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En RDC, écarter les machines à voter revient à retarder les élections

Alors que la campagne devrait débuter ce jeudi pour des élections prévues le 23 décembre 2018, une partie de l’opposition politique et des organisations de la société civile continuent de réclamer le retrait des machines à voter, au coeur d’une polémique depuis plusieurs mois. Si la Commission électorale nationale indépendante (CENI), soutenue par la coalition au pouvoir, a toujours rejeté cette option, elle a néanmoins communiqué cette semaine sur l’hypothèse.

« Il est techniquement impossible d’écarter la machine à voter« , affirme le secrétaire exécutif de la CENI Ronsard Malanda sur TOP CONGO. « On ne peut pas penser que comme politiquement tout est possible du jour au lendemain que techniquement tout est possible » ajoute-t-il. 

Entre report et transparence

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Pour autant, le débat sur les machines à voter n’a pas débuté aujourd’hui. En février dernier, Corneille Nangaa, président de la CENI, avait prétendu la même chose, affirmant même que sans les machines à voter, il n’aurait pas d’élections le 23 décembre. “Sans machine à voter, il n’y aura pas d‘élections le 23 décembre 2018”, avait-il dit avant d’ajouter:  « Les élections du 23 décembre 2018 se feront avec la machine à voter« 

Par ailleurs, l’opposition n’a pas une position commune à ce sujet. L’UDPS, principal parti d’opposition, veut aller à ces élections « avant ou sans » ces machines, par crainte de voir la Commission électorale reporter les élections. La coalition LAMUKA, qui est majoritairement soutenue par des candidats recalés de la Présidentielle, s’oppose à toute élection avec ces machines, soupçonnées de favoriser la fraude.

De son côté, l’Église catholique appelle à un consensus autour de la question. Le nouvel archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, semble embrasser la position de l’UDPS sur cette question. Dans une interview vidéo diffusée notamment sur internet, l’homme qui a succédé au cardinal Laurent Monsengwo estime que le plus important est la tenue des élections.

« La machine à voter n’est qu’un instrument, un outil pour accéder aux élections. La finalité, l’objectif, c’est ne pas la machine à voter. L’objectif c’est les élections. Et le CLC (..) travaille dans cet optique-là. S’il y a des questions autour de l’utilisation qui risquent de bloquer les élections, je crois que le CLC a le devoir de reconsidérer sa position« , dit-il dans cette interview avec la journaliste Rachel Kitsita.

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