Dialogue: le jour le plus long en RDC?

A l’ouverture de ces discussions directes sous la facilitation des évêques catholiques le 08 décembre à Kinshasa, il a été dit haut et fort qu’elles ne prendront que trois jours. Lambert Mende, le Porte-parole du gouvernement et cadre de la Majorité au pouvoir était le premier à confirmer cette information au micro de Politico.cd.  “Les discussions ne vont pas à dépasser 3 jours parce qu’il y a d’après une volonté d’aller vite“, a-t-il dit.

Pas plus de 3 jours

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Pour autant, les éclats du premier tir lancé par Léon Kengo wa Dondo contre Vital Kamerhe étaient déjà palpables dans la salle, avant que Valentin Mubake, conseiller spécial d’Étienne Tshisekedi ne vienne lui en boiter le pas, en  signifiant qu’il n’existe pas des concessions à faire entre le Rassemblement et le pouvoir qui est fin mandat. “Nous sommes venus pour sauver la constitution et à leur tenir informer que le 19 décembre existe”a-t-il conclu.

Au deuxième jour,  les tirs ont repris, mais pas là où on les attendaient. Le Rassemblement a d’abord annoncé l’amendement de sa liste de participants en y incluant Olivier Kamitatu et Martin Fayulu, sans doute après pressions. En suite, c’est le Mouvement de Libération du Congo (MLC) qui a fait monter la température en claquant carrément la porte des discussions. Pour calmer les esprits, la CENCO annoncera une suspension des travaux jusque mardi. Affirmanttoutefois que les discussions prendront fin “avant le 19 décembre”.

Dimanche le 11 décembre, Étienne Tshisekedi et son Rassemblement ont ajouté la pression en déclarant s’attendre à la fin des travaux à la date du 15 décembre, soit aujourd’hui.  En outre, le président de l’UDPS a promis de s’adresser “à la nation quelques jours avant le 19 décembre“, tout appelant la population à “rester vigilant”.

Le Conseil des Sages appelle le peuple congolais à demeurer mobilisé et vigilant pour la cause  nationale défendue par le Rassemblement à savoir la défense de la Constitution et droits de l’homme, le principe de l’alternance politique, la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie en RDC“, a dit M. Tshisekedi dans un communiqué. 

Les “Kuanda-vutuka” du MLC

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A la reprise le mardi dernier, nous étions déjà au troisième jour.  Alors que le débat se déroulait essentiellement en commissions, le MLC  annonce son départ définitif des discussions. Dans une déclaration rendue publique par Eve Bazaiba, Secrétaire générale du MLC, évoque le “le non-respect du quota” qui devrait revenir à ce parti et à ses alliés du Front pour le Respect de la Constitution.

« Le Front fustige le comportement hégémonique du Rassemblement qui s’est permis avec l’aval de la CENCO, de s’attribuer le quota du Front et celui revenant à la société civile, » dit ce communiqué.

Dans la foulée, la Majorité exige, au nom de l’inclusivité, l’augmentation du nombre de représentants du MLC et l’ajout des délégués du groupe parlementaire UDPS et Alliés du Premier ministre Samy dans les discussions. Ce que refuse logiquement le Rassemblement. Les uns et les autres campant sur leurs positions. Sur son compte Twitter, Félix Tshisekedi, délégué du Rassemblement et fils d’Étienne Tshisekedi a laissé explosé sa colère, fustigeant de comportement de ceux qu’il qualifie de “monoguguistes (en référence aux participants du Dialogue de la Cité de l’Union Africaine, NDLR)”.

Au même moment, une manifestation des mouvements citoyens dans le cadre de la campagne “bye bye Kabila” – initiée par la LUCHA et FILIMBI pour réclamer le départ de Kabila le 19 décembre – devant le lieu de ces discussions de la CENCO a été dispersée par la Police, occasionnant plusieurs arrestations.

C’est finalement au quatrième jour, le mercredi 14 décembre  où la journée a commencé par un revirement de la situation, avec retour du Mouvement de Libération du Congo sur la table des négociations, que les choses “sérieuses” ont réellement commencé.  Le sénateur  Ramazani Baya, haut cadre du MLC a confirmé le retour du parti de Jean-Pierre Bemba aux discussions directes sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), ce mercredi 14 décembre, à l’issue d’une réunion avec les évêques catholiques.

Nous avons accepté de regagner le dialogue inclusif sous l’égide de la CENCO au nom de l’intérêt supérieur de la nation“, a déclaré le sénateur Ramazani, promettant toutefois d’y veiller “au respect de la Constitution“.

Peu après midi, c’est les  Commission élection qui connue plus de mouvements où un débat houleux a éclaté entre le président de la CENI, Corneille Nangaa et les experts des opposants.

L’impossible accord?

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Devant les évêques catholiques, les représentants du Rassemblement et des partis politiques signataires de l’accord de la Cité de l’Union Africaine, le président de la Commission électorale Nationale indépendante (CENI) n’a pas reculé de son discours en affirmant haut et fort que “des bonnes élections” ne pourront se tenir qu’en avril 2018.

Les contraintes majeures qui sont liées au processus électoral en RDc, sans compter les finances [ pas moins de 1,8 milliards de dollars américains, NDLR] font qu’il soit  impossible d’organiser les élections avant avril 2018“, affirme Corneille Nangaa, qui a aussi épinglé les formations des futurs agents électoraux, une étape selon lui “non négligeable“.

Cette sortie a provoqué une indignation côté du Rassemblement, qui a fait entrer dans la salle ses experts en matière électorale: le président de l’ADR  François Mwamba et celui de “Congo Na Biso” Freddy Matungulu. D’un côté, les signataires de l’accord de l’Union africaine  ont voulu déduire de deux mois des propositions de la Ceni, de l’autre,  les experts et membres du Rassemblement veulent maintenir 2017.

La situation a été beaucoup plus tendue dans la commission “Décrispation politique” où les délégués se sont séparés en queue de poisson après l’exigence du retour de Moïse Katumbi dans le pays. Aucun compromis n’était probable jusque tard le soir. Les discussions sont toujours en cours dans les deux autres commissions.

Au cinquième jour, ce jeudi 15 décembre,  les discussions vont reprendre pour tenter d’arracher un accord politique pouvant éviter le chaos que tout le monde craint le 19 décembre 2016. Le délai de trois jours étant largement déjà dépassé, seul l’ultimatum donné par le Rassemblement tient encore jusqu’à minuit. La journée va être longue.

 

9 commentaires
  1. Dialogue des corrompus et corrupteur qui cherchent par tous les moyens pour tromper la population naïve qui croit à ses hommes politiques.

    1. Alors qu a kinshasa il y a ce fameux dialogue a lubumbashi,on enregistre des arrestation des gens habillent en rouge

  2. HALTE AU POURVOIR SANS ETHIQUE ET INTEGRITE DANS LES PAYS DU MONDE ET EN RDC Le texte de notre prédication est tiré du livre des Actes 24 :22-27. Félix est le prototype DU POUVOIR SANS MORALITE NI INTEGRITE observé dans plusieurs pays du monde. On piétine la justice pour safistaire son EGO comme Félix laisse Paul en prison pour plaire aux juifs parce que Paul lui prêchait la justice. Halte aux abus du pouvoir, au jeu favori et flatteur des autorités politico-administratives de pays du monde et prions en particulier pour le Droit et le Justice au Monde, en Afrique et en RDC MON PAYS. Que le Seigneur vous garde dans sa Justice.

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