A l’image de la longue période qu’a prise la sortie du gouvernement, le socle de la coalition FCC-CACH, c’est la méfiance. Méfiance qui entraîne des duels à distance ou parfois frontaux. Cela, en coulisse ou en public.

Depuis leur alliance, les deux plateformes consacrent une bonne partie de leur temps à se mesurer. Mesurer les forces. Quand arrive l’aboutissement d’une démarche, chacune d’elles en veut la gloire. Seule. Et, des petites phrases :

L’on se souvient encore de ce “déboulonner” lancé depuis Washington par le président de la République Félix Tshisekedi en direction de ses alliés, qui sera suivi de “la majorité parlementaire” du FCC à constater et non à identifier comme le veut la constitution. L’informateur constitutionnel en a été informé et n’est jamais revenu sur la question. La majorité parlementaire s’est constituée sans lui.

En 7 mois d’une collaboration aux allures d’une cohabitation parfois, les oppositions se sont multipliées au sein de la nouvelle famille présido-parlementaire, de telle sorte que ce court article ne sera pas en mesure de les retracer toutes. La plus grande d’entre elles, c’est ce bras, ce long bras de fer au tour de la formation du gouvernement.

Au fond, ç’a été une vraie bataille de deux logiques dans laquelle chacun a encaissé des coups, souvent en silence . Le round fini, il était temps de crier victoire.

Qui est le grand prêtre ?

Les résultats sont là. Félix Tshisekedi a rejeté autant de noms proposés pour occuper le poste de premier ministre. Le FCC a résisté à la “majorité populaire” de CACH pour ne pas partager les postes ministériels à 50-50 tout en conservant certains ministères importants comme la défense et les finances.

Félix Tshisekedi a fait fléchir Joseph Kabila sur le renouvellement des figures au gouvernement Ilunkamba comme en y intégrant la génération montante, les femmes et les personnes vivant avec handicap. Les figures des proues du FCC ont été mises sur le banc de touche.

Cependant, l’uppercut de Joseph Kabila réussi sur le cas Bahati a plongé l’arène dans un silence ébahissant. L’État de droit n’a pas dit le droit sous Félix Tshisekedi, et le quota de l’AFDC-A que le ministère de l’intérieur reconnaît à Modeste Bahati Lukwebo a été attribué aux frondeurs Néné Nkulu et Steve Mbikayi avec la signature du président de la République.

C’est qui le Grand Prêtre ?

Avec la modernité, le Grand prêtre a quitté le couvent et se promène depuis dans les rues pour prendre de l’air. On le rencontre plus dans les milieux musicaux ou dans le jargon des kinois branchés qui à travers lui, louent le charisme, le pouvoir d’achat, l’influence… d’une personnalité.

Cette personnalité peut ne pas être tout ça. Mais pour eux, c’est lui le Grand prêtre. Pourvu qu’il sorte quelque chose de sa poche.

Comme par hasard, Grand prêtre a été aperçu dans le microcosme politique congolais en train de se faire tirer à gauche et à droite. C’est moi…, non, c’est moi le Grand prêtre. Ben oui! L’un est Grand prêtre au parlement national et provinciaux. L’autre est Grand prêtre, c’est lui le Président de la République. Jusqu’à l’avènement des prochaines élections, les Grands prêtres sont là.

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