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mercredi, avril 1, 2020
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Gilbert Kankonde pris en chasse par les FCC ?

Un des bras droits de Félix Tshisekedi, en charge du crucial portefeuille des affaires intérieures, Gilbert Kankonde voit la coalition de Kabila, emmenée notamment par le Premier ministre Sylvrestre Ilunga, lui mener la vie dure. A Kingakati, on aurait même demandé à Kabila la permission de le défenestrer. Combien de temps va-t-il tenir face à l’ancien pouvoir ?

C’est l’histoire d’une très longue confrontation. Tout commence dans le Kongo Central. Le gouverneur Atou Matubuana fait morde la poussière au candidat de la coalition Joseph Kabila. Mais cette dernière a l’occasion de prendre sa revanche quand, tout à coup, un étrange scandale sexuel revient en boomerang sur le visage de ce gouverneur obscur. Mais finalement, sur les roches de Matadi, Néhémie Mwilanya et ses cadres se heurtent une fois de plus à leurs limites. Basile Olonga, ancien Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, va convoquer le gouverneur à Kinshasa, sans rien décider. Entre-temps, Matubuana voit un intérimaire le remplacer temporairement, dans une décision qui cherche encore son fondement juridique. Mais l’Assemblée provinciale, pourtant majoritairement FCC, bloque toute décision de voir le gouverneur être remis aux mains de la justice. Ainsi, l’Assemblée provinciale du Kongo Central vote contre la décision de transférer Matubuana devant les instances judiciaires ; 2-0 !

Dans la foulée, Kankonde, à peine nommer, croit bien faire, en décidant de réintégrer le gouverneur dans ses droits. Aucune poursuite ne pesant contre lui, il peut dès lors reprendre son poste. La décision est vécue comme un double affront au FCC.  Aussitôt, dans une correspondance datée du 5 décembre 2019, adressée notamment au Président de la République Félix Tshisekedi, dont la copie atterrit sur la table de la rédaction de POLITICO.CD,  le Premier ministre Sylvestre Ilunga annonce l’ouverture d’une action disciplinaire contre le vice-Premier ministre Kankonde, s’appuyant sans rire sur la  position du FCC, qui a désavoué Atou Matubuana et du procureur général près de la cour de cassation qui a ouvert une action en justice contre le précité mais non abouti.

Vieille dent du Kongo Central

Lire: pourchassant Matubuana, le FCC découvre ses limites dans le Kongo Central
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Au-delà des exigences légales, l’orientation préalable du Premier ministre était d’autant plus requise que l’un des partenaires de la coalition au pouvoir à savoir le FCC avait publiquement désavoué le comportement du gouverneur et de son adjoint(…) et que le procureur près la Cour de Cassation avait ouvert un dossier pénal à charge des concernés et ceux, sans compter les diverses initiatives en cours au niveau de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central. De ce qui précède, je vous demande de me fournir dans le meilleur délai, vos explications sur votre comportement“, avait écrit Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

La colère de Sylvestre Ilunga se cachant derrière un fait simple : il aurait, d’après ses dires, appris avec surprise et à la télévision, la décision de Kankonde réhabilitant Atou Matubuana et qu’aucune correspondance ne lui a été adressé dans ce sens. “Alors que je suivais les informations à la Télévision le 29 novembre, j’ai été surpris d’apprendre comme tous les spectateurs que vous avez levé la mesure de suspension qui frappait le gouverneur et vice-gouverneur de la province du Kongo-Central à la suite de leur comportement“, peut-on lire dans la correspondance du 1er ministre.

Pour le chef du gouvernement, l’acte posé par le vice-Premier ministre de l’Intérieur a bafoué son autorité et porte atteinte à la cohésion de l’exécutif national d’où il est sommé de fournir à Sylvestre Ilunga Ilunkamba « des explications dans le meilleur délai possible »

Sylvestre Ilunga le traque

Mais les vociférations du Premier ministre ne rencontrent que la réalité dans le Kongo Central. Si l’Assemblée provinciale du Kongo central a initié une nouvelle motion de défiance contre le Gouverneur Atou Matubuana, alors qu’elle avait voté il y a si peu contre l’ouverture d’une enquête contre le même Matubuana, la séance plénière qui aillait traiter la motion voit d’étranges incidents l’affecté, où même des détonations d’armes ont été entendues. L’assemblée provinciale qui a migré dans un hôtel de la place, a examiné la motion de défiance contre Atou Matubuana et 24 députés provinciaux tous du FCC ont voté pour sa destitution.

Or le gouverneur Atou Matubuana et le président de l’Assemblée provinciale Anatole Matusila étaient rappelés à Kinshasa par le VPM de l’intérieur pour consultations. De cette situation, le FCC voit du ministre de l’Intérieur, la volonté de le défier. A Kingakati lors de la dernière rencontre entre Kabila et ses hommes, des informations sont état d’une demande auprès du Guide suprême pour le faire sauter.  S’ensuite alors le deuxième round de ce bras de fer.

A l’issue d’un Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi autorise alors la mise en place d’une Commission pour traiter de l’hémorragie qui menace les gouverneurs de provinces, après la destitution de celui du Sankuru, et les tentatives contre celui de l’Ituri.

Étrangement, Sylvestre Ilunga décide de confier cette commission à son pote du FCC, le ministre de la justice, alors que cette prérogative revient à  Kankonde. Curieusement, patron « de la territoriale » est le subalterne dans cette commission dont la responsabilité est confiée au ministre Célestin Tunda ; connu pour avoir tenté d’empiéter aux plantes bandes d’un autre ministre proche du président Félix Tshisekedi, dans un autre dossier.

Pour autant, l’article 53 alinéa 1 de l’ordonnance présidentielle du 10 juillet 2019 portant organisation et fonctionnement du Gouvernement et des modalités de collaboration entre le président de la République et le gouvernement et les membres du gouvernement stipule: ” que le premier ministre, le ministre d’État, le ministre présent convoque et préside la commission a laquelle il appartient”.

L’article 55 de la même ordonnance stipule ceci: ” en cas de nécessité, le Conseil des Ministres peut créer, a titre exceptionnelle, des commissions interministérielles et ad hoc, en vue d’étudier des questions spécifiques. La commission ad hoc est présidée par le Vice premier ministre, le ministre d’État, le ministre ou le ministre délégué principalement concernée par la matière traitée.”

Un passage que n’a lu ou n’a pas voulu lire le Premier ministre. Toujours est-il que Gilbert Kankonde lui a écrit, dans une autre correspondance atterrissant toujours à la table de POLITICO.CD. Et le vice-Premier ministre attend toujours la réponse, tel un chrétien attendrait le retour du Christ. En attendant, le bras fer continu, pour combien de temps ?

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1 COMMENTAIRE

  1. Le problème n’est pas si grâve que vous décrivez. FCC n’edt pas aussi fort que vous démontré.
    Une situation politique est un èvenement des plusieurs ressorts, donc, la persistance n’est pas dans la main du FCC.
    Gilbert Kankonde est un homme qui maitrise l’administration que vous le pensez.
    Ça finira sans éclat extérieur.
    Merci.

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