Les choses ont rapidement changé jeudi notamment autour de la position de la SADC. Dans une déclaration initiale faite dimanche, l’organisation régionale incluant des alliés de Kinshasa tels que l’Afrique du Sud et l’Angola, appelait pourtant à un “recomptage des voix” en RDC, rejoignant la position de Martin Fayulu.

Ce jeudi à Addis-Abeba, le discours a changé. L’ensemble des 16 membres du bloc hausse le ton face à la communauté internationale. “Le Sommet demande instamment à la Communauté internationale de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo”, déclare la SADC dans un communiqué, ne faisant également aucune mention d’un appel antérieur pour un gouvernement de large union.

L’opposant Félix Tshisekedi a été déclaré victorieux de la Présidentielle historique du 30 décembre en RDC. Selon les résultats provisoires publiés le 10 janvier par la Commission électorale, Tshisekedi a remporté la Présidentielle avec 38,57%. Il devance Martin Fayulu qui a recueilli 6.366.732, soit 34,83% et d’Emmanuel Shadary, le candidat du pouvoir, qui n’a recueilli que 4.357.359 soit 23,84%. Mais Fayulu, un des favoris de ces élections, conteste ces résultats. Jeudi, le candidat de la coalition LAMUKA a saisi la Cour Constitutionnelle pour faire annuler la victoire de son rival.

De son côté, l’Union africaine tenait également une réunion jeudi à Addis-Abeba, dont  président rwandais, Paul Kagame, a déclaré que l’objectif était d’empêcher les «peuples de l’extérieur de notre continent de s’immiscer dans la recherche de solutions pour nous».

Cette sortie africaine intervient alors que les Etats-Unis ont maintenu mercredi la pression sur Kinshasa, promettant de “tenir pour responsable” quiconque saperait les processus démocratiques. Le Département d’Etat américain a appelé mercredi la Cour Constitutionnelle à “mettre en œuvre un processus légal, juste et transparent”, affirmant se “tenir”aux côtés du peuple de la RDC. A l’endroit de la CENI, le Département d’Etat appelle à “à veiller à ce que les résultats déclarés finaux reflètent la volonté du peuple congolais, exprimée dans l’urne le 30 décembre 2018″

Pendant ce temps, la CENI et le pouvoir congolais sont éclaboussés par des révélations de la presse étrangère. Des  “milliers de pages”  “fuitées” de la CENI, analysées par un groupe de médias étrangers, le Financial Times, TV5 Monde et Radio France Internationale (RFI), en collaboration avec le Groupe d’études sur le Congo (GEC), un institut de recherche de l’Université de New York, indiquent que le vainqueur n’est pas celui annoncé par la CENI.