S‘asseoir sur le gril, le braséro, d’un barbecue est une situation très embarrassante, explique le Robert. D’où l’expression “être sur le gril”. En République démocratique du Congo, un homme est dans cette position : le Premier ministre Bruno Tshibala, l’homme catapulté à la Primature en avril dernier, s’est lui-même placé dans cette posture fâcheuse.

Entre scandale personnel, bagarre à la Primature ou encore des multiples accusations de détournements et d’incompétence avérée, l’ancien cadre de l’UDPS, l’homme qui a passé une grande partie de sa vie à lorgner sous l’épaule d’Etienne Tshisekedi, s’enterre à petit feu, alors que la situation politique pays semble le dépasser.

Ainsi, à l’ouverture de la nouvelle session parlementaire ce 15 mars, celle de tous les enjeux, sur fond du processus électoral, la tête du Premier ministre est de plus en plus réclamée. “S’il y a une seule et unique motion durant cette session, c’est sûr qu’il sera emporté”, confie un cadre de la Majorité Présidentielle.

En effet, du côté du pouvoir ou même de celui de l’opposition, Bruno Tshibala ressemble à une chauve-souris importune, que tout le monde souhaiterait s’en débarrasser. “Nous sommes en dehors même de clivages; il s’agit ici de stature d’Etat. On parle d’un homme qui a failli à sa mission, il a déshonoré cette fonction [du Premier ministre], il doit partir!” s’exclame ce député MP.

Des rumeurs annoncent en effet une motion contre le Premier ministre qui devrait être traitée durant la session. Le principal problème reste celui du remplacement de Tshibala, alors que des rumeurs annoncent des négociations avec Félix Tshisekedi, le fils d’Etienne Tshisekedi.

Gaston Engbaka.