Le gouvernement du Haut-Katanga ne sait plus dormir paisiblement tant que la population de cette province meurt de faim. À la base, la dépendance en farine de maïs venant principalement de la Zambie. Depuis plusieurs jours maintenant, cette denrée de première nécessité se négocie à 45.000 fc pour le sac de 25Kg au lieu de 22.000Fc au parvenant.

La hausse vertigineuse de la farine de maïs sur le marché, a négativement impacté sur le panier de la ménagère. En vue de trouver une solution à cette problématique, le gouvernement du Haut-Katagnga a organisé du 12 au 14 septembre 2019, la table ronde sur l’autosuffisance alimentaire.

Pendant trois jours d’intenses activités, les experts agronomes de l’Université de Lubumbashi, les acteurs politiques, les hommes d’affaires, la société civile, l’industrie agroalimentaire et agro-pastorale, ont jeté les jalons pour en finir de la dépendance en production d’aliments de base principalement la farine de maïs.

«  Nous pouvons nous nourrir nous-mêmes et même nourrir le Congo tout entier », c’est en substance le vœu exprimé par le gouverneur Jacques Kyabula. Pour le chef de l’exécutif provincial du Haut-Katanga, l’heure a sonné pour que la tendance change.

Durant les assises, il a été retenu que la province du Haut Katanga possède d’énormes potentialités minières et agricoles, avec comme constat malheureux, le sous développement du secteur agricole.

Dix contraintes ont été dégagées à cet effet, à savoir: (1) non-respect des textes légaux et réglementaires régissant le secteur de l’agriculture ; (2) insuffisance des crédits budgétaires alloués au secteur de l’agriculture ; (3) absence des organismes (publics ou privés) de financement du secteur de l’agriculture ; (4) insuffisance de l’encadrement du secteur de l’agriculture par les structures étatiques compétentes, faute des capacités (ressources matérielles, financières, managériales et organisationnelles) ; (5) absence des structures, dans le secteur de l’Agriculture, chargées de stimuler la production des semences améliorées; (6) difficultés d’accès aux intrants agricoles (semences améliorées, Engrais chimiques, et produits phytosanitaires) : rareté et coûts onéreux; (7) précarité de conditions de vie et de travail en milieu rural qui décourage la sédentarisation de la main d’œuvre qualifiée et provoque l’exode rural ; (8) délabrement de voies de communication  qui ne favorise pas les échanges des produits entre les milieux de production et les grands centres de consommation, (9) absence des installations de stockages des produits agricoles et (10) insuffisance de la production face aux besoins de la province.

Des pistes de solutions à court, moyen et long terme, ont été formulées.

Dans le court terme (à l’immédiat), cette table ronde a préconisé un plan stratégique d’augmentation de la production locale du maïs pour assurer l’autosuffisance de cette denrée de base.

Dans le moyen terme, d’ici 2 ans, un atelier sera organisé sur l’évaluation de l’application des mesures précédentes (de la table ronde).

Dans le long terme, d’ici 5 ans, un atelier sera organisé sur l’analyse des apports des initiatives de la première table ronde sur l’autosuffisance alimentaire et principalement l’indépendance en maïs dans la Province du Haut Katanga.

En somme, la population ne réclame qu’une chose à savoir: « manger à sa faim ». Mais comment s’y prendre, si se nourrir est devenu un casse-tête? Les regards sont plutôt tournés vers les autorités pour des résolutions urgentes et durables.

Junior Ngandu | Politico.cd◼