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Tour de Babel interinstitutionnelle en RDC

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Tour de Babel est un mythe biblique signifiant actuellement un endroit où règnent le bruit, la confusion, où les gens ne se comprennent pas. Ça peut aussi désigner un lieu multiculturel où de nombreuses langues sont parlées. C’est à peu près ce que vit la RDC. Cette situation n’a pas débuté durant cette période d’état d’urgence, dicté par la pandémie de Coronavirus qui fait des morts à travers le monde, mais depuis le chant du coq.

Le président de la République s’était vu contraint de déclarer l’état d’urgence sanitaire qui fait référence à des mesures prises par un gouvernement en cas de péril imminent dans un pays. Certaines libertés fondamentales peuvent être restreintes, comme la liberté de circulation ou de la presse.

L’ordonnance décrétant cet état d’urgence sanitaire avait soulevé de vives polémiques au sein de la classe politique. Des boucliers ont été levés au sein de la coalition au pouvoir.

Le Front commun pour le Congo (FCC) avait crié à la haute trahison du Chef de l’État qui, selon ces alliés, n’a pas respecté la Constitution de la République. L’annonce de l’organisation d’un Congrès extraordinaire était crainte par le Camp pour le changement (CACH) qui soupçonnait son allié de mijoter un coup contre Félix Tshisekedi.

La tension a monté dans les États-majors politiques. La population retenait son souffle, ne sachant plus exactement ce qui allait arriver. Les alliés du CACH craignaient, eux, aussi la dissolution du Parlement. Il a fallu que la Cour constitutionnelle déclare « conforme à la Constitution », l’ordonnance présidentielle décrétant l’état d’urgence sanitaire.

Le Congrès semblait, ainsi, renvoyé aux calendes grecques. « Tshisekedi est sauvé de justesse », constate un sectionnaire du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), sur un plateau de télévision. Pendant ce temps, au camp d’en face, on dissimule la déception.

Les mesures d’urgence sanitaires arrivaient à terme le vendredi 24 avril 2020. Et puisque la pandémie sévit encore et le nombre des contaminés accroît chaque jour, le Chef de l’État a écrit aux présidents de deux Chambres du parlement pour demander l’autorisation de la prorogation de l’état d’urgence sanitaire.

Mais dans l’ordonnance, Tshisekedi demande au Parlement et au Sénat de se réunir séparément conformément aux mesures d’urgence et de ne parler « uniquement » que de la prorogation. Voilà des termes qui n’enchantent pas les députés nationaux de la Kabilie. Pour eux, il s’agit d’un dérapage dictatorial. « Félix se comporte en dictateur », dénonce un haut cadre du PPRD.

Confusion

Le jeudi 23 avril 2020, les deux Chambres se réunissent sur demande du président de la République. Mais, elles s’éloignent ainsi de la ligne indiquée. Le même jour, l’état d’urgence reçoit le quitus des locataires du Palais du peuple. Il est prolongé de quinze jours.

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Mais le parlement est allé outre.  » Au lieu de se limiter uniquement à l’autorisation de la prorogation de l’état d’urgence, les deux Chambres ont inscrit d’autres matières au calendrier. Ce qui revient à dire que l’autorisation accordée, ils vont continuer à siéger, cette fois-ci avec d’autres sujets« , constate Adrien Shamavu, juriste de son état.

Des observateurs s’accordent sur un fait: il existe une dichotomie et un manque criant de confiance entre les institutions de la République. Conséquence d’un mariage contre nature. Les deux alliés, FCC et CACH, ne jouent pas franc jeu. Leur alliance peut être rompue à tout moment.

Dès lors que l’ordonnance présidentielle n’est pas respectée à la lettre, il y a lieu de déduire que la collaboration interinstitutionnelle est de façade. Chacun cherche à déceler l’erreur chez l’autre pour l’accuser. Les juristes commentent cette cacophonie en sens divers, selon leur obédience politique.

Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, va-t-il interdire la continuité des séances ? Lui qui rappelait les mesures d’urgence quand il fallait organiser le Congrès.

Des actes qui frisent la méfiance, alors que le peuple attend tout d’eux, dirigeants.

Même confusion entre le ministre de la Justice et la magistrature. Ça sent aussi la tour de Babel dans ce domaine où une ingérence est dénoncée.

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Le Comité des laïcs catholiques (CLC) s’en est mêlé en mettant en garde le ministre de la Justice.

Pour la majorité de la société civile, le ministre du FCC veut pérenniser l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, pratique moyenâgeuse tant décriée.

Cette situation confuse s’observe dans presque tous les domaines de la vie politique.

Les gens meurent au Kongo Central. Les adeptes de Ne Mwanda Nsemi ne veulent pas des non originaires, en ce 21e siècle. La confusion est totale.

Les uns et les autres vivent en chiens de faïence, prêts à bondir à tout moment.

Pourtant, ce n’est pas ce que la population attend d’eux. L’unité et la cohésion de tous, voilà ce que demande le peuple.

Édouard Bajika

4 Commentaires

  1. Monsieur le journaliste, en démocratie il ne faut pas s’ attendre à un langage toujours concordant entre les institutions, c’est ça le choc des idées, il n’y a que dans les dictatures que ce que vous suggérez se passe

  2. J’en suis d’accord de cette idée, car là où il ya la tour de Babel la paix ni ait plus
    Notre beau pays a un président lettré qui décide selon la constitution alors je vous invite à lui laisser travailler tranquillement comme étaient des autres.

  3. Je m’appel Elia Kalindi Blessing du sud kivu à Bukavu mais je vit en ouganda! vu ceque le gouvernement de mon pays est entré de faire au peuple congolais je trouve que nous restons toujours dans un Etat aveugle. ici en ouganda ont parle que le congo est un pays riche quand nous les natifs de ce pays nous n’avons aucun gout de notre pays. chèrs autorités congolaise, vous avez oublié votre travail en Rdc. est c’ ça le changement? qu’est ceque vous changez en Rdc svp, vous travaillez coment quand un petit pauvre come uganda trouve une route directe depuis sa frontière de bunagana jusqu’à la frontière de Kenya! Il existe une route bien goudronée qui lie un territoire à un autre au sud-kivu?

  4. J’en remercie beaucoup l’idée du chef d’État comme le garant de la nation qui est le nôtre
    Les autres en prennent des corruptions mais lui reste stricte sur sa décision
    Merci mon bon père qui aidera ce pays

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