Ils sont désormais deux à revendiquer le fauteuil présidentiel en République démocratique du Congo. Dans la suite du samedi à dimanche, la Cour Constitutionnelle a rendu ses verdicts autour des deux requêtes en contestation des résultats provisoire de la Présidentielle du 30 décembre. La première, celle de Martin Fayulu, demandait notamment un recomptage des voix. Mais la Cour l’a rejeté, l’opposant congolais n’aurait pas fourni de preuves à ses accusations.

L’autre opposant, le pasteur Théodore Ngoy, avait saisi la Cour pour demander l’annulation des résultats. Il a également été débouté. Dans la soirée, tard dans la nuit, la plus haute instance judiciaire de la RDC a proclamé Félix Tshisekedi président élu de la RDC.

Pendant que des partisans du leader du principal parti d’opposition en RDC célébraient dans les rues de Kinshasa et à travers le pays, Martin Fayulu prendra la parole devant son hôtel dans le centre-ville de la capitale congolaise pour contester cette proclamation.

Vers des négociations

Dénonçant la décision de la Cour Constitutionnelle, le candidat soutenu par Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba s’est auto-proclamé Président. “Au regard de l’article 5 de la Constitution qui dispose clairement que «la souveraineté nationale appartient au Peuple. Tout pouvoir émane du Peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élection », je me considère désormais comme le seul Président légitime de la République Démocratique du Congo“, a-t-il lancé.

Un blocage se profile donc à l’horizon, d’autant plus que la Cour congolaise a rendu son verdict malgré les appels de la Communauté internationale et même celui de l’Union Africaine qui a émis des doutes concernant les résultats donnant Félix Tshisekedi victorieux.

Dans un communiqué publié jeudi, l’UA a décidé d’envoyer une forte délégation composée de plusieurs présidents dont le rwandais Paul Kagame pour entamer des discussions à Kinshasa, demandant à la Cour Constitutionnelle congolaise de suspendre l’annonce des résultats définitifs.

La délégation africaine est attendue dans la capitale congolaise dès le lundi. Félix Tshisekedi devrait prêter serment le mardi et peut-être Martin Fayulu aussi. Une bataille politico-diplomatique pourrait avoir lieu à Kinshasa, avec une solution négociée.