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Chaque tour de magie est constitué de trois parties ou de trois actes. On appelle premier acte « le pacte ». Le magicien vous montre une chose ordinaire. Le deuxième acte s’appelle « l’effet ». Le magicien prend la chose ordinaire et lui fait faire quelque chose d’extraordinaire. Mais vous n’êtes pas encore prêt à applaudir par ce que faire disparaitre une chose n’est pas suffisant, il faut aussi la faire réapparaitre. Ce troisième acte, qui consiste à faire réapparaitre la chose disparue, c’est le « Prestige ». L’ensemble du tour vous étourdie, vous êtes mystifié. En matière de douane et de structure de prix en République démocratique du Congo, la Société de Transport du Congo sarl, connue Trans Congo SARL ou STC, qui a son siège social au n°3100, avenue des Poids lourds dans le quartier Kingabwa, commune de Limite ; pourrait, au regard des documents analysés par POLITICO.CD, avoir opéré l’un des plus grands tours de magie. Tenez, « le pacte », la première partie du tour, commence ici par une cargaison de 5 containers de 40 pieds contenant 135 tonnes de « dos de poulet » en carton de 10Kg importés des Pays-bas (Europe). Pour cette importation, la société a souscrit une License auprès de la banque « SOFIBANK », au numéro 0805060-BDEB-IB. Arrive ensuite l’effet, la deuxième partie de la magie. Cette partie est faite grâce à ce qu’on appelle dans le secteur « le Commerce Triangulaire ». D’un côté, l’importateur, Trans Congo SARL, achète réellement …

Matadi, capitale de la province du Kongo central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, est une ville portuaire. Elle abrite le principal port maritime du pays. La ville dépend donc essentiellement de ce port que nous analyseront dans les prochains actes. Au numéro 28 de l’avenue Kinkanda, dans la commune de Matadi, la Société nationale d’Investissement et Progrès Social (SNIPS) y a ses sièges, discrètement. Cette société nous est inconnue jusqu’à ce que nous tombions sur un ensemble de déclarations totalement loufoques. En effet, celles-ci affirment que durant la période de janvier à septembre 2020, SNIPS qui œuvrent dans le commerce de denrées de première nécessité, fait 290 déclarations douanières de 587 contenairs faisant 15.700 tonne de divers produits alimentaires congelés. POLITICO.CD a reçu 6 pages de relevés des produits concernés. Ces documents renseignent qu’il s’agit de plusieurs produits de nature différentes telles que les Cotis de coche, cuisses de poulet, babines de bœuf, poulets nus, saucisses, cous de dindes, sternum de porc, etc. Par ailleurs, sur ces mêmes documents, sont nommés les origines de chaque produit. Certains sont venus d’Allemagne, l’Inde, Brésil, Canada, Pologne, France Angleterre, Argentine, Belgique, Russie, Ukraine, etc.  Rien d’anormal, pourrait-on dire. Cependant, la société prétend que ses produits ont tous, de manière unanime, la valeur uniforme et invariable déclarée de 0,40 $US le KG, indépendamment de leurs origines et de leur nature. « Nous disons qu’il s’agit d’une supercherie qui viole manifestement la législation douanière en matière de valeur en douane des marchandise …

L’an 2012. Joseph Kabila, qui vient de remporter difficilement la présidentielle de 2011, met en place un gouvernement des « technocrates », dirigé par Augustin Matata Ponyo, miraculeux survivant d’un crash dans l’Est, et surtout ministre sortant des Finances. Avec cette équipe gouvernementale des « surdoués », Kabila veut prendre le principal problème du Congo par les cornes, celui du ventre. Rapidement, Augustin Matata met en place une « troïka stratégique », constituée du ministre d’État au budget, des ministres de l’économie, des Finances et du gouverneur de la Banque Centrale pour piloter les principales missions de son gouvernement.  Cette commission entreprend d’abord de faire un état de lieux. Elle commande un rapport d’évaluation de la situation du commerce triangulaire auprès du cabinet MENAA Finance. En octobre 2013, le cabinet basé au Maroc rend un rapport des résultats de ses études, consulté par POLITICO.CD. Le rapport constitue la seconde partie de l’audit des prix et du commerce triangulaire réalisé par la société pour le  compte  du  Ministère  de  l’Économie  et Commerce  de  la  RDC.  « Ce travail se base sur un long processus, démarré en octobre 2012 à Kinshasa puis Matadi et poursuivi dans plusieurs pays d’origine ou de facturation des denrées alimentaires dites de première nécessité en RDC », explique-t-il. L’étude, renseigne son rapport, met en lumière la réalité de l’inflation qui frappe les produits de consommation de masse et l’empilement des marges non réglementaires, les raisons possibles de cette inflation (exposition aux risques de change, faible compétitivité du …

Mohamed et Kasongo, deux entrepreneurs, décident d’importer et vendre des biens de première nécessité en République démocratique du Congo. Leur fournisseur commun est basé aux États-Unis. Nos deux importateurs achètent chacun 200 tonnes de « poulets nus » d’une valeur de 0,91 $US par Kilogramme. Ils louent chacun un bateau pour acheminer leurs marchandises en RDC. Au Congo, la principale porte d’entrée c’est le port de Matadi, dans le sud-ouest du pays, à quelques 400Km de la capitale Kinshasa. Une fois que la marchandise arrive, Mohamed et son concurrent Kasongo doivent passer à ce qu’on appelle « le dédouanement ». Au pays de « FATSHIBETON », le dédouanement commence par une autre procédure : les formalités d’enregistrement des commerçants. Requises à l’exportation des marchandises, elles sont applicables également à l’importation.  Ces formalités d’importation sont traitées par un guichet unique depuis janvier 2010 et requièrent la souscription préalable d’une déclaration ou licence modèle « IB » (importation des biens) auprès d’une banque, la Banque Centrale du Congo (BCC) ou une banque commerciale agréée. En effet, sous l’autorité du Ministère du Commerce Extérieur et du Ministère des Finances, la réforme du Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur (GUICE) est opérée par SEGUCE RDC SA, opérateur privé dans le cadre d’un partenariat public-privé, selon les meilleures pratiques internationalement reconnues. Par le décret N° 019/15 du 14 octobre 2015 le Guichet Unique du Commerce Extérieur a été instauré pour répondre à la nécessité de simplifier, par voie électronique, les procédures de tous les services …

« Le prix d'achat d’un véhicule à l’étranger est inférieur au coût de la douane!!!!! Une situation irréaliste vécue en RDC au port de Matadi. Or, la RDC ne fabrique même pas des boulons. Bien sûr, personne ne va régler ce problème pourtant simple », s’écrie Litsani Choukran, le patron de POLITICO.CD, depuis son compte twitter. Nous sommes le 24 avril 2019. Le directeur général du Groupe Léopards vient de faire connaissance avec les services douaniers de Matadi. Le choc est remarquable. Pourtant, parmi des centaines de réactions à ce tweet, nul ne semble s’en étonner. Le mal douanier paraît plutôt être connu de tous en RDC. « Mais pourquoi diable, personne ne tente de le résoudre », s’interroge-t-on.  La recherche de cette réponse durera jusqu’à la publication de cette enquête qui nous amène un peu partout. Beforward.com est une plateforme de vente de véhicules d’occasion en ligne, basée au Japon. La structure revendique fournir des clients de plus de « 200 pays en vendant une plus large gamme de produits, notamment des voitures d'occasion, des pièces automobiles, des machines lourdes, des produits électroniques et des biens de consommation ». Elle note, sur son site internet, plus de 2,5 millions de clients, avec plus de 166 745 unités en tant que volume d'exportation annuel pour le dernier exercice (2019).  En janvier 2019, Litsani Choukran tombe sur une Range Rover modèle Discovery année 2006 en promotion. Le véhicule coûte 6900 dollars américains. En sautant sur l’occasion, le vendeur lui envoie une …

INTRODUCTION. Élément vital de politique publique et économique en République démocratique du Congo, les douanes contribuent à elles-seules, selon des sources concordantes, jusqu’à hauteur de 40% dans le budget national, ce qui en fait un enjeu majeur. L’actuel budget annuel du pays tourne autour de 5 à 6 milliards de dollars américains. Les douanes sont donc également un domaine juteux. Mais à l’image du pays, gangrené par la corruption et le clientélisme, les douanes ne sont pas épargnées. La Direction générale de douanes et assises (DGDA) est la police des douanes en RDC. Mais elle aussi est malade. Nouvelles mises en place, changement d’équipes dirigeantes, modernisation, informatisation, des initiatives pleuvent depuis l’indépendance de la RDC en 1960 pour la rendre non seulement efficace, mais également pour éradiquer la corruption endémique en son sein.   En 2016, le Directeur général de la DGDA, Déo Rugwiza, avait lui-même ouvertement dénoncé la fraude douanière à grande échelle au poste frontalier de Mahagi, à 175 km au nord de Bunia (Ituri). Selon M. Rugwiza, l’entreprise Ingenieria et innovation basée en Ituri aurait fait entrer de force des camions citernes de carburant importé de l’étranger sans rien payer à l’État. Des accusations que rejetteront les responsables de l’entreprise incriminée. L’affaire avait tout de même relancé le débat sur la problématique de l’efficacité des mécanismes mis en place pour lutter contre la fraude douanière en RDC. L’arrivée du président Félix Tshisekedi a auguré une ère nouvelle. Le nouveau Chef de l’État a juré de mettre fin à …

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