QUOI

Le président congolais Joseph Kabila a rencontré jeudi à Goma des militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), alors que FILIMBI, l’autre mouvement dans les collimateurs des autorités congolaises, refuse catégoriques une telle rencontre.

QUI

Le 28 novembre dernier, neuf autres personnes – Juvin Kombi, Pascal Byumanine, Innocent Fumbu, Saïdi Wetemwami Heshima, Gervais Semunda Rwamakuba, Nelson Katembo Kalindalo, Jonathan Kambale Muhasa, Osée Kakule Kilala et Jojo Semivumbi – ont été arrêtées par les autorités congolaises à Goma lors d’une manifestation pacifique organisée par la LUCHA, en l’honneur des victimes des tueries commises dans la région de Beni. Ce rassemblement, dont les autorités avaient été informées au préalable comme l’exige la loi, a été dispersé par les forces de sécurité au moyen de gaz lacrymogène et de balles réelles.

Ils sont accusés d’ « appartenance à une organisation criminelle, incitation à la désobéissance et outrage aux autorités ». Ils sont tous maintenus en détention à la prison centrale de Munzenze, à Goma, après le rejet le 25 janvier de leurs demandes de mise en liberté sous caution.

Opposés farouchement à toute prolongation de son mandat à la tête de la République démocratique du Congo au delà du 20 décembre, cibles du gouvernement congolais qui les a même qualifier de « mouvement subversif et terroriste », les jeunes de la Lucha ont pourtant accepté de rencontrer hier le président Joseph Kabila.

COMMENT

Cette rencontre a eu lieu dans la résidence du gouverneur de la province, dans la capitale du Nord-Kivu

Chez le mouvement FILIMBI, très lié à la LUCHA pour avoir été, à eux deux, la cible des autorités congolaises, et dont plusieurs d’entre leurs membres sont toujours en prison, on se désolidarise d’une telle rencontre.

Joint au téléphone par Politico.cd,  Carbone Beni Wa Beya, le Porte-parole de FILIMBI,  affirme que son groupe n’est pas concerné par cette rencontre.

« La LUCHA est un mouvement autonome, tout comme FILIMBI et nous n’avons aucun jugement à faire par rapport à cette rencontre », a déclaré Carbone Beni.Quant à savoir si son mouvement pourrait accepter une rencontre avec le président Joseph Kabila, la réponse est « NON », rappelant sa « surprise » de voir le président rencontrer un « mouvement que son gouvernement qualifiait d’insurrectionnel« , tout en insistant sur la libération de ses « camarades » toujours emprisonnés.

Cette sortie, rapportée par le site Politico.cd,  a déclenché un véritable débat hier sur les réseaux sociaux où les internautes congolais étaient partagés: certaines appuient la démarche de la LUCHA, et d’autres s’y opposent.

LA DÉSINTOX

Ce soir, Politico.cd reçoit Luc Nkulula, l’un des membres de Lucha qui s’explique sur les dessous de la recnontre avec le président de la République et sur la polémique.

Ecouter Luc Nkulula.