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Ce que trame Joseph Kabila autour des résultats des élections en RDC

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Quitter le pouvoir sans le perdre. Jusqu’au bout, comme l’affirmait hier un proche du président congolais à POLITICO.CD, Joseph Kabila va se battre pour conserver son pouvoir. « C’est une question de vie ou de mort », disait-il. Dimanche pourtant, les choses étaient suffisamment claires au pouvoir. D’après plusieurs sources, y compris à la Commission électorale, une victoire d’Emmanuel Ramazani Shadary se tramait.

Citant des PV et fiches de résultats, un haut technicien de la CENI confirmait à POLITICO.CD des tendances en ce sens. Plusieurs cadres du pouvoir ont par la suite confirmé cette éventualité.

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Lundi, alors que la pression montait tant au pays que du côté de la Communauté internationale, Félix Tshisekedi, l’un des candidats majeurs de l’opposition à cette Présidentielle, a étrangement entamé un rapprochement avec le pouvoir. Dans une interview à la presse belge, il déclare quasiment sa flamme à Joseph Kabila que lui et son père, Etienne Tshisekedi, ont pourtant villipendé aux côtés d’autres opposants.

Mais tout s’explique. Derrière ce changement de ton, la coalition Cap pour le Changement a effectivement entamé des négociations avec le camp de Kabila. Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de l’UDPS, a fini par admettre les faits, affirmant qu’il s’agit d’un rapprochement pour une « remise et reprise ».  Concrètement, Joseph Kabila, en avançant l’hypothèse de faire gagner son candidat à la Présidentielle, une situation loin d’être vraie, risque d’imploser le pays. Beaucoup, au niveau de la Communauté internationale, ne pourraient pas soutenir une telle situation.

A ce titre, un accord est trouvé depuis mardi soir avec l’UDPS et Félix Tshisekedi à Kinshasa. De nos informations, nul ne connaît encore  son contenu. Mais il est clair qu’au moment où la Commission électorale a déjà entamé le processus de délibération, du côté du pouvoir, la thèse d’une victoire de Shadary a tout à coup disparu ce matin. Notre source à la CENI ne peut plus communiquer à ce sujet.

« Nous allons droits vers une situation où Félix Tshisekedi remporterait cette Présidentielle », confie une autre source sous le sceau d’anonymat.

Mais les spéculations sont intenses à Kinshasa. Et Joseph Kabila est réputé pour sa capacité à verrouiller les pistes. Déjà le choix de son dauphin en août dernier avait laissé place à une même situation de tension. Au CACH, on admet avoir paraphé un accord hier soir, mais on redoute une « filouterie de dernière minute ».

La Commission électorale a convoqué les journalistes cet après-midi à Kinshasa, les résultats seront publiés ce soir. En attendant, les langues sont liées pour l’instant. Certains croisent les bras, d’autant s’agitent. La coalition LAMUKA de Martin Fayulu, qui a déjà revendiqué sa victoire, prépare également sa réaction. A Kinshasa hier, l’allié de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba a mis en garde la CENI contre »toute tentative de travestir la vérité des urnes. »

« [Nous] appelons la CENI à publier, dans les plus brefs délais, les résultats provisoires de l’élection présidentielle, et à ne proclamer élu que le candidat qui a recueilli véritablement le plus de suffrages exprimés par le peuple congolais tels que consignés dans les procès-verbaux affichés devant les bureaux de vote« , a-t-il dit dans un communiqué avec six autres candidats.

Du côté des mouvements citoyens, on se prépare également à «se battre » pour la « vérités des urnes ». Mais en RDC, il est peu probable que les rues puissent se lever pour défier une alliance Kabila-Tshisekedi, qui deviendrait alors une partie considérable de la population et toutes les institutions en place.

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