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Une prochaine fraude électorale se prépare déjà en RDC

Après une fin à minima heureuse et inattendue à l’issue du capharnaüm électoral de décembre 2018, les druides du chaos sont rentrés dans leurs laboratoires, à la recherche d’une énième formule pour défaire un peuple qui s’est tenu face à eux, afin d’arracher la première alternance à la tête du pays.

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Rêve parfaite. Dormir, se réveiller, être à la tête d’une heureuse fortune. Devenir milliardaire. Réussir. Avoir tous les bonheurs du monde et vivre longtemps. Pour une Nation, cela se résume un peu plus simplement : la prospérité ! Passant par la démocratie, socle d’une société égalitaire et libre, la Nation se développe et donc, prospère.  Si l’homme doit travailler pour atteindre ses rêves, la Nation aussi : avancer, se doter des moyens, des structures, des règles, et même des principes pour atteindre le sommet.

En 2003, Joseph Kabila réussit à calmer les ardeurs rebelles de ses frères et les réunit autour d’un butin commun à la tête de l’Etat : un plus quatre, partager toutes les richesses à cinq, diriger ensemble. La Nation doit se révéler certes, se développer et prospérer. Il faut des moyens, des principes et des règles.  Bonjour la démocratie. 2006, il faut aller voter. La Commission électorale sera le temple de la démocratie, le socle de la cohésion nationale, l’arbitre même du pouvoir. Les règles sont simples : cette maison cruciale sera dirigée par consensus. La société civile, ceux qui baignent dans les bas fond du Congo, ceux qui sont des peuples, ont donc le droit de désigner le président de cette Institution électorale. D’autres, divisés, opposants et pouvoir, en choisiront des membres. Très vite, un prêtre est désigné. C’est l’Abbé Malumalu. Il nous conduit vers les premiers pas douloureux de la démocratie. Ça tire à Gombe ; Bemba tente de renégocier les résultats des urnes. Mais le Congo aime la paix. Nous voilà, acceptant la victoire de Joseph Kabila, désormais toléré.

Une commission électorale en guerre contre la démocratie

Mais la suite est à l’image du Congo, l’histoire bégaie et recule. Elle flageole même. L’idéale d’une Commission électorale totalement indépendante n’était qu’un rêve. En 2006, Joseph Kabila y injecte un mode de succession qui sera à la base même de tous les maux électoraux au pays. Daniel Ngoy Mulunda, d’une suffisance à défier celle de Lucifer, succède à l’Abbé Apollinaire Malumalu et finit par organiser l’une des pires élections de l’histoire de l’humanité. En 2011, l’Assemblée nationale, la représentativité supposée des aspirations du peuple, s’en éloignait comme une peste. A la Présidentielle, Etienne Tshisekedi affirme l’avoir emporté à 76% contre 26% face à Joseph Kabila. Le chaos est total. La confusion est artistique.

Passons, le Congo prend sur lui. Mais il donne rendez-vous à Kabila et ses cinq chantiers manqués en décembre 2016. Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala barricadent les rues. Ils le paient cher. Les Kabilistes sont prêts à tout. Et, comme en 2011, ils sont réussis à placer un autre enfant de la maison, Corneille Nangaa, à la tête de la Commission électorale. Cette fois-ci, l’hécatombe es totale, Staline himself est appelé à venir prendre des cours : les machines à voter sont surfacturées. Les bureaux de vote seront fantômes. Des élus voteront depuis chez eux, avec leurs propres machines, les bulletins seront ensuite portés disparus. Nul ne saura réellement qui a voté qui. A Limete, sous une intense pluie et au bout d’innombrables luttes, des Congolais font la queue et cherchent leurs noms introuvables dans des listes concoctées dans un délayages total. La Cour constitutionnelle donne des décisions contradictoires qui dénaturent ses propres fondements…

Les Kabilistes veulent prendre leur revanche

Mais voilà. Il eut alternance. Malgré la pluie, le beau temps est arrivé en RDC. Le dauphin a échoué sur la plage. Le Raïs est à la retraite. Le fils du Sphinx est au Palais de la nation. Le Lider-Maximo est même inhumé avec honneurs. Un peu trop emberlificoté. La réalité est autre, beaucoup moins glamour certes. Pour autant, les druides Kabilistes, ceux qui ont pondu un dauphin carnivore qui voulait à tout prix être président, ne dorment pas. Ils veulent prendre leur revanche. Tenez : les voilà, débout, face à la Commission électorale, préparant le prochain coup. Dans une commission sanctionnée pour corruption, dont les dirigeants ont brillé par leurs capacités à créer le chaos, les voilà en train de fabriquer un futur président de la CENI.

Ronsard Malonda, le pauvre, était pourtant Secrétaire Exécutif de la CENI, sa plaque tournante, au cœur du chaos, au cœur des combines des machines à voter surfacturées et du tripatouillage des résultats en 2018. Le voilà, lui, que les druides ont choisi, pour succéder à Nangaa, un homme qui trop servi, trop terni pour se maintenir. La même méthode. La même recette. Tentant de rattraper leur défaite du 30 décembre 2018 : un homme « maison », fin technicien électoral, apolitique, ou du moins en apparence ; méconnu du public, mais qui bien un dortoir en son nom à Kingakati.

L’histoire est un éternel recommencement. Le soleil se lève, se couche et se relève. Mais dans cette continuelle ritournelle, il y a des peuples qui décident de changer l’issue des choses. Les Français l’ont fait. Marianne a tenu le Drapeau pour crier « Liberté , Egalité, Fraternité!». Washington Georges a dit non à la Reine ; Luc Nkulula ne s’est pas sacrifié pour rien. La roue peut tourner autrement. Il suffit, pour chacun de nous, de s’approprier ce processus dès le départ : du choix des animateurs de la CENI, à la reforme totale du processus électoral qui a montré ses limites. Oui ! Nous pouvons le faire, tout en ayant un regard fixé sur nos « détourneurs » des 100 jours à Makala. Nous sommes la majorité. Nous sommes le peuple. Rien ne devrait nous échapper. Plus rien ne devrait se faire sans nous. Rien, mais alors, plus rien, ne devrait être fait contre nous ! Nous sommes le Congo, alors, assumons-nous ! Sinon, payons les conséquences.

Litsani Choukran, Le Fondé

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6 Commentaires

  1. Votre article est un appel à la conscience collective.
    Je suis persuadé que pour empêcher ce projet maléfique, les victimes sacrificielles seront encore dénombrées parmi nous.

  2. Pourquoi avoir peur de Ronsard Malonda ?Quant on sais bien que il était la en 2018 et sa présence n’ a pas empêché SHADARY de tombé et Tshisekedi de Gagné ??? Tous ça vous cherché seulement a mettre des mauvaise idées dans des tétés des congolais au lieu de leurs apprendre a faire des bon choix ??

  3. Congolais mettons nous ensemble pour bouter tous ces gens dehors. Pourquoi ca doit etre seulement eux, ou sont les jeunes gens qui ont etudies.

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