt constitue un recours pour la majorité de populations rurales qui vivent dans ces milieux, et en termes de moyens, une source d’énergie pour survivre. Ainsi, c’est le seul couac qui est rencontré, car la République démocratique du Congo étant « sous éclairé, la plus grande énergie utilisée c’est la biomasse dendroénergie et représente sur le bilan énergétique à peu près 95% et ça représente à peu près 400.000 hectares des forêts perdue désengagé sinon dégradé etc ».

Accentuation des actions de protection de la forêt

Dans son speech, Céline Sikulisimwa a vivement martelé sur le fait qu’au niveau international, il faudra impérativement actionner davantage pour que la forêt congolaise soit protégée. Cela inclut l’utilisation des sources d’énergie alternatives, en dehors de l’hydroélectricité. A en croire ses propos, la République démocratique du Congo compte énormément de sources d’énergie qui peuvent faire en sorte que la forêt congolaise ne soit pas touchée.

« Nous avons notamment l’énergie sous forme des déchets, comme le cas de la ville de Kinshasa, avec la revalorisation des déchets. Nous avons également les ressources pétrolières, nous pouvions regarder sur cet aspect comment trouver des sources d’énergies alternatives, nous avons le gaz du Nord-Kivu, qui peut empêcher à ce qu’on touche à la forêt. Nous avons également la géothermie, dans la partie Est, dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, aujourd’hui, on parle de transition énergétique, on peut recourir à ces énergies pour ne pas toucher à la forêt », a-t-elle expliqué.

Au-delà de cette réalité, cette scientifique a recommandé de voir le pays, en termes de potentialité, de développement de micro et pico-central hydroélectrique, car il existe actuellement différentes sources. Et les études qui ont été menées, ont prouvé qu’il y a plusieurs moyens de ne pas toujours attendre le barrage d’Inga au Kongo-Central, pour produire de l’énergie.

Céline Sikulisimwa préconise également la valorisation, l’optimisation et la capitalisation des valeurs que regorgent certains cours d’eau dans les milieux les plus reculés pour apporter de l’énergie afin que les populations locales ne touchent plus à la forêt.

Valorisation de nos propres richesses

Dans un autre chapitre, cette Professeure de l’Université de Kinshasa, a révélé que lorsque les essences de la RDC sont exportées vers l’extérieur « on les utilise sous forme de bois, on nous les renvoie sous forme des meubles. Et pour contrer cette domination, il faut impérativement valoriser les richesses locales en produisant des infrastructures pour les hôpitaux et écoles ».

« On devrait aussi trouver solution de ce que nous avons comme richesse, afin qu’elle bénéficie à nous-mêmes que nous puissions disposer de ces ressources, au lieu chaque fois d’attendre que le bois sous forme traitée nous revienne de l’extérieur », a-t-elle déclaré.

Avant d’ajouter qu’il est difficile d’empêcher à la population rurale de toucher à la forêt, car c’est cela constitue son milieu de vie et sa ressource.

« Par contre, on peut arriver à réduire cette pression, en leur apportant des solutions alternatives, c’est-à-dire que la forêt ne soit pas leur unique source, mais diversifier des sources économiques, en leur créant des industries, en leur permettant d’utiliser d’autres canaux pour évacuer leurs produits, je crois que la pression sur la forêt sera minimisée, surtout si on arrive à produire de l’électricité », a-t-elle conclu.

Olito MUKINZI, Journaliste contributeur

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