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Félix Tshisekedi – Joseph Kabila : la rupture attendra

Nouveau un répit dans l’épreuve de force entre Félix Tshisekedi et son allié Joseph Kabila. Alors que le président congolais a semblé montré une vive volonté d’inquiéter ses alliés depuis plusieurs semaines, une rencontre entre les deux leaders va plutôt dans le sens de l’apaisement. Pour combien de temps ?

Félix Tshisekedi a fini par recevoir Joseph Kabila dans une rencontre tant attendue. Jeudi, en début de soirée, l’ancien président congolais a fait le déplacement vers le complexe présidentiel de la N’Sele, non loin de sa résidence privée à Kingakati, dans l’Est de Kinshasa, pour échanger avec son allié, le Chef de l’Etat congolais. Le rendez-vous, très attendu au pays, a débouché sur des appels au calmes.

Le communiqué final sent la main de Vital Kamerhe, un invité surprise de la rencontre, qui a rarement pris part à des échanges directs entre les deux autorités de la coalition au pouvoir. Ce document vient par ailleurs doucher ceux qui s’attendaient à la rupture. « Les Deux Hautes Personnalités ont constaté qu’il y avait réellement un malaise dans le fonctionnement de la Coalition, malaise dû essentiellement aux malentendus, à certains agissements, à des sorties médiatiques inappropriées dans les deux camps et à des incidents à l’égard des personnalités FCC à certains postes frontaliers« , affirme ce communiqué lu par Vital Kamerhe.

Au bord de l’implosion

Le fait est que la coalition au pouvoir en RDC traverse une zone de fortes turbulences depuis plusieurs mois. En décembre dernier, Albert Yuma, proche de Kabila et dirigeant du géant minier national, a vu la justice congolaise ouvrir des enquêtes contre lui, autour d’un présumé détournement. Ses enquêtes ont été largement soutenues par le président Tshisekedi. Par la suite, Emmanuel Ramazani Shadary, Chef du parti de Kabila et ancien candidat à la Présidentielle de la coalition de Kabila, est à son tour inquiété, tantôt interdit de voyager, tantôt menacé d’être déguerpi de sa résidence au centre-ville de Kinshasa.

Toutefois, les Etats-Unis qui parrainent le nouveau président congolais jugent ces résultats timorés. Tant, dans l’ensemble, les mesures restent politiques et n’ont aucune incidence sur le plan judicaire, en dehors d’une procédure endormie contre Albert Yuma. Une visite du Secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est annulée. Il préfère l’Angola à la RDC. Washington dépêche à Kinshasa Peter Pharm, Monsieur Grands Lacs de Donald Trump. A Kinshasa, au Palais de la Nation, l’Envoyé américain, aux côtés de l’Ambassadeur en poste, Mike Hammer, entourent Félix Tshisekedi et lui font passer le message. Le jour même, à l’aéroport international de N’djili, le cœur du système Kabila est frappé.

Kalev Mutond, maître espion de Kabila, voit la même agence de renseignements qu’il a dirigé l’interpeller et l’interroger pendant plusieurs heures. Il quittera les locaux de l’Agence au centre-ville de Kinshasa sans passeport, confisqué. Le voilà interdit de voyager. Par la suite, un deuxième élément, et non le moindre est frappé. Delphin Kahimbi décès, alors qu’il venait d’être suspendu de ses fonctions. Le Chef des renseignements militaires était interdit de voyager vers l’Afrique du sud où il est accusé de chercher à acheter des « équipements d’écoute ».

Le crash évité

Le vendredi 28 février, le jour de son décès mystérieux, c’était le troisième jour successif où il est interrogé par le Conseil national de Sécurité à la présidence congolaise. Les américains n’hésiteront pas à saluer les mesures prises par le pouvoir du président Tshisekedi. Mais la situation commençait alors à frustrer ses alliés du Front Commun pour le Commun (FCC). Une rencontre entre les deux leaders sera annulée à la dernière minute avant le départ du président Tshisekedi au Etats-Unis en février dernier.

Aujourd’hui, la rencontre de la N’sele semble tirer un trait aux affrontements entre les deux camps. Joseph Kabila et Félix Tshisekedi ont par ailleurs décidé de mettre en place un cadre permanent de concertation entre leurs deux camps. « Par ailleurs, les Deux Personnalités ont décidé de mettre à un niveau élevé, un cadre permanent de concertation », ajoute le communiqué qui fait également savoir que Joseph Kabila et Félix Tshisekedi ont décidé de « mener des réflexions dans le cadre de la Coalition pour la réforme de la Loi électorale et de la CENI. » Ils ont également accordé leurs violons autour de partage de postes dans les entreprises publiques. Selon plusieurs sources, 10 sociétés connaîtront des nouveaux dirigeants dans les heures à venir.

Pour combien de temps?

Une prise de position qui étonne, d’autant plus que le président congolais avait inscrit les derniers événements, touchant des Kabilsites, dans la ligne de sa lutte contre l’impunité. En outre, la situation risque de faire déchanter les évêques de la CENCO. Les catholiques avaient notamment appelé à mettre fin à une alliance « contre-nature », qui ne va, selon eux, pas dans le sens des intérêts des Congolais.

Les Etats-Unis n’ont pas encore réagi. A sa dernière rencontre avec le président Tshisekedi, qui n’a duré pas plus de 15 minutes, le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait réitéré le soutien de son pays au président Tshisekedi dans sa lutte contre la corruption. Si les Etats-Unis ont toujours ciblé les Kabilistes dans cette guerre contre la corruption, nul doute que l’issue de la rencontre d’hier risque de les déchanter.

Par ailleurs, les Congolais sont habitués à voir leur président et leur ancien président jouer au « yo-yo ». Toute l’année dernière, l’alliance entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila a donné lieu à des scènes étranges, poussant parfois l’actuel président congolais à se contredire. A sa prise des fonctions, il déclaré, depuis les Etats-Unis, vouloir déboulonner le système dictatorial de Joseph Kabila. Au retour au pays, il se contredit en déclarant tenir à cette coalition qui dirige le pays. Ce nouvel épisode n’échappe pas à la règle. La paix qui semble durablement acquise cette fois pourrait-elle être pérennisée pour combien de temps ?

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