Katumbi, Tshisekedi et Kamerhe vont-ils s’unir (encore) pour « chasser » Kabila?

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Les choses sont-elles en train de changer en République démocratique du Congo? Alors que l’opposition semble de plus en plus impuissante et en colère, des signes inattendus d’union font surface. C’est du moins ce qu’il faut croire, avec l’appel hier de Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).

Après avoir longtemps fait bande à part, l’homme – redouté du côté de Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi qui forment, eux seuls, une coalition certes isolée – semble plus que disposé à revoir son positionnement.  Dans une déclaration publiée ce lundi après-midi, le parti de Vital Kamerhe rejette l’annonce du président de la CENI, Corneille Nangaa, qui affirme qu’il n’y aurait pas d’élections avant au moins avril 2019.

« L’UNC invite-t-elle les forces politiques et sociales d’adopter un plan d’actions commun pour mobiliser notre peuple à réclamer son droit de se Choisir ses dirigeants, en application de l’article 64 de la Constitution afin defaire échec aux stratagèmes du régime en place tendant à instaurer une présidence à vie dans notre pays« , appelle le parti de Kamerhe.

Kamerhe fait peur

Sans être la première fois, l’appel de Kamerhe semble trouver écho du côté de Félix Tshisekedi, président du Rassemblement.  Pour Jean-Marc Kabund, Secrétaire général de l’UDPS, son parti soutient « absolument » la proposition de Vital Kamerhe. « Nous pensons que tout congolais épris du sens de justice, de liberté et de démocratie, et qui peut apporter sa pierre à ce grand combat que nous voulons à tout prix gagner, pour l’intérêt général, avant la fin de cette année, est la bienvenue« , dit-il joint au téléphone par POLITICO.CD.

Déjà en août dernier, Félix Tshisekedi avait lancé un type d’appel à tous les opposants pour s’unir autour de la proposition d’une transition sans Joseph Kabila. A présent, motivés par la sortie de la CENI, qui a scellé l’avenir des élections en RDC pour au moins 2019,  les anti-Kabila semblent n’avoir pas d’autres issues que de s’unir.

Néanmoins, la méfiance règne toujours, surtout à l’endroit de Vital Kamerhe, accusé, à cause de sa participation au Dialogue de la Cité de l’Union Africaine en octobre 2016, de jouer le jeu du pouvoir. A ce titre, Kabund appelle Kamerhe à prouver sa loyauté.

« Mais faudra-t-il que Monsieur Kamerhe, cette fois-ci, nous rassure aussi qu’il sera constant du côté du peuple, c’est tout ce que nous demandons. Nous ne pouvons pas lui refuser son aide, c’est ce que nous avons toujours clamé, l’unité de l’opposition. Monsieur Kamerhe doit aussi aujourd’hui dire au peuple congolais ce qu’il est capable de faire, jusqu’à la victoire finale« , explique-t-il.

Un retour en arrière

Au début de la crise politique en 2015, les trois hommes s’étaient affichés ensemble, dans une déclaration vidéo, annonçant une coalition pour faire face à Kabila. Toutefois, l’union n’a jamais duré longtemps.

« Il y a eu beaucoup de choses, notamment les activités du pouvoir qui a tout fait pour débaucher Kamerhe et ainsi déstabiliser l’opposition. Et le fait que Kamerhe ait finalement choisi de céder aux offres de Kabila, cela n’a pas aidé à la cause, il a brisé l’alliance« , explique un proche de Katumbi qui a requis l’anonymat.

Du côté de Kamerhe, on voit plutôt les choses autrement. « Il y a certes eu un choix. Kamerhe est un politicien et les politiciens doivent faire de choix qui s’imposent pour le bien du peuple. Nous avons choisi de dialoguer, parce que cela s’imposait, même le Rassemblement a fini par faire la même chose« , explique un cadre de l’UNC.

Pour lui, il y a tout aussi « l’attitude » de Moïse Katumbi qui a frustré Kamerhe. « Il [Katumbi] a voulu s’accaparer l’opposition à coup de dollars. Il voulait qu’on s’aligne derrière lui, ce qui est impossible. Nous luttions pour chasser Kabila, par pour faire de Katumbi président. Nous avons un leader qui a terminé troisième aux élections, comment prétendre valoir plus que lui? » interroge notre source sous le sceau de l’anonymat.

L’eau a coulé sous le pont, affirment nos deux sources. « Aujourd’hui, il est clair que nous tous réunis pouvons réellement faire partir Kabila« , dit le cadre de l’UNC.

L’Union s’impose affirment cependant les trois camps. En attendant, renseignent plusieurs sources, des « contacts » sont possibles entre les différentes forces de l’opposition, même si la tâche risque d’être compliquée. D’autant plus que Moïse Katumbi ou encore Sindika Dokolo, qui forment une aille beaucoup plus hostile au président de l’UNC, ne se sont pas encore prononcés à ce sujet.

11 Commentaires

  1. Ces politiciens veulent prendre le peuple en otage. Hier, ils étaient unis avec un slogan que tout le monde sait, aujourd’hui divisés à cause du pouvoir et demain, ils veulent nous faire croire qu’ils sont de nouveau ensemble en voulant utiliser l’article 64 dans sa 1ère partie et que dit le 2ème partie qu’ils cachent au peuple ( à mon avis). La constitution dit ceci : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. » Et la suite dit: « Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi. »
    Je ne savais pas que la suite existait jusqu’au jour où je suis tombé sur l’application que j’ai chargée sur mon portable. J’ai remarqué que nos politiciens utilisent souvent une partie d’un article au lieu d’utiliser l’article en entier, ce qui porte souvent confusion car chacun utilise la partie qui lui convient pour son intérêt personnelle et non du peuple.
    Mon souhait est que cette constitution soit distribué au peuple dans les 4 langues nationales(Lingala, Kikongo, Swahili et Tshiluba) comme ce fut le cas avec la 2ème république avec le manifeste de la Nsele.

    • SAUF QU’APRES LE 19 DECEMBRE 2016 CE REGIME N’EST PLUS LEGITIME, MALGRE LES MAGOUILLES DE LA PRETENDUE COUR CONSTITUTIONELLE SOUS LA BOTTE DE L’IMPOSTEUR KABILA. DONC ARTICLE 64 S’IMPOSE !

  2. Mes chères compatriotes je vous demande de ne plus faire une fois de plus confiance à mr.kamere qui a montré plusieres réprises qu’il jouait le jeu du pouvoir.yebela na traitre.

  3. SI CES TROIS (AINSI QUE DOKOLO ET MUKWEGE) S’UNISSENT AVANT TOUT DANS L’OBJECTIF DE CONJUGUER LEURS ACTIONS POUR CHASSER L’IMPOSTEUR KABILA QUI SE CRAMPONNE ILLEGITIMEMENT AU SOMMET, ET LE FAIRE SANS SE SOUCIER DE S’OCTROYER DES TITRES (SURTOUT LA PRIMATURE) SANS ELECTIONS, ILS GAGNERONT LA CONFIANCE DES CONGOLAIS QUI NE JURENT QUE PAR LE DEGUERPISSEMENT DU CRIMINEL VIOLANT LA CONSTITUTION ET ILLEGALEMENT AU SOMMET.

  4. voici le retour de pasi nayo , pasi na ngai qui sera encore rompu d’ici peu par le refus d’accepter « mwasi nayo, mwasi na ngai », « mbongo nayo, mbogo na ngai »

  5. Pour tous ceux qui luttent pour l’avènement de l’alternance politique, l’unité de ces trois pôles de l’opposition en RDC ne peut qu’être encouragée. Seuls les tenants du statu quo – se recrutent aussi bien dans la majorité que dans lopposition-peuvent s’y opposer. Mettons nos égos et nos ambitions de côté au moins le temps d’obtenir des élections le plus rapidement possible. Ensuite, chacun – s’il le faut – reprendra sa liberté. Prenons l’exemple des opposants d’autres pays africains. Merci

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