Cadre du Rassemblement, François MUamba, président de l’Alliance pour le Développement et la République (ADR), a accordé une interview exclusive à POLITICO MAGAZINE, affirmant que le président de la Commission électorale nationale indépendante a fait le choix de “disparaître”.

POLITICO.CD François Muamba, le Rassemblement est-il menacé d’explosion à cause du dossier du candidat président ?

François Muamba: Absolument pas, le penser c’est méconnaître la raison d’être de cette plateforme politique. En effet, le Rassemblement est un regroupement des forces politiques et sociales qui ont, sous la houlette d’Etienne Tshisekedi d’heureuse mémoire, décidé de mutualiser leurs moyens et de fédérer leurs efforts pour obtenir l’alternance politique inscrite dans notre constitution. Ce n’est donc pas une structure électorale. Elle pourrait le devenir, mais à ce stade chaque composante membre est libre d’affiner en toute indépendance ses stratégies en rapport avec les élections à venir, en ce compris l’élection présidentielle.

Quel est votre avis sur une candidature commune de l’Opposition à la présidentielle ?
Elle est la bienvenue dans ce scrutin à un seul tour. Cependant, une plateforme électorale se constitue certes autour d’une personnalité, mais nous parlons là d’une personne qui incarne avant tout un dessein. Ensuite, cela suppose une certaine culture politique où le moi est susceptible de s’effacer devant l’intérêt général. En sommes-nous arrivés là ? Honnêtement, je pense que la nouvelle génération de politiques comprend des hommes qui en sont capables.

A l’heure actuelle, est-il possible d’organiser des primaires de l’Opposition ?
Les primaires sont une forme d’arbitrage. La bonne question est donc celle de savoir si, à ce jour, il y a des offres politiques au sein de l’Opposition congolaise dont les contenus nécessiteraient un tel arbitrage.

Avec Félix Tshisekedi, nous travaillons à bâtir un tel projet. Le moment venu, nous verrons bien ce que les autres – l’Opposition est plurielle -, auront produit et il sera alors temps de trouver la meilleure formule possible d’arbitrage en vue de faire en sorte qu’au bout du compte, il n’y est qu’une seule gagnante : notre mère patrie. J’insiste, à l’attention de ceux qui prônent un rapprochement « autour des idées », qu’il y a un préalable : où sont ces idées ?

Parlons élections. Le président de la CENI affirme qu’il ne serait pas possible de les organiser cette année. Qu’en pensez-vous ?
Ce qu’on demande à M. Corneille Naanga, c’est d’organiser les différents scrutins électoraux en respectant la constitution et les autres textes pertinents en la matière dont l’Accord de la Saint Sylvestre. Au lieu de cela, il se comporte en élément supplétif dédié à la justification de l’injustifiable au motif qu’il doit à tout prix satisfaire la volonté de celui qui l’a installé dans le fauteuil qu’il occupe. Reconnaissons-le, le président de la CENI a fait son choix : celui de disparaitre en même temps que son commanditaire désormais illégitime.

François Muamba, les opposants ne sont-ils pas impuissants d’obtenir la tenue de ces élections ?
Mauvaise question car aucun opposant ne s’est levé avec pour agenda : je veux des élections. Le combat que nous menons aux côtés de Félix Tshisekedi et tous les autres camarades du Rassemblement nous transcende. N’oublions jamais que c’est pour assurer à nos enfants d’hier, d’aujourd’hui et de demain un Congo uni, un Congo en paix, un Congo stable et qui se développe qu’a été conclu le Pacte Républicain en 2003 à Sun-City.

Aux termes de cet Accord, nul Congolais n’est fondé d’exercer la Magistrature suprême dans notre pays plus de dix années successives. Peu importe donc le risque d’échouer, peu importe le temps que cela nécessite, il s’agit d’un combat sacré que tout patriote se doit de mener pour que vive le Pacte Républicain et que vive ainsi la terre où nos ancêtres reposent