A Beni, une enquête au coeur des massacres

Fiston Mahemba, l’envoyé spécial de Politico.cd dans le Nord et Sud-Kivu revient sur l’enquête de la commission nationale des Droits de l’Homme concernant les massacres à répétion à Beni, dans l’Est de la RDC.Partager :FacebookX

BENi RDC

Une délégation de la commission nationale des  Droits de l’Homme (CNDH) vient de terminer, ce vendredi sa première mission d’enquêtes sur le massacre des civils à Beni. Durant 3 jours d’investigation sur terrain, cette délégation s’est rendue à Beni-ville, Mbau et Oïcha avant plusieurs rencontres organisées avec les autorités locales , les responsables des Forces Armées de la RDC, la société civile ainsi que différentes victimes des massacres dans la zone.

À en croire des informations fournies par la division de l’information publique de la Monusco à Beni, à l’issue de cette première phase d’enquêtes, Maître Assani Kimwanga conseiller juridique de la Commission Nationale des Droits de l’Homme annonce que les recommandations issues de ces enquêtes seront adressées  au chef de l’Etat et au gouvernement Congolais pour l’amélioration de la situation sécuritaire dans la région de Beni .

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Pour lui, ce que cette délégation a constaté sur le terrain est atroce en parlant des massacres, viol, incendie des maisons, pillages des biens de populations,… Il souhaite qu’une attention particulière des autorités soit accordée aux victimes de cet activisme des rebelles ADF, pour une réparation . Il faut signaler qu’au cours d’une rencontre, les autorités locales et la société civile de Beni ont dit à cette mission de la Commission Nationale des Droits de l’homme que la non exécution de la peine de mort en RDC est un l’un des facteurs essentiels de la montée de l’insécurité et des massacres des civils à Beni.

Une position relayée déjà il ya quelques jours par le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku dans sa saisine au parlement Congolais proposant la suspension du moratoire de la non exécution de la peine de mort en RDC . Maitre Audifax Mutiri, secrétaire technique adjoint des questions juridiques de la CNDH a annoncé que cette demande de la société civile et des autorités de Beni sera transmise au président de la commission nationale des Droits de l’homme pour que celle-ci organise a Beni un débat entre les abolitionnistes et non- abolitionnistes avant d’en tirer les conséquences.

Pour rappel, cette mission d’enquête sur les massacres de Beni intervient après d’autres missions qui ont enquêté sur les mêmes faits notamment le Groupe d’étude sur le Congo, dont les enquêtes avaient abouties à la publication du rapport intitulé « Qui sont les tueurs de Beni ?« . Au lendemain de la publication de ce rapport en mars 2016, Jason Stearns, directeur de ce centre de recherche avait été expulsé de la RDC, le gouvernement l’ayant accusé d’avoir incriminé certains membres de l’armée Congolaise comme faisant partie du groupe d’auteurs de massacres de civils.

D’autres organisations non gouvernementales se sont penchées sur la même question, mais leurs rapports n’ont pas encore été publiés à l’instar de Human Rights Watch.

Les organisations locales de la société civile et les habitants de la région préconisent une enquête internationale indépendante sur ces atrocités. Plusieurs démarches dont des pétitions ont été amorcées pour emmener Fatou Bensouda, procureure général de la Cour Pénale Internationale à diligenter une enquête sur les massacres de Beni, qui ont fait plus de 1000 victimes civiles en deux ans.