Attaque ADF à Maboya : Denis Mukwege condamne ces crimes et appelle les congolais à prendre leur destin en main

Les dernières attaques sanglantes des terroristes ADF ayant ciblées une structure sanitaire et des civils dont une religieuse, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2022 à Maboya, village situé dans la Province du Nord Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo n’ont pas laissé indifférent le Docteur Denis Mukwege.

Dans un message parvenu, dimanche, à POLITICO.CD, le Prix Nobel de la Paix affirme avoir appris cette triste nouvelle avec un effroi total et déplore ces énièmes crimes contre l’humanité.

« Nous condamnons fermement cette attaque attribuée à des éléments issus du groupe terroriste ADF dont le bilan humain provisoire est de sept personnes tuées, y compris la Sœur Docteur Marie-Sylvie Kavuke Vakatsuraki, qui a perdu la vie avec ses malades alors qu’elle était de garde au sein du Centre Sanitaire de Référence de Maboya géré par le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales du Diocèse de Butembo-Beni », a-t-il déclaré.

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Mukwege déplore également le pillage et l’incendie de plusieurs maisons ainsi que la destruction de l’Hôpital de la Communauté Baptiste du Centre de l’Afrique, situé à proximité du Centre de Santé de Référence de Maboya, au cours de laquelle une personne a perdu la vie.

« Ces crimes odieux ne peuvent rester impunis et nous exhortons les autorités congolaises à diligenter une enquête afin que les responsables répondent de leurs actes. Les hôpitaux ne peuvent en aucun cas être une cible et le personnel soignant et les malades doivent être protégés en toutes circonstances », soutient le célèbre médecin Congolais.

À en croire Denis Mukwege, cet énième crime de guerre s’inscrit dans la lignée de l’attaque de l’Hôpital de Lemera commis en date du 6 octobre 1996 et par lequel a commencé le règne de l’impunité dont jouissent les auteurs et les commanditaires de ce crime grave. « Le Massacre de Lemera est répertorié et décrit dans le Rapport Mapping publié par les Nations Unies en 2010. L’absence de réponse de la justice tant nationale qu’internationale face à ces violations flagrantes des droits humains et du droit international humanitaire alimente la répétition des attaques sur les structures sanitaires jusqu’à aujourd’hui », évoque-t-il dans son communiqué.

Dans cette optique, Denis Mukwege appelle les congolais à prendre leur destin en main. « Peuple Congolais, mets-toi Debout et marche. Prends ton destin en main », a-t-il conclu.

Rapport Mapping toujours dans le tiroir

Dans la foulée, et avec ces massacres qui continuent dans l’Est, le Prix Nobel 2018 estime que le temps est venu de mettre en œuvre les recommandations du Rapport Mapping et d’adopter une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle pour briser le cycle infernal de la violence et de l’impunité qui détruit chaque jour le Congo. Pour lui, la justice est un impératif pour consolider l’état de droit et prévenir la répétition des atrocités de masse qui endeuillent chaque famille congolaise depuis plus d’un quart de siècle.

« Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes et à leurs proches, à l’Ordre National des Médecins, à la Congrégation des Petites Sœurs de la Présentation de Notre Dame au Temple de Butembo et à Mgr Sikuli Paluku Melchisedech, l’Évêque du Diocèse de Butembo-Beni », a-t-il indiqué, à la même occasion.

Et d’ajouter : « Nous invitons tous les médecins exerçant en RDC à manifester pacifiquement le jour de l’enterrement de la Soeur Docteur Marie-Sylvie Kavuke Vakatsuraki afin d’exprimer notre indignation face à ce crime qui menace l’exercice de notre profession et qui ne peut passer en aucun cas comme un simple fait divers ».

Serge SINDANI

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