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La descente aux enfers de Kalev Mutond

Il était l'un des hommes les plus puissants de la République démocratique du Congo jusqu'à l'arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019. Kalev Mutond, ancien maître espion de Joseph Kabila, paraissait intouchable. Mais en quelques jours, les choses se sont précipitées pour lui.

C’est l’histoire d’un maître-espion désormais traqué par sa propre agence. Mercredi à Kinshasa, alors qu’il rentrait d’un voyage d’Adis-Abeba, Kalev Mutond voit des agents de l’Agence nationale de Renseignements (ANR) le cueillir à l’aéroport international de N’djili. Il sera transféré aux locaux d’une agence qu’il a lui-même fauconné, au centre-ville de Kinshasa, pour un interrogatoire qui durera plusieurs heures.

Au départ, la situation est politique. Quelques jours avant, l’ancien Administrateur général de l’ANR avait menacé le parti de Félix Tshisekedi des révélations qui risquent de faire « parler les sourds-muets » en RDC. Mais la situation se complique pour lui. A l’issue de l’interrogatoire, Kalev Mutond voit son passeport être confisqué par « les services ». Il est désormais interdit de quitter le territoire national et doit se mettre à la disposition des services.

Selon plusieurs sources, dont RFI, l’ancien homme fort de Kabila est accusé d’atteinte à la sureté de l’Etat, un crime que lui-même connaît suffisamment. Dans sa tournée dans l’Est, M. Mutond aurait, semble-t-il, été en contact avec des « forces hostiles » au régime de Félix Tshisekedi. « De graves soupçons pèsent sur l’ancien numéro 1 de l’ANR qui, estiment ses successeurs, serait en intelligence avec des forces hostiles au régime actuel de Kinshasa. Ces derniers évoquent surtout des contacts qualifiés de « compromettants » que Kalev Mutondo aurait noués avec des groupes armés nationaux et étrangers qui écument l’Est de la RDC« , explique de son côté la RFI.

« Un tortionnaire »

A Kinsasa, nul ne pleure vraiment l’homme. Du côté de l’opposition et même des organisations de défense des droits de l’homme, on célèbre même cette « descente aux enfer » d’un homme longtemps perçu comme le « tortionnaire des forces de lutte pour la démocratie en RDC ». Originaire du Sud-Katanga, ce professionnel des renseignements, formé en interne, âgé de 57 ans a été sanctionné par les États-Unis le 12 décembre 2016 pour avoir  « entravé des processus démocratiques » et l’Union européenne l’a sanctionné à son tour le 29 mai 2017 pour avoir « planifié, dirigé ou commis » de graves violations des droits humains. L’Union Européenne également le maintient sous sanctions.

Pour Human Rights Watch, Kalev Mutond a été le principal architecte de l’entreprise de répression par le gouvernement de la contestation politique mise en place alors que le président de l’époque, Joseph Kabila, se maintenait au pouvoir au-delà de la limite de deux mandats autorisée par la constitution, en décembre 2016. « Sous la direction de Mutondo, l’ANR a été un instrument de répression politique contre les dirigeants de l’opposition et les activistes pro-démocratie et des droits humains, tout au long de la longue crise politique qu’a connue le pays« , dénonce l’organisation américaine en mars derniers.

Georges Kapiamba, coordonnateur de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), salue quant à lui l’interpellation« C’est une vraie rupture avec le passé, dans la mesure où Kalev Mutondo avait toujours été considéré, en RDC, comme faisant partie des personnes intouchables. Le fait qu’il a été interpellé, soumis à un interrogatoire et détenu pendant un bref temps avant d’être relâché sous certaines conditions, constitue vraiment une rupture », estime l’avocat.

Par ailleurs, d’anciens prisonniers d’opinion, qui s’estiment « victimes » de Kalev Mutond, ont annoncé qu’une plainte collective sera déposée ancien dirigeant de l’ANR. Le bâtonnier Jean Claude Muyambo Kyassa, l’homme politique Jean-Bertrand Ewanga, Vano Kiboko, Gecoco Mulumba et d’autres l’accusent de « tortures et emprisonnement illégal ».


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