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RDC: « Tant que les menaces subsisteront, l’état de siège subsistera » (Patrick Muyaya)

Au cours de l’émission « Appel sur l’actualité » de la Radio France Internationale (RFI), le Ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, s’est exprimé pour la unième fois au sujet des opérations militaires menées depuis 6 mois dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans le cadre de l’état de siège.

Patrick Muyaya a tout d’abord réagi aux allégations selon lesquelles l’état de siège ne aurait pas été préparé avant sa proclamation. A ce sujet, il a martelé que cette mesure n’est pas le résultat d’une improvisation bien au contraire, argumente-t-il, « la planification avait été faite avant par le Président de la République ».

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« Qu’on ne vous trompe pas, nous quand on arrive, l’état de siège c’est la première décision que nous prenons avec mon collègue de la défense et tout le reste mais il y avait une planification qui avait été faite avant par le Président de la République, ce n’est pas une décision qui arrive comme ça, il n’y a pas d’improvisation », a affirmé le porte-parole du gouvernement.

Et de renchérir : « Il ne faut pas considérer les difficultés opérationnelles que nous avons avec notre armée et d’ailleurs parlons du G5 Sahel avec tous les moyens que la France met, il y a déjà des résultats escomptés ? Est-ce-que les terroristes ont cessé de décimer les populations là-bas ? Donc il faut qu’on regarde la nature de la crise et la nature de ce que le pays offre ».

Aussi, Patrick Muyaya relève certains problèmes de mafias au sein des forces armées congolaises. Pour lui, la RDC doit avoir une armée qui va en opération mais aussi nettoyer les effectifs ainsi que la chaîne d’approvisionnement.

Évoquant la complexité de la situation sécuritaire de la partie Est du pays, le patron de la communication et des médias congolais stipule qu’il est impossible, même par coup du bâton magique de régler en 6 mois, un problème qui dure depuis plus de 20 ans.

« Nous avons aujourd’hui une armée qui a des problèmes mais sur laquelle armée nous devons compter pour régler le problème de l’Est, est-ce-que le Président Tshisekedi même par coup de bâton magique est-ce-qu’il peut créer une armée en 2 ans, 3,5 ans ? Et donc aujourd’hui, nous nous attelons à recréer … au sein de cette armée. N’oublions pas que la Monusco est là depuis 20 ans, aujourd’hui nous avons vu la gravité de la chose et nous travaillons à régler le problème. Mais il ne faut pas compter sur nous même si on a des dispositions, des ponctions magiques de régler le problème en 6 mois un problème qui dure depuis plus de 20 ans », a soutenu Patrick Muyaya.

Par ailleurs, il a souligné que l’état de siège, est l’opération la plus « transparente » qui existe en République Démocratique du Congo à tous les niveaux et par conséquent, ajoute-t-il, « cette opération militaire spéciale (état de siège) subsistera tant que les menaces subsisteront jusqu’à ce car « il n’y a pas d’alternance à l’état de siège ».

« Est-ce-que vous savez que même la gouverneure de la Banque centrale est passée dire combien de dollars sont sortis, est-ce-que vous savez que tous les 15 jours nous, gouvernement nous faisons le point et nous allons au parlement. On dit que le président de la République dispose de la majorité parlementaire mais on nous a privé d’une loi d’habilitation pour proroger au niveau du gouvernement l’état de siège. C’est pour vous dire pour cette opération, tant que les menaces subsisteront, l’état de siège subsistera jusqu’à ce que nous allons trouver la solution parce qu’il n’y a pas d’alternance à l’état de siège », a-t-il martelé.

Proclamé depuis le mois de Mai dernier au Nord-Kivu et à l’Ituri, l’état de siège a été prorogé pour la onzième fois de suite par l’assemblée nationale.

Cette prorogation n’a pas fait l’unanimité. En effet, une cinquantaine des députés nationaux se sont opposés à cette prorogation sans obtenir avance « un plan de sortie ». Pour exprimer leur désapprobation, ils décidé de suspendre leur participation aux plénières à ce sujet et ont exigé les démissions du ministre de la défense et deux gouverneurs militaires.

Carmel NDEO

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