Les Etats-Unis se disent “disposés à imposer des sanctions additionnelles” contre Kabila

Nous condamnons aussi l’arrestation de nombreux activistes de l’opposition et de la société civile par les forces de sécurité congolaises. Nous appelons toutes les parties à s’abstenir de faire des déclarations ou de commettre des actions qui pourraient encourager davantage de violence et d’instabilité. Le Président Kabila et les responsables des forces de sécurité du gouvernement congolais ont l’obligation d’assurer que les effectifs placés sous leurs ordres respectent les droits des citoyens Congolais de se réunir pacifiquement et d’exprimer leurs opinions sans crainte de sanctions, de représailles ou d’arrestations arbitraires“, dit ce communiqué du Département d’Etat américain, publié à l’issue de deux journées de violences en RDC, faisant plusieurs morts.

Le président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré le 19 décembre dernier, est resté au pouvoir malgré les appels à son départ, emmenant notamment des Etats-Unis. L’opposition congolaise, qui a protesté contre cette situation est descendue dans les rues pour demander son départ, y croisant le fer avec la Police, l’armée et les services de renseignements déployés en masse.

Le gouvernement des Etats-Unis est extrêmement déçu de l’incapacité de Joseph Kabila d’organiser des élections conformément à la constitution et de sa réticence continue de déclarer publiquement qu’il ne briguera pas un autre mandat ou qu’il ne cherchera pas à modifier la constitution“, fait savoir ce communiqué américain.

Et d’ajouter: “Nous sommes aussi déçus de la répugnance du Président Kabila à prendre des mesures additionnelles pour réduire les tensions politiques. Le bruit de battement de casseroles, de sifflets et de klaxon entendus à travers Kinshasa dès l’expiration du mandat du Président Kabila à minuit, le 19 décembre, a symbolisé l’engagement du peuple congolais envers la démocratie et les principes démocratiques. Il est regrettable que les forces de sécurité congolaises aient réagi à cette expression de sentiment démocratique par l’usage de gaz lacrymogène, des arrestations et des tirs de sommation.

Les Etats-Unis qui ont sanctionné récemment plusieurs personnalités congolaises proches du président Kabila dont le Chef de service de renseignements, Kalev Mutond  et l’ancien Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur Evariste Boshab, se disent prêts à prendre des nouvelles sanctions si possible.

“Nous demeurons disposés à imposer des sanctions additionnelles à l’encontre de ceux qui commettent des violences ou qui entravent le fonctionnement des institutions démocratiques”, disent-ils.

Par ailleurs, les discussions directes engagées entre le pouvoir et l’opposition sous la facilitation des évêques catholiques, dont l’opposition, à travers Etienne Tshisekedi, dit toujours s’engager a recueilli le soutien des Etats-Unis, qui disent “continuer à croire”.

Nous continuons de croire qu’un accord politique inclusif est le seul moyen d’éviter des violences et de l’instabilité supplémentaires. Nous appelons instamment le gouvernement et l’opposition à coopérer pleinement, en toute bonne foi, avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) lors de la reprise des pourparlers demain, le 21 décembre“, fait savoir le Département américain toujours dans le même communiqué.

Le Président Kabila doit être disposé à mettre un terme aux poursuites judiciaires motivées par des raisons politiques et à atteindre un compromis sur les termes lui interdisant de se représenter ou de modifier la constitution pendant la période de transition. C’est un moment important pour la République démocratique du Congo et son peuple. Le moment est venu pour le Président Kabila d’affirmer son engagement à conduire la RDC à sa première passation de pouvoir démocratique“, conclut-il.

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