Cyprien Lomboto dans la tourmente

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La Tshuapa est sur le gril. Un homme symbolise à lui tout seul cette mésaventure. Désavoué par la population locale, honnis par l’Assemblée nationale, Cyprien Lomboto a inauguré la valse des gouverneurs déchus en octobre dernier.

Non content, l’ancien gouverneur s’est inspiré de l’épisode Jean-Claude Kazembe, en recourant à la Cour Constitutionnelle pour trouver une réhabilitation. Le 10 mars, Cyprien Lomboto est réhabilité dans ses fonctions. Il lance dans la foulée un appel à ses administrés à l’unité pour reconstruire cette province.

« Les administrés de la Tshuapa, ce n’est pas le moment d’aller en guerre. Nous devons nous mettre ensemble parce que nous avons un défi à relever: le développement de cette province. Les fils de la Tshuapa doivent se mettre ensemble pour se donner au travail. Nous avons la même culture, c’est un atout majeur pour que nous puissions regarder tous dans la même direction au lieu de créer des foyers des tensions inutilement », dit-il sur Radio Okapi.

On ne connaîtra jamais les raisons de cette remise en selle. Néanmoins, elle ne semble pas du tout être du goût tant du pouvoir que de la population de cette province du nord de la République démocratique du Congo. Car, entre temps, l’homme aurait eu l’idée de s’attaquer au vice-Premier ministre et ministre congolais de l’Intérieur Emmanuel Ramazani, à qu’il attribue son éviction.

Mercredi, Cyprien Lomboto est débarqué d’un avion qui devrait le ramener à Boende pur reprendre ses fonctions. Aucune explication officielle n’a été fournie. « Il a sans doute des comptes à rendre auprès de ses chefs. Ils l’ont imposé aux populations de la Tshuapa et aujourd’hui ils se rendent compte que cet homme est un véritable fardeau« , commente toutefois un député provincial à Boende, sous le sceau de l’anonymat.

En attendant, le retour gouverneur réhabilité devient hypothétique. Sur place, on parle même d’une nouvelle motion en cas s’il revenait. « Nous sommes prêts à lutter jusqu’au bout et contre vents et marrés pour faire partir ce Monsieur, nous ne voulons plus le voir ici« , ajoute le député.