Toujours pas de Premier ministre en RDC

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2004-02-03 14:49:00 Democratic Republic of Congo (RDC) President Joseph Kabila attends a working breakfast with French business leaders at the Royal Monceau hotel in Paris, 03 February 2004. Kabila arrived in France 02 February at the start of his first European tour since an interim government was set up in the vast central African country in June last year. AFP PHOTO MARTIN BUREAU

Un nouveau Premier ministre issu de l’opposition devrait être nommé et un gouvernement d’union nationale devait être formé 21 jours après le 18 octobre 2016, conformément aux accords du Dialogue politique signés le même jour à Kinshasa. Au 30ème jour après, rien n’est fait.  Steve Mbikayi, député de l’opposition qui a participé à ce Dialogue affirme néanmoins que l’échéance de 21 jours devrait être compté « chaque fois qu’il y aura une nouvelle signature conformément à la clause d’ouverture reconnu par l’accord d’où un probable éternel recommencement« . Il y a une eu nouvelle signature de Willy Mushiki, ancien membre du Rassemblement, le 1er novembre dernier.

Du côté de la Majorité Présidentielle, on se veut rassurant. « Logiquement, le Président de la République devrait consulter la Majorité parlementaire avant de nommer le premier ministre, c’est-à-dire organiser une rencontre avec les députés de la MP avec leurs alliés ou par délégation, rencontrer les responsables des partis politiques de ces députés et rendre ainsi constitutionnelle la nomination du formateur du gouvernement. La consultation de la majorité parlementaire demeure un préalable constitutionnel« , explique un cadre du PPRD (le parti au pouvoir).

Dans l’Opposition, comme dans la Majorité, personne n’a daigné répondre à la question de Politico.cd, à savoir: « y a-t-il violation de l’accord? » Néanmoins, la République démocratique du Congo n’est pas dans son premier cas de « glissement », terme consacré à toute prolongation du mandat du président Joseph Kabila au-delà de la limite constitutionnelle. Le Dialogue politique qui s’est achevé que le 18 octobre dernier, a dépassé sa daté limite d’un mois, alors qu’il été prévu initialement de s’étendre du 1er au 17 septembre. En novembre 2015, un décret du président convoquant le dialogue politique avait également connu le même sort.

François Muamba, président de l’Alliance pour le Développement et la République (Adr), également membre du Rassemblement et proche allié d’Etienne Tshisekedi, affirme pour sa part que « gouvernement ou pas c’est une affaire interne au camp du Chef de l’Etat [lieu où s’est tenu le Dialogue politique] ». « Les congolais attendent un vrai dialogue entre ce camp  et le Rassemblement, facilité par la Cenco« , a-t-il fait savoir à Politico.cd

Nomination suspendue aux consultations de la CENCO?
perriello-tshisekedi

Dans son discours sur l’état de la nation mardi à Kinshasa, le président Jospeh Kabila a promis « incessamment » la nomination d’un Premier ministre, en remplacement d’Augustin Matata Ponyo qui a rendu son tablier le lundi. Le même lundi, Vital Kamerhe, pressenti pour prendre la Primature était reçu par le Président. Un haut cadre de la Majorité confiait même à Politico.cd sa nomination dans la même soirée, ce qui n’a pas été le cas.

Pendant ce temps, les évêques de la CENCO continuent leur balai diplomatique auprès du Rassemblement, malgré des signaux contraires envoyés par le président Kabila durant son discours. En outre, les Etats-Unis ont dit soutenir cette initiative de l’Eglise catholique, à l’origine initiée sur demande de Joseph Kabila.

Accompagné de l’ambassadeur américain en RDC, James Swan, l’envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs, Tom Perriello a été reçu ce mercredi par Etienne Tshisekedi à sa résidence de Limete (centre de Kinshasa). Présent à cette rencontre, Felix Tshisekedi affirme que les représentants américains sont venus  « s’enquérir de la situation et proposer leur soutien au processus de la CENCO« .

Pour autant, le président Joseph Kabila a semblé mettre fin à ces consultations de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) durant son discours. Joseph Kabila a coupé court cette démarche en annonçant que l’accord politique issu du Dialogue clôturé le 18 octobre dernier constituait « la seule feuille de route mise au point par les Congolais eux-mêmes, représentants aussi bien l’Opposition Politique, la Société Civile que la Majorité. » Il a également accusé l’opposition de peu d’intérêt à la quête de solution aux différends qui les opposent.

Ce matin, la CENCO a par ailleurs annoncé poursuivre ses consultation « même après la mise en place d’un nouveau gouvernement »