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La MONUSCO fustige des discours « hostiles » qui tendent à la tenir pour « responsable » des défis sécuritaires en RDC

Les violences contre la mission onusienne en République Démocratique du Congo ( Monusco) ont monté d’un cran dans l’Est, tourmenté par la résurgence des groupes armés et d’agression étrangère depuis novembre 2021. La MONUSCO est sous pression populaire depuis deux jours à Goma. Ces manifestations ont dégénéré jusqu’à Butembo, une ville commerciale située à une centaine de kilomètres de Goma, au Nord-Kivu.

Ces soulèvements ont refait face quelques jours après un meeting populaire de tous les enjeux tenu par un responsable politique congolais appelant cette mission de l’ONU de quitter le pays, vu son faible bilan, 20 ans après.

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Dans une note verbale discrète parvenue, mardi, à POLITICO.CD, la MONUSCO se dit inquiète des discours du genre et saisit, quant à ce, le ministère des Affaires étrangères de la RDC. Elle sollicite, en même temps, l’urgente attention du gouvernement face à la situation qui prévaut dans l’Est.

« La Mission relève avec regret et inquiétude, en ce mois de juillet 2022, une recrudescence de discours hostiles à la MONUSCO émanant de représentants de l’État ou de ses institutions, de personnalités et figures publiques, de groupes d’influence ou de personnes présentées comme membres influents de la société civile aussi bien à Kinshasa que dans les provinces de l’est du pays, en proie aux attaques renouvelées des groupes armés. Ces discours tendent à tenir la mission onusienne pour responsable des défis sécuritaires auxquels fait face le pays, ou à la présenter comme complice des abus et violences commis par ces groupes armés, dont l’objectif principal est la déstabilisation de la République démocratique du Congo », peut-on lire.

Pour la MONUSCO, sa présence en République Démocratique du Congo est revêtue d’un mandat bien déterminé qu’elle doit accomplir et ce, sur sollicitation du gouvernement congolais.

« La MONUSCO voudrait, par la présente, souligner une fois de plus que l’unique objectif de ses opérations en RDC est de mettre en oeuvre le mandat lui confié par le Conseil de sécurité des Nations Unies, et en particulier l’appui au gouvernement dans la protection des civils et la stabilisation dans l’est du pays. La Mission s’emploie quotidiennement, de manière transparente et en coordination avec les autorités de l’État hôte aux niveaux central et provincial, dans la limite de ses ressources et de son mandat, à contribuer aux efforts du Gouvernement en la matière », explique la mission onusienne en RDC.

Dans la même foulée, la Mission de l’ONU a rappelé les termes de l’Accord du 4 mai 2000 entre l’Organisation des Nations Unies et la République Démocratique du Congo concernant le statut de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (« Accord) en ses paragraphes 48 et 49 qui stipulent que : « 48. Le Gouvernement prend toutes les mesures utiles pour assurer la sécurité de la MONUC et de ses membres. A la demande du Représentant spécial du Secrétaire général, le Gouvernement assure la sécurité voulue pour la protection de la MONUC, de ses biens et de ses membres pendant l’exercice de leurs fonctions. 49. Le Gouvernement se charge des poursuites contre les personnes relevant de sa juridiction pénale et accusées d’avoir commis, à l’égard de la MONUC ou de ses membres, des actes qui, s’ils avaient été commis à l’égard des forces du gouvernement ou de la population civile locale, auraient exposé les auteurs à des poursuites. »

« A cet égard, la Mission encourage vivement le gouvernement de la RDC à oeuvrer, par les moyens régaliens dont il dispose, à adresser l’hostilité très préoccupante décrite ci-dessus, et à contribuer activement à faire baisser les tensions et les risques qui se développent à l’encontre de la MONUSCO. La Mission prie le Ministère de bien vouloir accorder à la présente sa bienveillante et urgente attention. La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo saisit cette occasion pour renouveler au Ministère des affaires étrangères de la République démocratique du Congo les assurances de sa haute considération », a martelé la MONUSCO, dans la même note verbale.

Il sied d’indiquer qu’au moins 17 personnes ont été tuées au cours des manifestations réclamant le départ de la MONUSCO depuis lundi, au Nord-Kivu. 6 manifestants ont été tués à Goma, et au moins 8 autres et 3 membres de la Monusco à Butembo, ce mardi.

Selon le bilan dressé par le baromètre sécuritaire, à Goma, plus de 127 manifestants ont également été blessés selon des sources hospitalières, et au moins trois bases de la Monusco ont été pillées et incendiées. Des appels à manifester continuent de circuler, apprend-t-on.

Serge SINDANI

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