Monique Mukuna contre l’appel à la transition par les mouvements citoyens

Réunis à Paris dans le cadre d’une initiative de l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDPGA), les mouvements citoyens de la République démocratique du Congo ont adopté un “manifeste du citoyen congolais” visant un retour à l’ordre constitutionnel en fin de l’année en cours.

Le manifeste du citoyen congolais rédigé après les trois jours de concertation entre ces mouvements citoyens note que les animateurs de la transition seront désignés lors d’une concertation nationale à l’issue de laquelle il sera former un gouvernement transitoire ayant pour mission principale d’organiser des élections crédibles, transparentes, ouvertes et libres et dont les animateurs ne seront pas candidats au scrutin présidentiel.

Cette transition sera propice à doter la RD Congo, notre pays, d’un nouveau système de gouvernance, basé sur une justice indépendante, des services de sécurité protégeant les citoyens, assurant l’exercice effectif des libertés constitutionnelles, garantissant une gestion transparente et équitable de toutes les ressources nationales, des institutions fortes et démocratiques mettant les intérêts des citoyens Congolais au centre de tout projet politique“, ont écrit les signataires de manifeste.

Un gouvernement de transition ne sera jamais respecté et nous retournons à la situation actuelle. Il faut qu’on organise les élections!” a déclaré Monique Mutumbo Mukuna, première femme à déclarer sa candidature à la prochaine présidentielle lors d’une conférence animée à l’hôtel Béatrice de Kinshasa au lendemain de son retour au pays pour son enrôlement, en signe d’appel à la population congolaise pour une mobilisation pour les élections.

La commission électorale a appelé les Congolais à s’enrôler massivement en vue de lui permettre d’apprêter le fichier électoral pour convoquer le scrutin. L’état actuel du déroulement de cet opération donne plus de 80% des personnes enrôlées” a-t-elle expliqué, rappelant que la population ayant rempli son devoir civique, Le balle est alors jetée dans le camp de la centrale électorale, qui doit à présent convoquer le scrutin en vue de permettre au peuple d’exprimer son droit le plus légitime en sanctionnant ses dirigeants et ainsi permettre un retour de l’ordre constitutionnel, pas une gestion du pays par des compromis politiques, souvent foulés aux pieds.

Monique Mukuna, qui coordonne le mouvement RDC Nouvel Horizon, regroupement plus de six partis politiques qui soutiennent sa candidature à la magistrature suprême a indiqué que le peuple congolais doit se joindre à un appel exigeant des élections et non une quelconque transition, dont les objectifs restent le partage du pouvoir par la classe politique actuelle et non le bien-être de la population. “Les élections libres et transparentes dans un bref délai ne sont pas négociables. Pas de dialogue, pas de transition non plus” a-t-elle averti, appelant le peuple à la totale vigilance.

Face à la crise socio-économique actuelle, née de l’impasse politique et de l’instabilité sécuritaire généralisée à l’est, au centre et à l’ouest du pays, la première femme candidate à la prochaine présidentielle estime que c’est le régime de Kinshasa qui a une main mise sur cet insécurité dans le but s’imposer un État d’urgence pour remettre aux calendes grecques la convocation de l’électorat.

Monique Mukuna rappelle qu’au lieu de cette démarche, le gouvernement congolais devrait plutôt se concentrer sur la facilitation d’une enquête internationale au Kasaï en vue de ressortir la vérité sur ce qu’elle qualifie de “génocide Congolais silencieux” visant à dépeupler le Congo-Kinshasa d’une façon planifiée.

Monique Mukuna a également pointé dans la crise actuelle la complicité de la commission électorale nationale indépendante, qui au lieu d’accélérer le processus électoral, ne joue qu’au glissement de dates, avançant des contraintes sécuritaires, techniques voire financières.

Depuis décembre 2016, une crise politique, doublée d’une insécurité a envahi la République démocratique du Congo depuis la fin du second mandat de l’actuel président Joseph Kabila. Malgré la signature d’un accord de gestion du pays, exigeant le maintien du président Joseph Kabila au pouvoir et la gestion du gouvernement par l’opposition, la tension reste perceptible notamment à cause de l’application partielle de l’accord obtenu sous l’égide de l’église Catholique et du report des élections annoncé par la centrale électorale, avançant de raisons sécuritaires, qui n’ont pas facilitées la finalisation des listes électorales mais également de l’absence de la loi sur la répartition de sièges qui doit être adoptée par le parlement. L’opposition, elle, trouve dans ce retardement de la convocation du scrutin présidentiel, des manoeuvres dilatoires visant à garder Joseph Kabila au pouvoir.

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