Il était le Directeur de campagne de Joseph Kabila durant la Présidentielle de 2006 en RDC. Aujourd’hui, Vital Kamerhe vient de remporter, aux côtés de Félix Tshisekedi, une victoire très important. Pour autant, rien ne donnait ce couple politique, né du fiasco de Genève, un tel avenir.

Le 24 novembre à Nairobi au Kenya, les deux opposants qui ont passé leur temps à s’affronter allaient finalement entrer leurs haches. Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi se sont retrouvés unis à la suite du fiasco de Genève, où leur haine mutuelle a profité à Martin Fayulu, désigné par Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Freddy Matungulu et Adolphe Muzito comme candidat commun de l’opposition. Sur papier, Vital Kamerhe, troisième à la Présidentielle de 2011, et Félix Tshisekedi qui dirige le principal parti d’opposition en RDC, partaient pourtant favoris. Mais leur volte-face à Genève leur coutait bien plus que des dénonciations.

Le plus étrange, c’est surtout un Vital Kamerhe qui abandonne subitement alors ses ambitions présidentielles. Dans son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), beaucoup s’y attendaient moins. L’ancien bras de Kabila aura des mots justes pour convaincre. Leur retour triomphal dans la capitale congolaise y jouera un rôle important.

Après un mois de campagne difficile et de tension, le nouveau choix de Kamerhe paie. Mais Félix Tshisekedi, qui s’est rapproché de Kabila pour l’emporter, n’aurait peut-être pas été gagnant sans la présence de l’ancien directeur de campagne de Kabila à ses côtés. Avec Kamerhe dans les sillages, Kabila a surtout été conforté par un visage familier et qui jouera surement un rôle pondérant dans la cohabitation à venir.

Comme en 2006, Kamerhe a misé sur un cheval que beaucoup voyaient perdre, mais qui finit par l’emporter. Certes dans une victoire contestée, à l’image de celle de Kabila même. A la fin, le flair de Kamerhe restera à saluer.